On a lu… Ghostbusters – Tome 1 : Panique à New-York

On a lu… Ghostbusters – Tome 1 : Panique à New-York

Note de l'auteur
Ghostbusters - tome 1

Ghostbusters – tome 1

Arlésienne cinématographique pour trentenaire geek, le projet Ghostbusters 3 et son incapacité à se concrétiser pourrait nous faire rire s’il ne phagocytait pas l’attention tandis que, tranquillement dans leur coin, deux gugusses nous prouvent qu’on peut sortir des belles choses d’un univers qui ne demande qu’a être exploiter. La preuve avec ce premier volume que nous propose Delcourt.

 

Les adaptations en comics de films ou de séries télévisées sont, de manière générale, peu intéressantes. En se positionnant dans un conservatisme destiné à caresser le fan dans le sens du poil, ces bd n’offre que des resucées sans saveur de ce qui faisait leurs succès dans un autre média. L’audace et le besoin d’évolution sont alors strictement bannis. C’est donc peu dire qu’on n’attendait pas grand chose d’un nouveau comic-book sur les casseurs de fantômes apparus dans le film de 1984. Le fait qu’une seconde suite soit condamner à errer dans les limbes des studios ou a déboucher sur un film médiocre (remember Blues Brother 2000) dans le meilleur des cas n’arrangeait rien quand à notre envie de découvrir cette bd.

 

Et pourtant cette nouvelle série se révèle être une bonne surprise. Ghostbusters de Erik Burnham et Dan Schoening n’est pas la première incursion des héros imaginés par Dan Aykroyd et Harold Ramis dans le monde de la bande dessinée. Les premiers comics datant en effet de 1988 et si depuis cette date beaucoup de comics sont sorti sur ces personnages (certains étant des adaptations des diverses séries animés) rien n’est comparable à la série proposé par IDW. Depuis qu’il a repris la franchise, l’éditeur a proposé plusieurs one-shot (dont un qu’on retrouve en fin de ce volume) avant d’entamer en 2011 une série s’inscrivant dans la continuité des deux films.

 

C'est mon choix de casser des fantomes

C’est mon choix de casser des fantomes

« Hé rentrez votre bide les mecs, on est SOS Fantômes quand même ! »

Après avoir sauvé New-York

(et le monde)

(enfin surtout New-York. On sait bien que le monde s’arrête au limite de Manhattan pour le New-York de la même manière qu’il s’arrête aux limites du périphérique pour le parisien)

 

Bref après avoir montrés à cette salope de l’âge de pierre ce qu’ils peuvent faire, eux, les américains et après avoir joué les critiques artistiques sur une peinture démoniaque, Peter Venkman, Raymond Stantz, Egon Spengler et Wiston Zeddemore continue de faire prospérer leurs petites affaires de nettoyage d’ectoplasme. A la différence que ceux-ci sont maintenant mandatés par la ville et sont sous la supervision de Walter Peck. Alors que tout semble bien rouler dans leurs vies et dans la ville, différent indices et manifestations commence à se multiplier.

 

Ghosbusters #4

Ghosbusters #4

« c’est un sacré p’tit cake !»

En devenant en quelque sortes des fonctionnaires de la ville, on pouvait craindre que les Ghosbuters perde le mépris amusé et assumés pour toutes les formes d’autorités et tout ce qui revête un certain caractère officiel. Mais ce qui faisait une des forces du script de Dan Aykroyd est toutefois retourné à l’avantage du comics et donne la note d’intention de Burnham et Schoening. Car en faisant intervenir sous la forme de Jake Blues un allié venus de l’au-delà pour aider Ray Stanz (alias Dan Aykroyd alias Elwood Blues), le scénariste ne rend pas seulement hommage à un grand acteur qui devait originalement faire partie du premier film mais déclare clairement son amour à cet univers et de manière globale à celui du Saturday Night Live tout en commençant à poser les jalons pour une intrigue mixant habilement les arcs courts et longs.

 

Conscient des spécificités de son supports et des différences entre celui-ci et le cinéma, Burnham sait qu’il a une marge étroite avec certains personnages et en premier lieu celui de Peter Venkman totalement assimilés à l’interprétation de Bill Murray. Ce qui peut paraître une faiblesse devient vite un atout car il permet alors de développer d’autres figures avec plus de liberté. C’est ainsi le cas de Janine Melnitz que l’on retrouve encore plus acerbe et caustique que jamais mais c’est surtout Wiston Zeddemore qui bénéficie des attentions de l’auteur. Celui qui apparaissait en retrait par rapport au trio infernal devient ici un membre à part entière des Ghostbusters et on découvre un personnage solide et posé dont les atouts viennent compléter ceux de ses petits camarades.

 

Si le dessin de Schoening ne marque pas la rétine et ne fait pas à proprement parler d’inventivité ou d’audace, celui-ci est suffisamment carré pour faire le job. Surtout son travail sur le design des personnages et le visuel en général permet de créer un univers bien spécifique et totalement plaisant. Moins réaliste que les films, il n’en arrive pas moins à conserver cette atmosphère bon enfant qui ne se perds jamais malgré les menaces qui s’accumulent.

 

Avec 36 épisodes au compteur, Ghostbusters est clairement une bonne surprise dont on a envie de continuer à suivre l’histoire. On saluera enfin le travail de traduction qui arrive à retrouver parfaitement les voix (française) de nos quatre héros. Exploitant parfaitement l’héritage des deux films et osant proposer des pistes pour évoluer l’univers, la série Ghostbusters nous enchantes et nous fait remémorer ces après-midi où l’on regarder en boucle le film enregistré sur une VHS.

 

 

 

Ghostbusters – Tome 1 : Panique à New-York (Contrebande, Delcourt, IDW Publishing) comprend les épisodes US de Ghostbusters #1 à #4

Ecrit par Erik Burnham

Dessiné par Dan Schoening

Prix : 14.95 €

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