On a lu… L’herbe folle de Maryse et Jean-François Charles

On a lu… L’herbe folle de Maryse et Jean-François Charles

Note de l'auteur

Sex, drugs and crazy grass, la chronique hippie d’une jeunesse un peu désabusée qui voulait vivre libre et sans contrainte. Introspection version baba cool.

9782344008270-P-1G (1)L’histoire : Pierre, la soixantaine avenante, est contraint de se replonger dans son passé hippie par l’entremise de Rose. Fille d’un couple d’amis croisée dans les années 60, elle n’a jamais connu ses parents. Peut-il tout lui raconter ? Amour libre, fumette à tout-va et fromage de chèvre… Assurément pas, pas plus que sa potentielle paternité.

Mon avis : c’est un roman graphique largement autobiographique des deux auteurs qui dépeint les années 60. Les années de la libération sexuelle, de la contestation sociale et sociétale, des retraites dans le Larzac ou en Auvergne, de la musique débridée et de l’avènement de la liberté. En ce sens, c’est une plongée réussie dans l’époque hippie. Un zoom également sur l’univers estudiantin des beaux-arts, le monde de tous les possibles.L’Herbe-folle-30

C’est aussi et surtout l’histoire de la troublante Theda, la maman de Rose. Cette Anglaise, volage et espiègle, débarqua à Paris pour y parfaire son apprentissage de la langue. L’histoire ne dit pas si elle a progressé dans la connaissance du français, davantage dans celle des Français. Plutôt jolis de leur personne et aux mœurs plutôt libérées. Une croqueuse d’hommes qui périra en couches au fin fond du Puy-de-Dôme.

La construction est sans surprise avec une narration chronologique. C’est malheureusement un peu convenu. À voir comment les hommes défilent dans les bras de l’héroïne, on se doute que la question de la paternité, selon l’adage populaire « Maman, sûr, papa, peut-être », va se poser à la fin. L’énigme reste sans réponse et ce n’est pas plus mal comme ça.

C’est aussi un questionnement sur la vérité. Peut-on tout dire ? Le passé supporte-t-il quelques ellipses ? La vérité est-elle là même par-delà les temps ? Vous avez trois heures.

Le dessin se pare de tons pastels, les traits sont peu précis, les proportions pas toujours respectées. C’est un genre. Pas celui que j’affectionne.

9782344008270-P-3GSi vous aimez : Echoes de Pink Floyd, les bandanas dans les cheveux et les Birkenstock.

En accompagnement : un bon bédo de Super skunk en hommage au titre de cette BD « L’Herbe folle« .

Autour de la BD : couple à la ville et à la scène ; Maryse et Jean-François Charles imposent le respect par la diversité et la densité de leur œuvre. Ce sont là deux monuments de la discipline (India Dreams, la collection Rebelles chez Casterman…) Attention talents.

Extraits : « Heu… Gilles ?… Qu’est-ce que tu penses d’Agnès ? »

« Bof !… Elle serait capable d’éplucher une frite… »

« Et… et… Theda ?… »

« Theda ?!… Hum… Tu sais que c’est le prénom de la première vamp du cinéma ; Theda Bara, et une anagramme de death. Fais gaffe, gamin ! »

Sortie : 6 avril, Glénat, 128 pages, 22 €.

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