On a lu… Kokkoku (T.03) de Seita Horio

On a lu… Kokkoku (T.03) de Seita Horio

Note de l'auteur

601 KOKKOKU T03[MAN].inddNous voilà toujours prisonniers du monde immobile et dans ce troisième tome, un léger ennui commence à pointer le bout de son nez. Seita Horio anesthésie quelque peu le lecteur avec un récit lui aussi un peu trop statique et pour le moment, toujours aussi opaque. Je continue cependant, en espérant que la suite sorte le titre de son étrange torpeur. 

 

La jeune Juri, accompagnée de son grand-père, tente toujours de sauver sa famille prise en otage par la secte Amour Véritable. L’apparition de nombreux Régents, ces créatures qui veillent sur les immobiles, confirme l’existence de plusieurs d’entre eux. Il semblerait d’ailleurs qu’ils ne soient que de simples humains restés coincés dans le monde des immobiles. Et c’est à peu près tout, en fait… L’auteur joue l’économie à tous les niveaux et finit par perdre le lecteur dans une histoire qui semble avoir du potentiel mais dont on n’arrive pas à clairement discerner les tenants et aboutissants. On peine à comprendre les enjeux et le but de chacun des protagonistes reste bien obscure en réalité. Le plus ennuyeux, c’est qu’ils ne sont vraiment pas nombreux. Cela aurait dû être l’occasion de s’en approcher au plus près et de mieux les connaître. Malheureusement, on les suit aller et venir dans leur quartier, dans ce monde désormais hors du temps, et ils ne font pas grand chose au final. Ils s’observent, ils discutent longuement mais on ne parvient pas vraiment à retirer grand chose des dialogues.

 

Alors dit comme ça, ça donne pas franchement envie… Pourtant, l’atmosphère étrange et austère sied bien au titre. Seita Horio propose une vision du monde figé, très intéressante. Les quelques personnages encore mobiles se baladent au milieu d’un musée Grévin, grandeur nature, dans lequel absolument tout, humains et objets, est en suspend. De ce point de vue, le titre fonctionne et regorge de détails. A ce titre, le mangaka fait preuve d’une incroyable maîtrise en termes de spatialisation, de même qu’il ne commet aucune erreur de raccord. Eh oui, il n’est pas aisé de reproduire, à longueur de tomes, des positions parfaitement identiques, toujours dans un même et unique espace. Bref, il y a du taf d’abattu. Concernant le dessin, le trait est comme d’habitude, froid et réaliste. Comme je l’ai déjà dit dans les précédentes critiques, il convient parfaitement à l’ambiance.

 

Du bon et du moins bon, en définitif. Le titre avance lentement et entretient, d’une certaine manière le secret. Toutefois, il ne faut pas perdre l’intérêt du lecteur… Seita Horio semble vouloir nous amener quelque part mais il semble clairement être le seul à connaître la destination. Tout du moins, on le souhaite pour lui… Et pour nous ! Espérons que le quatrième tome saura apporter le petit coup de fouet et quelques éclaircissements nécessaires.

 

Kokkoku de Seita Horio, aux éditions Glénat

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