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On a lu… Lost Seven (T. 1 & 2) de Kazuki Nakashima et Ko Yasung

On a lu… Lost Seven (T. 1 & 2) de Kazuki Nakashima et Ko Yasung

Note de l'auteur

lost-seven-1-dokiDoki-Doki dégaine sa relecture d’un des contes les plus célèbres des frères Grimm et il aurait aussi bien plus s’intituler « Blanche-Neige et les sept mercenaires » ou encore « Blanche-Neige et les sept samouraïs ». Lost Seven se réapproprie l’univers des auteurs dans un shônen en quatre tomes. Malgré l’impression de bouillie référentielle à l’œuvre des célèbres conteurs, ces deux premiers tomes parviennent à conserver notre attention, grâce à quelques rebondissements efficaces.

 

Oubliez la jeune et frêle potiche à la sauce Disney. Oubliez Prof, Simplet, Atchoum et toute la clique. Oubliez le prince charmant. Bref, oubliez tout ! Ici, Blanche-Neige accompagnée de ses fidèles nains/mercenaires/samouraïs, part à l’assaut du château enfin d’en déloger la méchante Reine Rose, usurpatrice du trône. Mais la mission s’avère être un semi-fiasco car si cette dernière est tuée, Blanche-Neige y perd également la vie. Pire, le Miroir de Sephiroth laisse s’échapper une horde de démons et les compagnons de la princesse se séparent suite à ce cuisant échec. Dix années s’écoulent et Tanlo, l’un d’entre eux, sauve une jeune demoiselle en détresse, qui n’est autre que la fille unique de la Reine Rose. Il y voit l’occasion de se racheter et s’en va quérir l’aide de ses anciens frères d’armes pour terminer ce qu’ils avaient entreprit dix ans auparavant. Après un prologue vite expédié et assez catastrophique dans lequel les auteurs tentent de poser maladroitement les bases et les enjeux de leur récit, Lost Seven parvient à trouver son rythme. En nous balançant au cœur de la bataille sans vraiment nous présenter les protagonistes, les mangakas manquent l’occasion de nous inclure d’entrée de jeu dans leur histoire. On ne sait pas vraiment qui fait quoi, ni dans quel but. La méchante est tout simplement méchante sans que l’on sache réellement ses raisons et bien entendu, les gentils sont tout bonnement gentils. Le titre ne se défait pas du manichéisme inhérent au genre mais cela semble être plus le résultat d’une certaine paresse qu’autre chose.

 

LOST-SEVEN-1Par la suite, une fois l’ellipse de dix ans passée, Lost Seven prend enfin le temps de s’arrêter sur ses personnages et ce qui les anime. On fait donc la connaissance de Tanlo qui, suite à la bataille, s’est retrouvé téléporté à l’autre bout du monde, en raison d’une malédiction. En preux chevalier qu’il est, il vient en aide à Rose Rouge, en ignorant complètement son identité et sa parenté avec celle à qui il a donné la mort, dix ans auparavant. Celle-ci répond aux critères du shônen avec un caractère bien trempé et une profonde blessure suite à la disparition de sa chère maman, la laissant orpheline. Mais plus encore que la mort de sa mère, c’est la perte de ses nobles privilèges et de sa vie de château, qui semble vraiment lui rester en travers de la gorge. Au-delà de l’habituelle dynamique compliquée du duo, ce qui intéresse plus particulièrement ici, c’est la relation entre une victime et un bourreau. Le Bien en triomphant du Mal a aussi entraîné son lot de malheurs. Dans cette configuration, le titre a la possibilité d’apporter à son récit quelques zones grises dans un monde implacablement manichéen. Mais s’en saisira-t-il ? Après lecture de ces deux premiers tomes – rappelons que nous en sommes donc à la moitié de l’histoire, on constate que Lost Seven ne tire pas pleinement parti de cette idée. C’est finalement plus du côté des anciens compagnons de Tanlo qu’il faut aller chercher. Les années ont laissé place, pour certains d’entre eux, à une certaine amertume, voire une résignation face au monde qu’ils ont partiellement engendré. Mais encore faut-il que les uns et les autres soient toujours en vie…

 

Ko Yasung, dessinateur coréen de Redrum 327, propose un trait dynamique et affirmé. Le chara-design évoque parfois celui de CLAMP. Malheureusement, il n’est pas toujours de qualité égale. Certaines approximations et maladresses graphiques entachent quelque peu un travail artistique globalement fouillé et agréable. Ces deux premiers tomes de Lost Seven nous laissent donc le cul entre deux chaises, entre un classicisme paresseux et une envie de réinventer ce classique de la littérature enfantine. Sachant qu’on est à mi-parcours, on peut encore espérer…

 

Lost Seven (T. 1 & 2) de Kazuki Nakashima et Ko Yasung, aux éditions Doki-Doki

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