On a lu… Locke & Key – Tome 2 : Casse Tête

On a lu… Locke & Key – Tome 2 : Casse Tête

Locke & Key – tome 2

Parce qu’on ne va pas s’arrêter en si bon chemin, penchons nous maintenant sur le deuxième tome de Locke & Key et découvrons plus en profondeur les méandres de Keyhouse et Lovecraft.

Dans notre article consacré au premier tome de la bande dessinée de Joe Hill et Gabriel Rodriguez, un de nos lecteurs nous a signalés que Locke & Key avait fait l’objet d’un pilote pour une éventuelle série télé qui ne vit au final jamais le jour. Ce projet d’adaptation est peu étonnant car la bd a le potentiel pour être portée à l’écran : une intrigue passionnante pleine de mystère, un bon groupe de personnages diversifié et la mort de Rendell Locke comme événement fédérateur fort autour duquel l’intrigue peut tourner. Toutefois si le premier tome, Bienvenue à Lovecraft, est en soi facilement adaptable, il n’en est pas de même pour les autres.

En effet, quand on referme ce deuxième tome, une drôle de sensation monte en nous,   celle d’avoir appris et découvert énormément d’éléments tout en étant frustré de n’avoir vu au final que très peu de choses. Il en est ainsi : après une première aventure haletante, terrifiante et éprouvante, la suite s’avère beaucoup plus calme. Cela en fait-il une mauvaise lecture ? Clairement non ! Au même titre que, par exemple, le tome 2 du Trône de Fer ou des aventures de Harry Potter, ce tome fait office de pause afin de placer des éléments qui s’avéreront fondamentaux pour la suite de l’histoire tout en apportant un nouvel éclairage aux événements du premier tome.

Si Bienvenue à Lovecraft était un ride en montagne russe, Casse tête s’avère être une randonnée sur un chemin oublié de beaucoup et sur lequel il ne serait pas étonnant de faire une rencontre avec un mauvais génie. Cette rencontre c’est Ellie Whedon qui la fait. Personnage introduit rapidement quelques numéros avant, cette professeur de sport au lycée de Lovecraft est un maillon essentiel de l’intrigue car elle nous fait prendre conscience (de même que le personnage du vieux professeur Joe Ridgeway et de Lucas Caravaggio) que l’histoire de Locke & Key va au delà du petit groupe des enfants Locke pour être en réalité un drame inter-générationel comme nous le montre cette planche magnifique de La Tempête de William Shakespeare qui dépasse le cadre de la représentation théâtrale pour devenir une lutte entre deux amis.

On s’en doutait quand, dans Bienvenue à Lovecraft, nous découvrions sur une photo de la troupe de théâtre dans lequel jouait Rendell Locke, un personnage, Lucas Caravaggio, qui ressemblait étrangement au mauvais génie caché au fond du puits qui manipulait Sam Lesser et Bode Locke. Dans ce deuxième tome le doute a cédé la place à la certitude, Lucas Caravaggio est un être terrible qui use des pouvoirs des clés afin de se venger et de concrétiser un vieux projet. Ce tome sera donc l’occasion de découvrir la vilenie de ce personnage qui n’hésitera pas à user des moyens les plus extrêmes pour arriver à ses fins ; le meurtre bien sûr, mais surtout la manipulation mentale dont la pauvre Ellie Whedon est la victime.

De leur coté, les enfants Locke ne se doutent pas que leur nouvel ami, Dodge, est en fait Lucas Caravaggio. En se liant d’amitié avec les enfants Locke ce dernier se rapproche de Keyhouse et de ses clés. Les clés justement, ces pivots de l’histoire qui ornent la couverture de chaque tome et dont chacune d’elle détient un grand pouvoir qui lui est propre. Nous avions découvert la clé passe-partout et la clé fantôme, voici maintenant la clé de tête, une clé permettant d’ouvrir le crâne d’un individu afin de lui mettre ou de lui ôter des souvenirs, des connaissances voire même des sentiments.

Bode Locke utilise la clé casse-tête

Si l’idée est brillante, son exécution et sa représentation graphique par Gabriel Rodriguez est tout simplement remarquable. Si Joe Hill usait de son talent de narrateur pour traiter de la thématique du deuil chez différents personnages dans Bienvenue à Lovecraft, Rodriguez va utiliser ici toute la puissance du dessin pour illustrer les mécanismes de la peur chez un adolescent, ou de l’imaginaire chez un enfant. La représentation du pouvoir de la clé de tête est à la fois terrifiante et fascinante autant pour le lecteur que pour les personnages eux-mêmes qui ne manqueront pas de trouver une utilité certaine à cette clé. Si Tyler s’en sert pour rattraper ses cours, Kinsey quant à elle va y trouver le moyen de fuir ses peurs et ses angoisses. La représentation concrète et physique de ces dernières donne lieu à une des scènes les plus intéressantes de ce tome ; bien sûr Lucas Caravaggio y trouvera un moyen utile pour arriver à ses fins.

Locke & Key – Casse tête s’apparente donc comme une sorte de pause dans l’intrigue globale de la série nous permettant avant tout d’en apprendre plus sur le passé de la ville de Lovecraft et de certains de ses habitants, tout en continuant à développer ses personnages principaux et à lancer des pistes pour une suite qui s’avère, à l’image de la pièce de théâtre citée dans ce tome, être une tempête prête à gronder.

 

 

A l’intérieur de la tête de Bode

 

 

Locke & Key – Casse-Tête (Milady Graphics, IDW Publishing)

Ecrit par Joe Hill

Dessiné par Gabriel Rodriguez

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