On a lu… Devil’s Lost Soul (T.1) de Kaori Yuki

On a lu… Devil’s Lost Soul (T.1) de Kaori Yuki

Note de l'auteur

La grande prêtresse du shôjo gothico-baroque est de retour. Je vous en parlais ici même, sur le Daily Mars, Kaori Yuki (Angel Sanctuary) aime le velours, le sang et les relations ambiguës et venimeuses. Elle revient donc avec un nouveau titre en 6 tomes chez les éditions Pika. Le premier est prometteur mais sans réelle surprise.

 

On a peu d’informations dans ce tome qui prend le temps d’installer son intrigue. On est vraisemblablement au début du XXe siècle, le récit prend place dans une famille richissime gérée d’une main de fer par le baron. Un méchant, très méchant et un brin caricatural, ayant fondé sa fortune sur le sang et la misère des autres. Très méchant, je vous dis ! Son blondinet de fils, Garan, est quant à lui un adolescent de nature plutôt généreuse puisqu’il a sauvé la vie de Sorath, un étrange jeune homme, et qu’il a ensuite supplié son paternel de l’adopter. Enfin, Kiyora est l’archétype de la jeune vierge naïve, aux grands yeux humides et elle est promise d’office à Garan. Le décor est planté, notre ménage à trois vit dans un immense manoir qui semble receler bien des secrets (cela va de soi). Rajoutez à cela quelques personnages vaguement énigmatiques œuvrant dans l’ombre, saupoudrez le tout d’ésotérisme et vous obtenez Devil’s Lost Soul.

 

Le gros problème de Kaori Yuki, c’est qu’elle a tendance à se répéter. Certes, elle a un univers qui lui est propre et c’est notamment pour ça qu’on l’aime. Mais est-elle capable de se réinventer ? Ça, c’est une autre histoire… Son trio amoureux ambigu et l’ambiance familiale malsaine font écho à tous ses autres titres, même chose pour l’atmosphère gothic-fantasy. Toutes proportions gardées, elle est un peu la Tim Burton japonaise, en meilleur…. Du coup, les ficelles semblent déjà connues, un peu dommage. Cependant, on avance dans ce tome sans déplaisir et la fin attise même la curiosité avec pas mal de possibilités pour la suite. En terme de personnages, on retient bien évidement Sorath et sa prétendue origine démoniaque. On ne sait rien de lui mais on a déjà quelques idées en tête. Quant à Garan, il a un background familial suffisamment chargé pour faire un bon futur psychopathe. Wait and see…

 

En ce qui concerne le graphisme, c’est un quasi sans faute. Kaori Yuki a toujours eu un trait fin, subtil et détaillé, la rapprochant de certaines œuvres de Clamp. La mise en page est soignée mais le découpage laisse parfois à désirer car manquant de précision. Par contre, le travail sur les trames (aplats de nuances de gris afin de créer des ombres et des textures) est à souligner car c’est une marque de fabrique de la mangaka. Du chemin a été parcouru depuis Angel Sanctuary dans lequel les trames étaient parfois un peu brouillonnes. Là, il faut l’avouer, c’est maîtrisé. Globalement donc, une introduction sans vraiment d’éclat même si on retrouve avec un certain plaisir l’univers de Yuki. Et si elle ne révolutionnera pas le shôjo avec Devil’s Lost Soul, on espère quand même avoir quelques surprises pour la suite.

 

Bonus : la mangaka sera présente lors du Salon du Livre de Paris qui se tiendra du 21 au 24 mars 2014 à la porte de Versailles. Ça, c’est cadeau !

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