On a lu… Les Gardiens de la Galaxie – Tome 1 : Héritage

On a lu… Les Gardiens de la Galaxie – Tome 1 : Héritage

Note de l'auteur
Tome 1

Tome 1

Les forces du mal du vide sidéral, ils pourront les briser ! Qui ça ? Mais les Gardiens de la Galaxie bien sûr ! Alors que le film vient de débouler sur nos écrans, il était assez logique de revenir sur la BD sans qui rien ne serait arrivé. Et quand en plus on a affaire à un récit génial ce n’est plus de logique dont nous parlons mais de véritable déclaration d’amour.

 

Si l’équipe des Gardiens de la Galaxie date de 1969, l’incarnation moderne de celle-ci est beaucoup plus récente. Participant à la reconstruction de l’empire Kree après la guerre contre Annihilus, Peter Quill alias Star-Lord (ancien héros galactique, plus récemment taulard, et enfin aide de camp de Richard Rider, alias Nova) va être involontairement à l’origine d’un nouveau conflit galactique quand la Phalanx infiltrera le réseau de défense des Krees que Quill avait restauré.

 

Guardians of Galaxy#2

Guardians of Galaxy#2

Alors que la planète est envahie par cette race techno-organique, Peter se voit confier une mission quasi-suicidaire. Afin de la remplir il va réunir une équipe composée d’anciens prisonniers se voyant promettre la libération en cas de succès : Mantis une télépathe et devineresse, Captain Universe, Bug, Deathcry, Rocket Raccoon et Groot (on supposera que vous n’avez pas vécu en ermite depuis six mois et que vous voyez qui sont ces deux-là). A la surprise de tous, la mission fut un succès malgré les pertes et la Phalanx fut vaincue. C’est sur les cendres de ce conflit (que l’on peut lire dans Annihilation Conquest et plus particulièrement dans la mini-série Star-Lord) que les scénaristes Dan Abnett et Andy Lanning fondèrent Les Gardiens de la Galaxie.

 

Convaincu qu’il est nécessaire d’être plus réactif et qu’il ne faut plus attendre que l’univers leur tombe une nouvelle fois sur la tête, Star-Lord persuade Nova de créer une équipe capable d’intervenir rapidement et de prévenir les menaces. Une sorte d’équipe de Black Ops spatiale en quelque sorte. Au groupe survivant du conflit contre la Phalanx (Mantis, Rockett Raccoon et Groot) vont se joindre Quasar (fille de Captain Marvell et détentrice des bracelets cosmiques), Drax (puissant guerrier errant sans véritable but depuis la mort de sa proie, Thanos), Gamora (surnommée, à raison, la femme la plus dangereuse de l’Univers) et Warlock.

 

Prêt au combat

Prêt au combat

Personnage central de l’univers cosmique Marvel de Jim Starlin des années 70 jusqu’au milieu des années 90 (avec Thanos), Warlock voit dans cette équipe une force capable de préserver la galaxie des menaces pouvant fissurer l’espace-temps (et ça, c’est comme croiser les effluves. Ça serait mal). A peine formée que l’équipe doit partir en mission et affronter l’Eglise de vérité tout en cherchant (enfin surtout Rocket) un nom pour le groupe. Celui-ci sera adopté quand ils récupéreront un bloc de glace avec à l’intérieur Major Victory, un être venant d’un futur alternatif et leader d’un groupe de héros appelé Les Gardiens de la Galaxie.

 

Dan Abnett

Dan Abnett

Plus qu’une relance d’un titre datant des années 70, Les Gardiens de la Galaxie se présente surtout comme une sorte de quintessence du meilleur de l’univers cosmique Marvel depuis que Stan Lee et Jack Kirby ont publié Fantastic Four #1. Bien qu’ils ne soient pas à l’origine d’Annihilation, les scénaristes Dan Abnett et Andy Lanning sont devenus les architectes de cette galaxie de comic-books. S’occupant également de la destinée de Nova (dont on aimerait bien que Panini réédite les aventures en librairie) et commençant à mettre en place la guerre des rois (War of King dont on vous parlait la semaine dernière), les deux auteurs font des Gardiens de la Galaxie une sorte de grand carrefour spatial où se croisent différentes influences.

 

 

Andy Lanning

Andy Lanning

Ainsi l’équipe se baptise de ce nom à la suite de sa rencontre avec Major Victory et se présente alors comme une sorte de suite officielle à des personnages appréciés tout en adoubant totalement ceux-ci au sein de l’univers Marvel actuel. Mais le mélange va plus encore plus loin et réjouit le vieux lecteur fan de batailles dans l’espace autant que le jeunot passionné par les events Marvel depuis Civil War. D’un côté, elle s’inscrit dans la continuité classique de l’univers Marvel et participe à ses events en proposant néanmoins sa propre vision (quatre des six épisodes de cet album se déroulent dans le cadre de Secret Invasion¹ tout en offrant une histoire indépendante et brillante). D’un autre côté elle réunit un casting mélangeant des (re)créations récentes, des personnages provenant de la série initiale et des figures emblématiques de l’univers de Jim Starlin. Avoir Drax, Gamora et Warlock au sein de l’équipe fait ainsi écho à la série Warlock and the Infinity Watch, dans laquelle ils étaient (déjà) les gardiens des Gemmes de l’Infini.

 

Dan Abnett et Andy Lanning sont donc les architectes d’une nouvelle série qui accroche immédiatement le lecteur par son métissage de plusieurs influences de l’univers Marvel ou d’autres sources a l’image de la base d’opérations des Gardiens de la Galaxie. Ceux-ci ont établies leur QG à Nulle Part, une tête d’un Céleste (géants cosmiques qui tels des jardiniers cultivent les mondes et les races) perdue dans les limbes et où vivent différentes races, communautés et cultures différentes. La série est ainsi aux confluences d’histoires et d’univers provenant des comic-books, de la série télé, du cinéma, de la littérature et du jeux de rôles et de plateaux. Dan Abnett étant connu pour avoir écrit énormément d’histoires au sein de l’univers de Warhammer 40000² on se s’étonnera donc pas de voir dans sa description de certaines races une réminiscence des peuples de ce jeu.

 

Rapport de Peter Quill

Rapport de Peter Quill

Au delà du jeu des références et des influences qui n’empêcheront aucunemen les lecteurs peu au fait de celles-ci de prendre un pied d’enfer, la série emporte l’adhésion par ses simples qualités formelles d’écritures et de dessins. Paul Pelletier offre ainsi des planches claires et bien construites, des personnages bien caractérisés et amplifie très bien la narration des scénaristes via la construction du récit. Le premier épisode est à ce titre une petite perle et pose très bien le ton qui traversera la série tout du long de ses vingt-cinq numéros. Tels des acrobates doués, Abnett, Lanning et Pelletier font une prestation qui nous émerveille en arrivant à mixer flash-back posant le contexte de la création de l’équipe, action dantesque au présent et flash-forward mettant à la fois en lumière ce qu’il vient de se passer tout en participant à la présentation des personnages. Cette méthode (représentée par les rapports que font les Gardiens après la mission) apporte une distanciation bienvenue permettant à la fois des effets comiques mais se révélant également facteur de teasing palpitants pour des événements à venir.

 

Faut admettre que "Gardiens de la Galaxie" ça pète comme nom

Faut admettre que « Gardiens de la Galaxie » ça pète comme nom

Enfin si on adhère autant aux Gardiens de la Galaxie c’est aussi pour ses personnages. Voilà une équipe composée d’individualités extrêmement fortes qui doivent cohabiter et travailler ensemble. Il y a un petit coté Uncanny X-Men des débuts de Chris Claremont qui traverse la série mais, space opera oblige, on pense également beaucoup à la série Farscape et son groupe hétéroclite devenant de plus en plus uni au fil des épisodes³. Si on atteint pas ce niveaux de fraternité (du moins durant les six premiers épisodes compilés dans ce premier tome) on trouve tout de même un fort esprit de camaraderie qui se développe au fil des pages. Si les deux premiers épisodes font office d’introduction, les quatre suivants, basés sur un histoire paranoïaque digne du The Thing de John Carpenter, permettent d’ailleurs de bien souder le groupe et cela malgré la fin de cet arc.

 

Les fondations sont donc posées pour une jeune équipe où le sentiment que tout peut arriver nous étreint très facilement. De toutes les publications concernant Les Gardiens de la Galaxie c’est clairement cette série qui se révèle indispensable. Malgré son échec public elle reste parmi les meilleures productions de ces dernières années grâce à des personnages charismatiques et des aventures qui nous tiennent en haleine. Quelques part ce n’est que justice de constater le succès du film basé sur ce comic-book, et cela nous fait bien plaisir.

 

 

 

Les Gardiens de la Galaxie – Tome 1 : Héritage (Marvel Deluxe, Panini Comics, Marvel) comprend les épisodes US de Guardians of the Galaxy (2008) #1 à #6.

Écrit par Dan Abnett et Andy Lanning

Dessiné par Paul Pelletier

Prix : 17,50 €

Critique basée sur les épisodes publiés dans la revue Marvel Universe n°14 et n°15

 

 

 

¹ Event racontant l’invasion de la Terre par les Skrulls une race pouvant prendre n’importe qu’elle apparence

² Jeux de figurines anglais crée en 1987, il prend pour cadre un univers futuriste en proie à une guerre perpétuelle entre différentes races

³ Et le film joue encore plus sur cette affiliation.

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