On a lu… le Bourreau (t.1 Justice divine?) de Gabella et Carette

On a lu… le Bourreau (t.1 Justice divine?) de Gabella et Carette

Note de l'auteur

Il est le Bourreau. Celui que les Parisiens craignent comme la peste ; celui qui frappe à minuit ; celui qui est chargé d’exécuter les sentences du Conseil de la ville ; celui qui se pense guidé par Dieu ; celui qui est invincible… Sauf qu’un bouffon, son égal, vient lui mettre quelques bâtons dans les roues.

L’histoire : Dans un Paris moyenâgeux, il fait régner la terreur. De ses ancêtres, il a hérité d’un don inquiétant. Celui de tuer des gens coupables d’avoir fait couler le sang. Sa méthode relève de l’ésotérisme : il a la capacité de convoquer ses victimes à l’heure et l’endroit qu’il décide pour les passer au fil de l’épée. Nul ne peut s’y soustraire. Il ? C’est le Bourreau. Un assassin au service possiblement du bien ; un être de chair peu instruit qui a su durcir sa carapace au point de ne plus craindre les armes de ce bas monde. Il en est sûr, c’est le Très Puissant qui commande à sa destinée. Mais ses certitudes sont battues en brèche par l’arrivée du Bouffon. Un être à sa mesure qui prend le parti du peuple alors que le Bourreau, détesté par la plèbe, est accusé de faire régner une justice de classe. Qui est cet adversaire ? Le Bourreau va mener l’enquête.

Mon avis : Si l’objectif est d’instiller un sentiment de terreur, mission parfaitement accomplie. Ce Paris est lugubre, un coupe-gorge à ciel ouvert. La violence suinte de tous ses murs, la piétaille aime les chopines et les exécutions publiques. L’atmosphère est délétère.

Le souci, c’est que l’on s’y perd un peu avec ces flash-backs incessants. Une mère n’y retrouverait pas ses petits. Le procédé alourdit le scénario et a demandé au lecteur, que je suis, une attention importante. Pourquoi pas… C’est probablement la volonté de l’auteur mais ça ne convainc pas.BOURREAU 01 C1C4.indd

Idem pour la voix off qui tombe souvent à plat. Difficile parfois de savoir qui parle, c’est gênant. Sans évoquer cette incroyable absence de négation qui est un vrai inconfort de lecture. Oublier les « ne » presque à chaque fois, je ne sais pas quel est le but recherché, mais j’en ai encore mal à mes oreilles.

Cette série, prévue en trois tomes, est franchement décevante. On attend beaucoup mieux de la suite, même si le scénario est intrigant.

Si vous aimez : passer des heures avec votre manette devant Assassin’s Creed Unity.

En accompagnement : la comédie musicale Notre Dame de Paris et particulièrement Garou, Fiori et Pelletier qui vous abîment l’ouïe, à coups de « Il est venu le temps des cathédraaaaaaaaales » ou de « Belle ».

gabellaOlivier RollerAutour de la BD : l’auteur de La Licorne, Mathieu Gabella (notre photo) adore mêler l’histoire et le fantastique. Cela marche souvent avec lui. Le crayon est tenu par Julien Carette, qui a un passé dans le jeu vidéo, cela se ressent avec ce Bourreau.

Extraits : « De toute façon, on le savait. C’est pas la « Justice divine » qui règne ici… C’est un tueur au service des nobles et des échevins. »

« Des détrousseurs en beaux habits qui nous taxent, encore et encore, à en crever. Et lui, c’est leur molosse. »

Sortie : 11 mai 2016, Delcourt collection Terres des légendes, 56 pages, 14,95€.

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