On a lu… Lucika Lucika (T. 3) de Yoshitoshi ABe

On a lu… Lucika Lucika (T. 3) de Yoshitoshi ABe

Note de l'auteur

9782355926327_cgNous voilà déjà arrivés au troisième tome des aventures de la plus attachante des gamines dans le monde merveilleux des mangas. Pour le moment, on garde exactement la même recette en y ajoutant quelques nouveaux ingrédients. Ça fonctionne toujours aussi bien mais pour combien de temps…?

 

Bien que tout tourne autour de la petite Lucika et de son esprit curieux, son entourage commence peu à peu, à trouver sa place dans les différentes saynètes qui composent le récit. Dans les précédents tomes, nous découvrions son frère et sa sœur ainsi que le père de famille, mais pour le moment aucune trace de la figure maternelle. C’est d’ailleurs cette absence qui profite à l’imagination débridée de Lucika. Souvent livrée à elle-même, elle s’invente un monde et appréhende son environnement sans que quiconque ne puisse réellement contre-balancer ses délires enfantins. Heureusement, le temps passé avec les membres de sa famille la rappelle à la réalité et ses confrontations au réel sont souvent sujettes à la plaisanterie. Les faces-à-faces avec son frère font régulièrement mouche et pour peu qu’on essaie de comprendre Lucika, on est vite attendris et amusés par ses réactions.

 

Le petit nouveau de la famille, dans ce tome, est un caméléon acheté par son grand frère. La petite fille découvre un animal qui lui est inconnu et c’est bien évidement la porte ouverte à tous les délires. Lors d’une scène plutôt fun, alors que que le reptile est sorti de son vivarium, Lucika ne le trouvant pas, s’imagine qu’il a pu prendre l’apparence de n’importe quel objet, allant jusqu’à se dire qu’il aurait pu prendre l’apparence de son frère. Finalement, si ça trouve, dans notre vie de tout les jours, les caméléons sont partout et nous épient… C’est sur, ça fait réfléchir… La facilité qu’a l’auteur à se fondre dans l’esprit d’un enfant est déconcertante. Souvent juste dans son propos, ABe laisse libre court à son imagination, sans retenue.

 

Malgré tout, arrivés à la fin du tome, deux choses nous traversent l’esprit. D’abord, on se dit que la lecture n’a pas duré bien longtemps. Chaque tome n’est pas bien gros (certes, l’épaisseur ne fait pas tout) mais en un gros quart d’heure, c’est déjà fini et c’est pour le moins frustrant. Ensuite, on s’interroge sur la capacité du titre à évoluer… Oui, c’est publié chez Ki-oon dans la catégorie Kids et donc on sait à quoi s’attendre mais on est également en droit d’espérer que le titre se développe et qu’un récit plus conséquent et ténu, s’installe. Pour autant, c’est toujours un plaisir de se laisser bercer par les délires de cette fillette totalement hallucinée et hallucinante et la qualité de l’impression et de l’édition y sont pour beaucoup. Le dessin naïf mais totalement maîtrisé de ABe et le fait que le titre nous soit intégralement proposé en couleur sont autant de qualité qui rendent ce titre encore plus singulier.

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