On a lu… Kokkoku (T.1) de Seita Horio

On a lu… Kokkoku (T.1) de Seita Horio

Note de l'auteur

kokkoku-1-glenatÉtrange premier tome que celui de Kokkoku de Seita Horio… Entre polar et fantastique, le nouveau titre de Glénat qui comptera 8 volumes, intrigue et interpelle à travers un récit à tiroirs. Pas complètement réussi, ce premier tome de Kokkoku parvient néanmoins à nous donner envie d’en savoir plus.

 

Ce premier opus s’articule autour de trois phases distinctes. Tout d’abord, on découvre une famille japonaise dans tout ce qu’elle a de plus classique, entre le grand-père bougon, le père dépressif, la fratrie composée de deux sœurs et d’un frère cloîtré chez lui et le petit neveu nommé Makoto. En quelques pages, le manga tente de brosser un portrait de ses personnages mais ne laisse que peu de temps au lecteur pour se familiariser avec chacun de ses membres. Très vite, le titre rentre dans une seconde phase, celle du thriller pur jus avec l’enlèvement du frère et de son neveu par une bande de voyous qui exige une importante rançon.

 

A partir de là, le rythme s’accélère et Juri, l’une des deux sœurs tente de trouver une solution qui viendra finalement du grand-père. Alors que la situation semble sans issue, ce dernier, assez serein, prend les choses en main et c’est de lui que vient la bascule dans le fantastique. A l’aide d’une mystérieuse pierre magique, il parvient tout simplement à arrêter le temps. Cela permet donc à Juri, son père et son grand-père de se rendre là où sont retenus les membres de leur famille afin de les secourir. Mais alors que tout est immobile et que absolument tout les êtres vivants semblent figés, de nouveaux protagonistes qui ne sont pas affectés par cette étrange magie, font leur apparition, mettant en péril l’opération de sauvetage.

 

Se classant dans la catégorie seinen de l’éditeur, Kokkoku pose pour le moment plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Pour sa première série, Seita Horio nous offre une ambiance à la fois étrange et inquiétante en faisant surgir le surnaturel là où on ne l’attend pas. Peu à peu, il dévoile les règles qui régissent son univers et évoque aussi bien le manga Parasite de Hitoshi Iwaaki (également publié chez Glénat) que l’œuvre de Kazuo Umezu (Baptism, L’école emportée…). L’auteur prend plaisir à nous balader et on peine à cerner qui sont les véritables ennemis, la multiplication des personnages ne facilitant clairement pas la tâche. C’est d’ailleurs là peut-être l’un des points faibles de cette entrée en matière car le lecteur se retrouve quelques peu perdu et ne parvient pas vraiment à dire qui est qui.

 

9782723498142_pgEn ce qui concerne le «monde figé» et ses propriétés, à l’instar de Juri, on tente d’appréhender les possibilités qu’il offre. Car en plus de l’arrêt net du temps, le grand-père maîtrise également la téléportation. Cette autre donnée ouvre alors une réflexion sur le monde existant entre les secondes. Mais si cette maîtrise de l’espace-temps est un vrai avantage, elle n’est pas sans danger car quiconque s’en prend physiquement à une personne figée, devra alors répondre de ses actes devant une entité appelée l’Administrateur ou encore Régent, une créature difforme et gigantesque. Suscitant autant d’inquiétude que d’incompréhension, ce géant omniprésent apparaît aussi vite qu’il disparaît après avoir sévèrement puni de mort toute personne violant les règles du «monde figé». C’est à mon sens, la trouvaille de ce titre puisque elle permet d’injecter une bonne dose d’imprévisibilité et d’effroi.

 

Sur la forme, le trait assez austère et peu attractif du mangaka parvient finalement à renforcer l’ambiance à la fois morne et angoissante. Faisant guise d’introduction, ce premier volume de Kokkoku est assez maladroit. La mise en place des personnages trop rapide ne nous permet pas vraiment de les connaître et comme je le disais plus haut, l’apparition par la suite d’un trop grand nombre de protagonistes, perd le lecteur. Malgré tout Seita Horio parvient à nous retenir avec un univers aux multiples possibilités. On attendra donc le second tome pour se faire une réelle idée et même si ce début de récit est un peu bancal, on sera là pour la suite afin d’en savoir plus sur cet espace-temps aux propriétés intrigantes.

 

Kokkoku de Seita Horio aux éditions Glénat

Sortie le 18 mars

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