On a Lu… Le courant d’art de Bezian

On a Lu… Le courant d’art de Bezian

Note de l'auteur

Et si le mathématicien du XIXe siècle Oliver Byrne, et l’artiste du XXe Piet Mondrian s’étaient répondus à travers les siècles ? La réponse de Bezian dans cette BD, en mode accordéon.

courantart-455L’histoire : Dans un rêve, Oliver Byrne voit Piet Mondrian et rédige un ouvrage révolutionnaire, The Element of Euclid. Dans un bar, le fantôme d’Oliver Byrne sourit au peintre et inspire son art.

Mon avis : Il est des ouvrages que l’on possède sans les comprendre. Tel est le cas de cet « objet-livre » qu’est Le Courant d’art. Nous sommes sur un livre-accordéon, qu’on lit dans les deux sens. L’un de Byrne à Mondrian, et l’autre de Mondrian à Byrne. Une double page est composée comme un tableau, tournant autour des personnages et des couleurs chères à l’artiste : jaune, bleu, rouge et noir. En arrière plan, nous découvrons des références aux œuvres de l’un comme de l’autre, mais parfois si secrètes qu’un lexique des « œuvres dans le récit » nous est donné. Bauhaus, étranges artistes, maths du XIXe mais rien n’est expliqué et cela peut sembler un peu abscons quand on ne connaît pas le sujet. À nous de tout déchiffrer.

courantart-454Donc c’est un très bel ouvrage. Mais très ésotérique. Difficile en effet d’y trouver un propos, un semblant d’histoire. C’est plus un exercice qui cherche à rapprocher un mathématicien et un peintre. C’est une étude sur l’économie des textes et la symbolique des représentations. Un curieux ovni, très difficile à classer. Les scènes sont de toute beauté, en angle et en lignes droites, en profonde et en personnages hachurés. Pourtant, on le repose en se demandant ce qu’on a raté ? Pas compris ? Une belle énigme, mais un secret que traverse un courant, un message caché que tient Bezian.

Si vous aimez : Picasso et le mouvement cubiste. Une représentation qui sonne vraie, une déformation de la réalité présente ;

courant-d-art-1931Autour de la BD : L’ouvrage a été publié dans la collection Noctambule de Soleil, comme un récit Yin et Yang, dont le but est de réaliser des ouvrages accordéons lisibles dans un sens et dans l’autre.

En accompagnement : un morceau de free jazz.

Extrait : « 1911. Bien sûr, Alma se jouait de lui : « Vous savez, Walter, je n’aime que les artistes… » dit-elle en faisant mine de regarder ailleurs. C’est à ce moment-là que l’architecte Walter Gropius, fou de désir, décida d’un projet grandiose englobant tous les arts. »

Sortie : décembre 2015, éditions Soleil, 54 pages, 18,95 euros.

 

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