On a lu… Les Misérables (T.02) de Takahiro Arai

On a lu… Les Misérables (T.02) de Takahiro Arai

Note de l'auteur

Couverture Petites fraises 3.inddVoir les chefs-d’œuvre de la littérature française passer à la moulinette manga a de quoi faire peur. De manière assez caricaturale, certains peuvent s’imaginer une relecture kawaï, avec des bastons sorties de nulle part, des ninjas, des mechas, bref tout le folklore. Mais c’est mal connaître le respect qu’ont les auteurs japonais, pour la culture et particulièrement la littérature française. Aujourd’hui, donc, on s’attaque au second tome de l’adaptation du classique de Victor Hugo, Les Misérables.

 

Le premier tome m’avait agréablement surpris en restant relativement fidèle au matériel d’origine. L’esprit du bouquin est respecté, tout du moins de ce que j’en sais car je vais être honnête avec vous, je ne l’ai pas lu. Tout au plus, j’en ai étudié des passages au lycée. Bref, en me lançant dans cette lecture, j’avais quelques petites bases, sans plus. Pourtant, j’ai ressenti l’envie de Takahiro Arai de faire honneur à l’histoire de Hugo. Le trait fin et délicat et le découpage bien pensé, mettent en valeur et portent un récit dur et cruel. Tandis que le premier tome se focalisait sur le célèbre Jean Valjean, ce second tome suit l’atroce descente aux enfers de la naïve Fantine. Sur plusieurs années, on assiste à la déchéance la plus crasse d’une mère prête à tout pour offrir une vie descente à sa fille. Le mangaka parvient à retranscrire une certaine puissance dans la détresse la plus totale.

 

Clairement, on comprend très vite pourquoi Les Misérables s’intitule Les Misérables ! Voir cette pauvre Fantine obligée de donner sa fille, Causette, aux Thénardier qui lui extorquent des sommes exorbitantes est un spectacle profondément cruel. Ses cheveux, ses dents puis son corps, elle vend tout et se retrouve prisonnière dans une spirale de la souffrance et de l’humiliation. Bref, je ne vous fais pas de dessin, ce tome vous plonge dans l’horreur de la France du début du 19ème. Au milieu de cette misère, un homme s’élève, le père Madeleine. Héros discret et généreux bienfaiteur, après plusieurs années passées à Montreuil-sur-mer, les habitants le sollicitent pour devenir maire, proposition qu’il refuse humblement une première fois, avant de l’accepter. Takahiro Arai en fait un personnage plein de mystère, au passé trouble et qui semble lié à Javert, l’ennemi juré de Jean Valjean.

 

Les protagonistes se mettent en place peu à peu et les enjeux commencent à s’esquisser et franchement, on se laisse facilement prendre dans le récit fluide qui réussit à nous faire oublier qu’on lit un tel pavé littéraire. En restant au plus proche de son sujet et en sélectionnant les bonnes scènes du roman, Arai nous embarque. Et malgré la noirceur de l’histoire, on a envie d’aller plus loin. En termes de dessin, c’est toujours subtil et ce nouveau tome nous offre quelques belles pages. Il reste dans la droite lignée du premier et continue de me surprendre. Pourtant, je n’aurais pas parié dessus ! Comme quoi…

 

Les Misérables (T.02) de Takahiro Arai aux éditions Kurokawa

Partager