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On a lu… Jeux d’Enfants (T1) de Muneyuki Kaneshiro & Akeji Fujimura

On a lu… Jeux d’Enfants (T1) de Muneyuki Kaneshiro & Akeji Fujimura

Note de l'auteur

Voilà un bien étrange titre que nous proposent les éditions Pika, en ce début d’année. Surfant sur la vague du seinen horrifique trashy, il oscille entre cliché et surprise.

 

Devenu un véritable sous-genre à part entière dans l’industrie du manga, le concept du «jeu de massacre» s’est démocratisé avec la pitoyable saga Saw… heu, pardon, avec le sauvage Battle Royale. La recette est basique, parfois rudimentaire mais souvent efficace : des ados, un jeu grandeur nature aux règles tordues et des morts sadiques en rafale. Que le carnage commence ! Après les masques de lapin flippants de Doubt, après le Japon parallèle de Alice In Borderland, après King’s Game et ses SMS tueurs, voilà donc Jeux d’Enfants (Kami-Sama no iutoori dans la langue de Tezuka). Un premier tome d’une série qui en compte 5 et qui de prime abord n’augure rien de bien novateur… Mais au fil des pages, le titre finit par attiser notre curiosité.

 

Côté scénario, ça ne traîne pas et on rentre très vite dans le vif du sujet. Une classe de cours, des élèves tout mignons dans leur uniforme. Soudain la tête du professeur se déforme, explose et laisse apparaître dans un geyser de sang un daruma, figurine folklorique typiquement nippone qui sert à faire des vœux (voir la couverture du tome). Les élèves sont médusés, certains tentent de fuir mais voilà que leur tête éclate à leur tour. Très vite, ils comprennent que pour survivre, ils doivent jouer au «Daruma est tombé», l’équivalent japonais de notre «Un, deux, trois, soleil». Le jeu peut commencer ! Plutôt glauque et barré, ce premier tome se lit sans déplaisir même si on regrette de découvrir des personnages avec aussi peu de relief et à la personnalité plutôt floue. La seconde partie du tome, tout aussi «what the fuck?!» que la première, met en scène un maneki-neko (fameux chat porte-bonheur issu également du folklore japonais) géant, dans une version sournoise du jeu du chat et de la souris.

 

Pour être tout à fait honnête c’est complètement nawak, à la limite du grotesque mais ça reste intriguant. L’humour noir distillé au compte-gouttes et la brutalité du titre se heurtent à ces jeux enfantins universels et ça donne un étrange cocktail. Côté dessin, rien d’incroyable, Fujimura fait le job, c’est propre mais sans valeur ajoutée. Pour le moment, on n’a pas une once d’idées sur le pourquoi du comment mais les dernières pages ouvrent un champ de possibilités assez énorme quant à la suite des événements. Le cliffhanger est suffisamment gros et juteux pour que l’on morde à l’hameçon et on en arrive presque à se dire qu’on tient là la première surprise de 2014. D’ailleurs, il est à noter que Takashi Miike, réalisateur ultra-prolifique, capable du pire (La Mort en Ligne) comme du meilleur (Visitor Q, Ichi the Killer) semble intéressé par une potentielle adaptation pour le grand écran. Rendez-vous en mars pour voir si le second tome confirme la tendance.

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