On a lu… My Hero Academia (T. 1 & 2) de Kohei Horikoshi

On a lu… My Hero Academia (T. 1 & 2) de Kohei Horikoshi

Note de l'auteur

8cy5ElpNAprès le méga-hit One Punch Man, publié chez Kurokawa en début d’année, c’est au tour de l’éditeur Ki-oon de dégainer son gros calibre. Fort d’un carton hallucinant au Japon, la nouvelle génération de super-héros « made in » Shonen Jump, débarque en France auréolée d’un statut de véritable phénomène. L’éditeur ne s’y est pas trompé puisque presque quinze jours après sa sortie, le manga réalise un démarrage historique, en devenant le 5ème meilleur de tous les temps en France. Pas moins que ça ! Mais est-ce mérité ? Tiens-t-on le digne successeur de One Piece et Naruto comme certains, à commencer par Masashi Kishimoto himself, semblent le dire ? My Hero Academia est-il la sensation shônen que tout le monde attend ? Après une lecture attentive de ces deux premiers tomes, je serai tenter de répondre, oui !!!

 

L’éditeur avait préparé le terrain pour l’arrivée de son poulain, depuis plusieurs mois déjà. Ki-oon croyait en lui et il a d’ailleurs décidé de tirer à 50 000 exemplaires chacun des deux volumes, pour le plus gros lancement de son histoire, le 14 avril dernier. Comme je le disais un plus haut, la maison d’édition savait qu’elle était en possession d’un énorme rouleau compresseur et a eu vraisemblablement raison de parier dessus. Face aux acquisitions et aux cartons de Kurokawa et Ki-oon, les vétérans que sont les éditeurs Glénat et Kana, ont du souci à se faire. Aux manettes de ce nouveau best-seller, on retrouve Kohei Horikoshi, dont c’est ici la troisième série. Si Crazy Zoo et Barrage n’ont pas connu le succès escompté, My Hero Academia est son premier gros carton et pas des moindres. Véritable raz-de-marée au Japon, il se classe parmi les meilleurs titres dans de nombreux concours et top. La success story est en marche. Le titre, dans la plus pure tradition shônen, opère une greffe réussie entre manga et comics. La filiation la plus évidente côté américain, est bien sûr celle avec X-Men, aussi bien dans la thématique que dans le traitement. Côté japonais, on pense effectivement à Naruto ou One Piece, avec une galerie déjà impressionnante de personnages hauts en couleur.

 

boku-no-hero-academiaMy Hero Academia nous immerge dans un monde où 80 % de la population possède un super-pouvoir, appelé alter, qui apparaît durant les premières années de vie. Cette nouvelle donne a amené la société à évoluer afin d’intégrer au mieux, ces nouveaux super-humains et leurs diverses capacités. Les super-héros pullulent afin d’arrêter certains énergumènes qui ont préféré se tourner du côté obscur de la force. Face à leurs idoles, les gamins rêvent eux aussi de devenir les futurs sauveurs de la nation. Parmi eux, Izuku Midoriya souhaite plus que n’importe qui devenir un héros. Le seul petit problème, Izuku fait partie des 20 % qui n’ont pas développé d’alter. Mais tout cela va changer lors de sa rencontre fortuite avec All Might, le plus célèbre et apprécié des super-héros. Celui-ci va lui transmettre son alter, le « One For All », lui permettant de décupler considérablement sa force. Grâce à ce don parfaitement inattendu, le jeune garçon va pouvoir passer l’examen d’entrée au prestigieux lycée Yuei, qui forme la crème de la crème des héros de demain. My Hero Academia épouse son sujet et suit l’apprentissage d’un héros étape par étape. De la passation de pouvoir à la difficulté de le maîtriser, des entraînements de simulation jusqu’à la mise en pratique face à de réels bad guys, le titre ne nous épargne rien et prend le temps de développer son univers super-héroïque.

 

42-43En fait, My Hero Academia, s’est un peu l’anti-One Punch Man. Alors que le titre de ONE et Murata se veut une relecture postmoderne du shônen, qui prend à revers tous les codes du genre, celui de Horikoshi joue au contraire à fond le jeu. Là où l’entraînement de Saitama est résumé dans un long monologue d’une ou deux pages, ici il est la moelle épinière du récit. Dans le même type d’opposition, Genos, le sidekick de Saitama lui est entièrement dévoué alors qu’Izuku doit subir les coups de sang de Katsuki, un élève de sa promo, qui a pour seul obsession de l’écraser. À ce titre, les nombreux personnages ont tous l’occasion d’exister et la découverte de leurs différents pouvoirs a forcément quelque chose d’excitant. Qu’ils soient professeurs ou élèves, ils sont autant de personnalités singulières aux capacités bien distinctes. On sent que le mangaka s’est fait plaisir pour créer son monde. Les phases de simulations dans différents cas de figure et sur tout type de terrains sont inventives et maîtrisées. Pour le moment, hormis la formation des apprenti-héros, le manga ne possède pas encore de réelle ligne directrice mais le récit est suffisamment étoffé et dense pour que l’on ne s’ennuie pas. La deuxième moitié du second tome ouvre les hostilités en beauté avec l’arrivée inopinée d’une horde de super-vilains, laissant entrevoir le potentiel des bastons à venir.

 

Petit détour par la case dessin, sur lequel Kohei Horikoshi fait un excellent boulot. Là encore, il reste fidèle à l’esthétique shônen avec un trait fort et vif. Il nous gratifie de quelques planches pleines de fureur dans une mise en page fluide et en mouvement. Côté chara-design, le dessinateur a laissé libre court à son imagination pour nous pondre des looks aussi badass qu’improbables. Bref, oui, My Hero Academia est LE shônen tant attendu. Immersifs et maîtrisés, ces deux premiers tomes donnent une furieuse envie de lire la suite. Sans forcément chercher à le comparer à ses illustres aînés, le nouveau venu du catalogue Ki-oon, n’a clairement pas usurpé son statut de manga phénomène. Ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais il semblerait que la relève soit assurée.

 

My Hero Academia (T. 1 & 2) de Kohei Horikoshi, aux éditions Ki-oon

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