On a lu… Kokkoku (T.6) de Seita Horio

On a lu… Kokkoku (T.6) de Seita Horio

Note de l'auteur

51qlSbft6rL._SL300_ (1)Nous voilà de retour dans le monde statique de Kokkoku. Toujours aussi énigmatique, étrange et contemplatif, le titre de Seita Horio poursuit sa route en parallèle des grosses sorties. Il ne connaît malheureusement pas le succès que l’éditeur Glénat aurait voulu et ne parvient pas à s’imposer. La faute à un récit trop abstrait et une ambiance trop austère. Arrivé au sixième tome, on a toujours du mal à avoir une vue d’ensemble claire, ce qui nous empêche quelque peu de rentrer complètement dedans.

 

Nos personnages sont toujours coincés dans le monde statique et Sagawa, leader illuminé de la secte Amour Véritable, est parvenu à s’approprier la force du Régent, en maîtrisant son sereno (le fluide lui permettant de se mouvoir dans le monde statique). Mais sa transformation lui fait perdre progressivement son humanité. Tobino, qu’il vient de tuer froidement, se transforme à son tour en une étrange créature dont les actes provoquent des distorsions dans cet univers immobile. Du côté de la famille Yukawa, devenue la cible de Sagawa, un nouveau membre fait preuve de capacités particulière. Le grand-père peut se téléporter, Juri, la petite-fille peut agir sur le sereno et maintenant, c’est son frère qui vraisemblablement peut contrôler cette nouvelle forme de Régent qu’est devenu Tobino. Le jeu du chat et de la souris continue, comme c’est le cas depuis le premier tome. Les différents protagonistes, qui ne sont plus qu’une poignée, se courent les uns après les autres sans pour autant faire réellement avancer l’histoire. Tout comme Juri et sa famille, le récit est lui aussi prisonnier de l’immobilisme et victime de son propre concept. Après six tomes, nous voilà toujours bien incapables de définir de manière concrète ce qu’est le monde statique et quelle est son origine, de même qu’il paraît compliqué d’expliquer les enjeux de ce qui se déroule sous nos yeux, tome après tome.

 

kokkoku_1_centrePourtant, que ce soit à travers son ambiance ou sous le trait réaliste de Seita Horio, on sent que Kokkoku recèle de vraies qualités. À la fois oppressante et contemplative, l’atmosphère qui se dégage du titre renforce cette notion clé de suspension du temps. On parcourt des dédales de rues désertes dans lesquelles les heures n’ont plus prises et on finit par se perdre dans cette espace sans temps. C’est cette perte totale de repère, le rendu de cette bulle hors de tout, qui fait la force de Kokkoku. Mais comme je le disais, c’est aussi ce qui finit par faire sa faiblesse. Enfermé dans un circuit complètement fermé, le manga de Horio finit par tourner un peu à vide. Pour ma part, je reste dans l’expectative de voir tomber un événement de poids, qui apporterait plus de clarté et un coup de fouet nécessaire. À deux tomes de la fin, il est encore difficile de juger de l’ensemble du titre et peut-être le final apportera-t-il son lot de satisfactions. En attendant, ce tome 6 continue de jouer avec notre patience. Comme les précédents, pas mauvais mais qui manque un peu de corps et d’enjeux plus développés.

 

Kokkoku (T.6) de Seita Horio, aux éditions Glénat

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