On a lu… Le garçon qui collectionnait Spider-man

On a lu… Le garçon qui collectionnait Spider-man

The Amazing Spider-Man #248

Le garçon qui collectionnait Spider-Man c’est toi plus moi plus tous ceux qui le veulent. C’est le gamin que nous étions tous un jour, c’est celui qui sommeille encore en chacun de nous. C’est cette part de nous qui sait que la magie existe et que le bien vaincra toujours le mal. C’est ce rêve que nous avons tous fait un jour, celui de rencontrer et de parler à notre idole.

ATTENTION : SPOILERS. Ce texte révèle toute l’intrigue de l’histoire

Parue originellement dans The Amazing Spider-Man #248 (Strange #194 pour la première édition française), Le garçon qui collectionnait Spider-Man est un back-up, c’est à dire une histoire venant en complément du récit principal dans un numéro, qui nous montre la rencontre entre un jeune garçon et son héros, Spider-Man. Écrit par Roger Stern (qui a présidé à la destinée du Tisseur dans les années 80 en créant notamment le personnage du Super-Bouffon) et dessiné par Ron Frenz, ce récit est également un détournement astucieux de ces petits épisodes censés présenter le personnage de Spider-Man pour un nouveau lecteur.

Ainsi la rencontre entre Tim Harrison et Spider-Man et le dialogue qui s’ensuit est un prétexte pour retracer les grandes étapes de la vie du monte-en-l’air. A chacune des questions que pose le jeune garçon, Spider-Man va donc raconter comment il a eu ses pouvoirs, quelles en sont les caractéristiques ou bien encore comment ses toiles fonctionnent. Le lecteur va ainsi très rapidement connaître les fondamentaux du personnage ainsi que son univers, puisqu’on y découvre bien sûr l’événement dramatique qui a déterminé toute la vie de Spider-man, à savoir la mort de son oncle dont il se rend totalement responsable. Ce récit serait plutôt banal ou habituel si Stern n’y avait pas apporté une profondeur dramatique.

Il faut en effet souligner que Le garçon qui collectionnait Spider-Man est un modèle d’écriture. Stern sait capter son lecteur et le fait entrer progressivement dans l’univers tout en éparpillant des touches d’humour et de bravoure. Outre la discussion entre Tim et le Tisseur, le récit est ponctué régulièrement des coupures d’un article qu’un journaliste à consacré à Tim et qui, on le comprend vite, est le point de départ de la rencontre entre les deux personnages. Ron Frenz quant à lui offre un dessin tout en phase avec le sujet par sa façon de se rapprocher des dessins de Steve Ditko le créateur de Spider-Man.

Il y a notamment tout un jeu avec l’ombre et la lumière vraiment remarquable et qui prend aux tripes lors des dernières cases quand Spider-Man révèle à Tim son identité secrète. Cette révélation est le point d’orgue d’un récit où le lecteur est plusieurs fois surpris devant les révélations que Spider-Man fait à cet inconnu, jusqu’à la magnifique page finale dont l’émotion nous touche en plein coeur. En cinq cases magistrales, Stern et Frenz nous provoquent une boule dans la gorge et nous renvoie alors à la dure réalité ainsi qu’aux propres limites du super-héros.

Et pourtant…. Suite à la révélation finale sur la leucémie de Tim et sa mort prochaine on ne peut pas s’empêcher de croire que Spider-Man a rempli son rôle de héros de la manière la plus noble qui soit. Il a apporté un peu de rêve à un enfant qui croit en lui. Le garçon qui collectionnait Spider-Man, c’est cette foi inébranlable que nous avons envers nos héros et c’est l’une des plus belles histoires de Spider-Man… Tout simplement.

 

 

Le garçon qui collectionnait Spider-Man (Spider-Man Classic N°4, Panini Comics, Marvel)

Ecrit par Roger Stern

Dessiné par Ron Frenz

Partager