On a lu…Garth Ennis présente Hellblazer – Volume 1

On a lu…Garth Ennis présente Hellblazer – Volume 1

Note de l'auteur

9782365776059_1_75Les anglais ont débarqués ! Ils sont partout. Désormais on ne jure plus que par les séries télévisées de la perfide Albion et on couvre de louanges les acteurs Britanniques. Ce raz de marée anglais, le lecteur de comics le connait bien pour l’avoir vécu dans les années 80 et 90. Un homme pourrait être le représentant de cette vague, ce n’est sûrement pas le plus gentil, le plus sympa et le plus propre mais il restera tout de même comme l’emblème de cette période. Prénom : John, Nom : Constantine, série : Hellblazer.

 

John Constantine est quelque part l’alpha et l’omega de Vertigo. Trouvant ses racines dans le Swamp Thing d’Alan Moore et porté par l’éditrice Karen Berger, ce label d’excellence permit la création de séries marquantes tels que Sandman, Preacher, Transmetropolitan, Fables, 100 Bullets, DMZ, Fables, Scalped, American Vampire, Y-The last man et bien sur Hellblazer. Comme dirait l’autre : « excusez du peu ». Label crée par DC Comics afin de s’émanciper du Comics Code Autorithy, Vertigo fut un des acteurs (sans aucun doute le principal) d’un renouveau créatif fort conséquence du choix de Karen Berger de faire venir toute une nouvelle génération d’auteur anglais dont on peut voir encore aujourd’hui les effets.

 

ob_afef6e_55De par son atmosphère, sa tonalité graphique et scénaristique, la qualité des auteurs qui ce sont succédé et la personnalité complexe de son personnage principal, Hellblazer reste l’emblème de Vertigo et cela malgré le fait que la série est antérieur à la création du label (mais peut-être est-ce aussi à cause de cela). Inspiré graphiquement par Sting, John Constantine est un magicien apparu dans The Saga of the Swamp Thing d’Alan Moore et dont la force tient plus à sa manière d’embobiner les gens qu’à ses pouvoirs occultes. Défenseur des opprimés, des pauvres et des laissés pour compte Constantine devint également le moyen pour les auteurs d’exprimer leurs dégoûts pour une société anglaise qui déraille.

 

Série composée de 300 épisodes, Hellblazer fut portée par plusieurs auteurs qui s’approprièrent la série et qui y laissèrent leurs marques. A tel point que la série peut facilement se prendre en début de run d’un nouveau scénariste sans aucun problème. Si on osait une comparaison un brin tirée par les cheveux, on pourrait dire que John Constantine est une version trash du Doctor Who dans sa structure. C’est celle-ci qui permet aujourd’hui la publication d’Hellblazer dans une nouvelle collection chez Urban. A l’instar de la collection DC Signature, Vertigo Signature met en avant l’auteur d’une oeuvre collective.

 

Au Paris Comics Expo 2013, François Hercouët avait expliqué sa réflexion quand à la publication d’une série importante en terme d’épisode. Oeuvre culte jamais éditée en totalité en France, l’éditeur avait soit le choix de publier Hellblazer dans l’ordre, soit de mettre en avant certains auteurs populaire dans un premier temps. C’est donc ce deuxième choix qui fut adopté et profitant également de la sortie de Preacher, Urban se concentre sur le run de Garth Ennis.

 

Après avoir affronté les hommes et créatures démoniaques les plus dangereuses de Londres, John Constantine, magicien cynique et désinvolte devenu enquêteur, doit aujourd’hui faire face à un ennemi qu’il ne peut ni duper ni distancer : le cancer. Le diagnostic ne lui donne que quelques mois à vivre. Un temps qu’il va devoir mettre à profit pour trouver un échappatoire. Un salut inespéré qu’il trouvera peut-être auprès des Seigneurs des ténèbres.

 

 

John_Constantine_0034Reprenant la série après Jamie Delano, Garth Ennis balance d’emblée John Constantine dans la boue et le confronte à une épreuve a priori insurmontable. Conçu dès le départ comme une série où le temps s’écoulerait normalement, on a aucun mal à croire qu’a l’aune de ses quarante ans, ce fumeur invétéré soit rattrapé par le crabe. Arc en six épisodes, cette histoire reste gravée longtemps dans la mémoire. Le personnage nous apparaît totalement abattu et la maladie est crûment montrée dans tout ce qu’elle a de plus horrible. Rien ne nous est épargné, hypocondriaque s’abstenir.

 

Ce premier arc nous montre déjà toute la spécificité de Constantine. Proche des gens, on le voit devenir ami avec un malade en phase terminale. Destructeur, sa mort prochaine est un rappel de celles qu’il a causé parmi ses proches. Mais par dessus tout on (re)découvre le Constantine manipulateur de génie qui va arriver à se sortir de ce pétrin en se mettant à dos les personnes qu’il ne vaux mieux pas énerver. La conclusion de cet arc reste un moment jouissif absolu dans lequel on sent le Ennis de Preacher poindre.

 

tumblr_ngb9jqcEgZ1sf8a7bo1_500Car la lecture de ces épisodes nous permet également de voir les prémices de l’oeuvre phare de Garth Ennis et Steve Dillon (ce dernier est d’ailleurs le dessinateur d’un des épisodes qui compose le volume). Ici ou là on peut y voir la même critique de la société et ce même mélange d’horreur et de beauté. La décadence du club d’aristocrate dans lequel se déroule l’arc Sang Royal nous fait ainsi penser aux soirées du dépravé Jesus DeSade.

 

Oeuvre incontournable dont la ré-édition fut longtemps attendue en France, Hellblazer se voit également bénéficier dans très bel écrin pour son retour. Outre les épisodes, on peut y trouver une introduction de Garth Ennis, ainsi qu’un texte résumant les différents run et apports des autres auteurs. Jouant franc-jeu sur la décision éditorial de ne pas proposer la série dans l’ordre chronologique, Urban nous donne toutes les clés pour aborder au mieux les aventures de Constantine. On espère maintenant qu’un grand nombre de lecteurs seront au rendez-vous pour avoir la suite et, enfin, la totalité d’Hellblazer.

 

 

 

Garth Ennis présente Hellblazer – Volume 1 (Vertigo Signature, Urban Comics, Vertigo) comprend les épisodes US de Hellblazer #41 à #50 et #52 à #56.

Ecrit par Garht Ennis

Dessiné par William Simpson (#41 à #47, #50, #52 à #55), Mike Hoffman (#48), Steve Dillon (#49), David Lloyd (#56)

Prix : 28 €

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