On a lu… Dimension W (T.1) de Yuji Iwahara

On a lu… Dimension W (T.1) de Yuji Iwahara

Note de l'auteur

Autant le dire sans détour, ce premier tome de Dimension W est excellent. Ki-oon confirme sa place de choix parmi les éditeurs avec un catalogue toujours plus varié et riche.

 

Bienvenue en 2072, dans un monde où humains et robots cohabitent. L’homme a enfin trouvé la source ultime d’approvisionnement en énergie : les coils. Ces bobines électromagnétiques fournissent des ressources inépuisables, reléguant par la même occasion les câbles et autres batteries au rang d’antiquités. Partout dans le monde, des tours Tesla ont été érigées et approvisionnent la planète entière. Forcément, un marché parallèle s’est développé et des coils illégaux circulent sous le manteau. Kyoma est un récupérateur, une sorte de chasseur de primes qui traque les utilisateurs de coils illégaux. Lors d’une de ses missions, il se retrouve nez-à-nez avec Mira, une androïde dont la technologie n’a jamais été vue auparavant. Rien d’étonnant à cela car le créateur de Mira n’est autre que le père de la technologie des coils.

 

Comme je vous le disais en début d’article, Dimension W démarre de fort belle façon avec ce premier tome. L’univers qui nous y est présenté est détaillé, construit et habilement introduit. Le tome pose directement les fondations à travers un petit cours de physique pour les nuls et même si cela reste assez évasif, c’est suffisant pour comprendre les principes de base qui régissent ce monde futuriste. À la lecture des premières pages, on pense rapidement à l’approche scientifique de l’excellent manga Omega Complex. Très vite, on fait la connaissance de Kyoma, homme solitaire et assez bourru, vraisemblablement expert dans son domaine. Là aussi, la caractérisation du personnage est rapide et claire. Dans ce monde où le coil est roi, on ne peut être qu’intrigué par cet homme qui a totalement tourné le dos à cette technologie. Faisant figure de véritable fossile, Kyoma cache bien évidemment sous son côté old-school un secret qui, pour le moment, n’a pas été effleuré mais qui sent bon le passé trouble.

 

Sa rencontre avec Mira est amenée de manière assez naturelle et le duo qu’ils sont amenés à former fonctionne bien. Au premier abord, on a un peu peur que la jeune androïde soit un personnage fade et sans saveur comme le manga en regorge mais au fil des pages, elle dévoile un certain caractère. Du coup, leur binôme basé sur des forces en opposition, même s’il n’est pas ce qu’il y a de plus novateur, fonctionne et décroche même quelques sourires. D’autant que Mira, technologiquement parfaite, est, à coup sûr, loin d’avoir dévoilé toutes ses capacités. Pour le moment, on l’a juste vue retourner un type comme une crêpe et faire des bonds plutôt balèzes mais à n’en pas douter, la petite en a sous le moteur. La seconde partie du tome introduit ce qui peut-être sera un des bad guys du titre, un voleur ultra-médiatisé nommé Loser. Énigmatique et potentiellement dangereux, ce super voleur est, là encore, fort bien introduit et utilisé.

 

Tout ce qui gravite autour de ces protagonistes, les personnages secondaires ainsi que le monde dans lequel ils évoluent, semble riche. Le tome, relativement épais (comme souvent chez l’éditeur), prend le temps d’installer les choses, et arrivé à la dernière page, bien qu’on veuille en savoir plus, on est rassasié en terme de lecture. Côté dessin, pas grand chose à dire, c’est propre. le trait plutôt épais mais épuré, fonctionne. Le découpage apporte du rythme et de la lisibilité à l’action et pour ne rien gâcher, on a même droit à quelques planches couleurs. Bref, j’ai envie de dire carton plein. Quand on pense qu’il va falloir attendre le mois d’avril pour découvrir la suite…

Partager