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On a lu… Malicious Code (l’intégrale en 4 tomes) de Masahiro Ikeno

On a lu… Malicious Code (l’intégrale en 4 tomes) de Masahiro Ikeno

Note de l'auteur

2921Masahiro Ikeno, l’un des invités de la Japan Expo 2013, était venu sur le stand de l’éditeur français Komikku pour présenter son shônen, Malicious Code. Après 4 tomes assez intenses en action, remplis de scènes de fight bien senties et de personnages plus ou moins charismatiques, que reste-t-il de ce titre ?

 
En 2034, le bus scolaire dans lequel se trouve Hiiro Sasaki est attaqué par une mystérieuse jeune femme aux yeux rouges. En fait, de jeunes adolescents se trouvent être les hôtes d’un virus informatique qui leur confère des capacités particulières. Plus ils font appel à leurs pouvoirs, plus le virus les ronge et les rapproche inexorablement d’une mort certaine… La solution ? Effectuer une mise à jour grâce au cadavre d’un autre porteur du fameux virus. Une poignée d’ados se retrouve donc enfermés dans la ville de Tokyo qui a été mise en quarantaine lorsque le virus s’est déclaré dix ans plus tôt et se voit dans l’obligation de s’affronter. Principe de base plutôt classique et personnages archétypaux au sommaire de ce titre de sci-fi qui recèle néanmoins quelques bonnes surprises.

 

Concernant les personnages, comme je le disais, nous sommes en présence de figures récurrentes de ce type de manga : un jeune héros inexpérimenté mais plein de potentiel, un side-kick nerveux et acariâtre, une jeune fille qui ne sert à rien d’autre qu’à avoir des emmerdes et une tripotée de bad guys sadiques, qui aiment se battre, à la solde d’un super-vilain surpuissant. Les habitués ne risquent pas d’être déstabilisés car on avance en terrain ultra-connu et balisé. De ce point de vue, clairement, on est en droit d’en attendre plus… Se retrouver avec des protagonistes aussi clichés dans 80 % des shônen finit vraiment par lasser le lecteur. Comme si, avec Dragon Ball, Akira Toriyama avait cristallisé (à tout jamais) ce qui constitue la caractérisation de personnages fictifs et les relations qui régissent un groupe dans un shônen. Cela fait maintenant 30 ans qu’on a droit à l’éternelle confrontation (mêlée de haine et d’admiration) entre le héros et son nemesi : Goku/Vegeta, Naruto/Sasuke, Natsu/Grey, bref les exemples sont légion et il serait vraiment temps de passer à une autre dynamique.

 

malicious-code-3996763En termes d’histoire, pas de quoi tomber de sa chaise même si le récit se suit avec plaisir. Le souci du détail apporté à l’univers ainsi que le travail effectué au niveau du virus et ses conséquences apportent une réelle cohérence à l’ensemble. Masahiro Ikeno est maître de son œuvre et nous amène là où il le souhaite. N’hésitant pas à sacrifier certains de ses personnages en cours de route, l’auteur a eu une bonne idée avec cette histoire de mise à jour. Non seulement il faut survivre mais en plus de ça, il faut faire évoluer son Code tout en pensant à faire des MAJ régulières. Les scènes de baston sont d’ailleurs carrément impressionnantes. Avec leurs pouvoirs de force, de défense, d’illusion ou encore de maîtrise de la matière, les combattants se font valdinguer et s’encastrent dans les murs délabrés du quartier de Shibuya à Tokyo. C’est brutal, ça va vite, c’est bien chorégraphié et le graphisme sert le propos à merveille.

 

En effet, le dessin de Ikeno est de grande qualité, fourmillant de détails. Les arrière-plans de la capitale nippone ravagée par dix ans d’affrontements sont un parfait terrain de jeu, quant au chara-design, il évoque à certains moments celui de Takeshi Obata (Death Note). Le trait est fin et précis mais devient plus épais et agressif lors des phases d’action, qui ne perdent rien en lisibilité. Mais la spécificité du mangaka, c’est l’utilisation de screentone ainsi que le travail sur la mise au point. Comme au cinéma, il aime faire le focus en laissant des zones de flou, afin d’attirer le regard du lecteur. Un procédé que l’on doit notamment à la palette graphique qu’utilise l’auteur. Car oui, la majorité, voire l’intégralité de son travail est fait par ordinateur. Un petit mot concernant la fin du titre (pas de panique, aucun spoiler) qui laisse complètement dubitatif comme si Masahiro Ikeno n’avait pas vraiment eu le temps de clôturer son récit. Et c’est quand même bien dommage.

 

En définitif, Malicious Code est un titre sympathique à défaut d’être un hit, mais une chose est sûre, Masahiro Ikeno est clairement un auteur à suivre.

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