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On a lu… Dragon Quest – Emblem of Roto (T.1) de Kamui Fujiwara

On a lu… Dragon Quest – Emblem of Roto (T.1) de Kamui Fujiwara

Note de l'auteur

album-cover-large-23437Vingt trois ans après sa publication au Japon, Dragon Quest – Emblem of Roto débarque enfin en France sous les couleurs de l’éditeur Ki-oon. Un titre aux effluves nostalgiques, qui fleure bon l’heroic-fantasy old-school. Dragon Quest, c’est bien plus qu’une saga vidéo-ludique ou des mangas, c’est carrément un emblème de la culture nippone.

 

Dragon Quest est à la base une saga mythique de jeux vidéos ultra-célèbres et reconnus au Japon, dont le premier opus est sorti en 1986. A la tête du projet, on retrouve Yuji Horii à la conception, Kôichi Sugiyama à la bande-son et Akira Toriyama pour l’environnement graphique et le chara-design. Trio gagnant puisque le titre est un hit absolu, surpassant même la saga Final Fantasy en terme de popularité et de ventes. L’implication du papa de Dragon Ball assure une bonne base de otakus hystériques et confère au titre une patte graphique parfaitement reconnaissable au premier coup d’œil. Je vous épargne l’historique de la saga de même que les différentes adaptations qui en ont découlé mais je vais quand même vous toucher deux mots concernant la plus célèbre à ce jour en France: Dragon Quest – La Quête de Daï, mieux connu sous le titre Fly. Ce manga de Riku Sanjô et Kôji Inada, compte au total 37 tomes, publiés entre 1989 et 1996 au Japon et apparus chez nous, aux éditions J’ai Lu avant de passer chez Tonkam. Dès 1991, la manga se voit adapté en anime et celui-ci fera les beaux jours du Club Dorothée à partir de 1994. Les aventures de Daï et son combat contre le mal font alors rêver des milliers de bambins et initie les non-connaisseurs à l’univers de Dragon Quest.

 

Fin 80’s, début 90’s, l’héroic-fantasy marche bien et le manga ainsi que la japanimation surfent sur la vague. Avec Les Chroniques de la Guerre de Lodoss, Fly en est l’exemple parfait. Totalement codifié par les jeux de rôles et les archétypes instaurés par Tolkien, l’univers de Dragon Quest utilise toutes les figures du genre: héros vaillant, dragons, elfes, fées, royaumes en péril et incarnation du Mal absolu. C’est donc chargé de tout ça, que nous arrive Dragon Quest – Emblem of Roto. Premier constat, on retrouve aussitôt le graphisme général créé et instauré par le talentueux Akira Toriyama. Les personnages évoquent aussi bien Fly, assurant une continuité et une cohérence dans l’univers, que Dragon Ball. On est en terrain conquis, comme si les personnages nous étaient familiers alors même que nous les découvrons tout juste. L’ensemble a un vrai côté madeleine de Proust, un aspect presque vintage, tant au niveau du dessin que dans le récit. La prophétie, l’amulette magique, la quête pour vaincre le mal, tout les poncifs du genre sont là mais bizarrement, on se laisse gentiment prendre par ce récit dont on semble connaître toutes les ficelles. Les personnages ainsi que l’intrigue sont basés sur un manichéisme qui en refroidira plus d’un. Très premier degrés dans son approche et quelque peu simpliste, Emblem of Roto nous renvoie à une époque où la fantasy était candide, naïve et assez enfantine. Ici, tout semble noir ou blanc, il n’y pas de place pour le gris et les nuances. Les gentils ont une tête de gentil, tandis que les méchants ont vraiment une tête de méchant.

 

Malgré un classicisme absolu, la lecture se fait sans déplaisir et promet un univers relativement riche à l’image de la précédente série Fly. Emblem of Roto est un shônen de fantasy naïf qui nous ramène vingt ans en arrière. A lire donc, mais avec ses yeux d’enfant.

Une dernière petite info en bonus pour vous, vous pourrez retrouver Kamui Fujiwara sur le stand de l’éditeur Ki-oon lors de la prochaine Japan Expo, début juillet.

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