On a lu n°54

On a lu n°54

Note de l'auteur

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, « On a fait le tri » revient sur les sorties de la planète BD.

SALADE CESAR

Le titre et le dessin de couverture disent beaucoup de l’univers dans lequel les auteurs vont vous faire rentrer. Rapidement. Sans temps mort. Bienvenue dans un monde loufoque où la grande Histoire n’est qu’un vague prétexte pour en faire de bien plus drôles. Tout est tourné à la dérision, rien n’est vraiment sérieux dans ce récit où le fil rouge demeure la volonté de Brutus d’assassiner son « père » Caius Julius Caesar.

Pour le reste, les gags, les jeux de mots et le comique de situation sont utilisés souvent à bon escient pour faire passer un très agréable quart d’heure. On a ri, souvent, d’un rire sans prétention mais d’un bon rire basé sur pas mal d’absurde. On y a vu un cousinage extrêmement actif avec la série Kaamelott ce qui est un gage absolu de qualité. Juste un très bon moment avec un César totalement démythifié en imbécile près du bonnet qui ne pense qu’à ses pectoraux. Savoureux !

Écrit par Karibou
Dessiné par Josselin Duparcmeur
Édité par Delcourt

LE TUEUR AFFAIRES D’ÉTAT – 2. CIRCUIT COURT

Le Tueur est-il enfin rangé des bécanes depuis qu’il a été embauché par la Direction générale de la sécurité extérieure ? Pas le moins du monde. Il vit planqué au Havre avec une couverture de cadre supérieur dans une entreprise innovante. Mais chassez le naturel et il revient au galop. Dans un cadre, cette fois, plus règlementaire, il est chargé de remonter une filière de trafiquants d’armes qui vendent des armes à des barbus. Face aux voyous de banlieue et aux apprentis djihadistes, la cellule de la DGSE court de grands risques.

Dans cette nouvelle saison de Le Tueur, le héros doit désormais faire le bien face aux politiciens véreux et clientélistes et au crime. Pas facile de se frayer un chemin de vertu. Une BD bien dans l’air du temps et qui ne manque pas de souffle alors que l’on joue le quinzième épisode.

Écrit par Matz
Dessiné par Luc Jacamon
Édité par Casterman

VIRUS – 2. SÉGRÉGATION

La croisière ne s’amuse plus. Mais alors plus du tout. Le virus génétiquement modifié se répand sur cet énorme paquebot et les premiers effets délétères se font jour. Les malades ne sont plus soignés, les morts sont stockés dans la piscine géante et la folie s’empare des milliers de personnes prisonnières de ce bateau complètement à la dérive. Le personnel d’encadrement tente bien de circonscrire l’incendie d’insoumission. Comment vont réagir les autorités terrestres ?

Ce huis-clos, assez malheureusement d’actualité, devient étouffant et les êtres humains se révèlent dans ce type de crise que beaucoup de scénarii nous ont déjà décrit mais qui se traduit dans la réalité. Si on adopte les mêmes réactions que nos semblables sur le Babylon of the seas, on est franchement mal pour la suite sur notre bonne vieille planète. Angoissant.

Écrit par Sylvain Ricard
Dessiné par Rica
Édité par Delcourt

NEW CHERBOURG STORIES – 2. LE SILENCE DES GRONDINS

Mais où sont donc passés les Grondins ? Pas Willy Grondin, ex-gardien du FC Nantes, non, plutôt ce peuple de créatures sous-marines aux pouvoirs si troublants qui collabore avec les humains. Eh bien, il faudra tourner quelques pages pour avoir la réponse. Car jusque-là, on s’intéresse davantage à Julienne, l’espionne exploratrice, et aux frère Côme et Pacôme Glamère, ces agents du contre-espionnage qui se changent en statue lorsqu’un danger les effleure. Un nouveau robot, mis au point par les chantiers navals de New Cherbourg, est testé sauf que rien ne va se passer comme attendu. Quant aux Grondins, ils en sont à se mater « Chérie, j’ai rétréci les gosses ». Une nouvelle aventure beaucoup plus palpitante que le cultissime navet de Joe Johnston.

C’est toujours aussi étrange, toujours à la frontières des genres mais cela fonctionne toujours autant.

Écrit et dessiné par Romuald Reutimann et Pierre Gabus
Édité par Casterman

LES FRERES RUBINSTEIN – 2. LE COIFFEUR DE SOBIBOR

L’histoire des frères Rubistein, qui court de 1927 à 1948, prend un peu plus d’épaisseur avec ce deuxième tome. On en apprend davantage sur la destinée de cette fratrie juive pendant les années noires de la première moitié du XXe siècle. On se penche plus particulièrement sur Moïse Rubinstein, enfermé au camp de Sodibor dans le Sud-Est de la Pologne pendant la Deuxième Guerre mondiale. Coiffeur un peu sur le tard, il est affecté aux petits soins capillaires des officiers nazis…

Par un incessant jeu de flashbacks, on dénoue les fils de son aventure et on découvre ce destin tumultueux. Ce triptyque en est à son milieu et le scénario en devient passionnant. Cette façon de donner des indices sur la vie de ces jeunes héros au goutte-à-goutte apporte énormément au récit de cette belle saga qui consacre la fraternité.

Écrit par Luc Brunschwig
Dessiné par Étienne Le Roux et Loïc Chevallier
Édité par Delcourt

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