On a lu… Nozokiana (T. 12) de Wakoh Honna

On a lu… Nozokiana (T. 12) de Wakoh Honna

Note de l'auteur

nozokiana,-tome-12-614528Aujourd’hui, un «On a lu…» sous le signe du sexe puisque l’on va causer de Nozokiana, le seinen ecchi de Kurokawa. Le mot «ecchi» qui signifie lubrique ou pervers suivant les traductions, parle de lui-même. Durant une longue période, les éditeurs se sont montrés frileux quand à la publication de ce genre de titres à caractère érotique, voir pornographique. Aujourd’hui, un peu moins, notamment avec l’essor des titres yaoi et yuri, qui mettent en scène des relations plus ou moins ouvertement homosexuelles entre femmes ou hommes. Attention, cet review est classée X…

 

Résumons rapidement la situation: Tatsuhiko Kido, un jeune étudiant débarque à Tokyo et découvre alors un trou dans le mur de son nouveau studio. En y jetant un œil, il découvre sa magnifique voisine qui s’en rend compte. Commence alors un jeu de voyeurisme et de chantage entre les deux voisins, joliment emballé dans des réflexions, des questionnements et des scènes de cul. Dans ce douzième et avant-dernier tome de Nozokiana, on s’arrête sur le personnage d’Emiru, une jeune fille en pleine floraison mais qui cache un passé douloureux. Le lecteur pénètre ses pensées et devient le témoin privilégié de ses premiers émois. A travers un flashback, il découvre les événements qui sont à l’origine de sa tourmente. La relation pleine d’ambiguïté avec son demi-frère nous ramène à une certaine vision du sexe, qui souvent dans le manga ou la japanimation, se vit dans l’interdit. La relation toujours borderline ou carrément incestueuse entre frère et sœur, qui peut paraître malsaine pour beaucoup, est pourtant une figure récurrente dans ce type de récit. La transgression et l’interdit, véritable viagra du genre, servent à libérer des pulsions et assouvir des fantasmes inavouables.

 

largeBon, avouons-le clairement, le récit ne repose presque que sur des scènes hot interchangeables, des petits coups rapides qui laissent peu de place au vrai fantasme. Tout les états d’âme de ces adolescents en rûte ainsi que tout leurs petits traumatismes ne servent que de faire-valoir à un fan-service débridé et omniprésent. On sent bien que l’auteur cherche à enrober son porno de considérations plus profondes et de réflexions sur le voyeurisme mais c’est pour mieux exploiter les vices cachés de ses personnages. Les planches regorgent de poses lascives, de paires de seins volumineux et de fesses rebondies. Sous la douche, entre filles, au bureau, à l’hôtel ou en mode exhibitionniste, Wakoh Honna multiplient les plans cul dans un récit qui bande un peu mou. L’histoire ne passionne pas et ces amourettes quelque peu puériles aboutissant irrémédiablement sur du sexe, peinent à convaincre. Il faut dire que je ne pense pas vraiment être la cible de ce type de lecture mais je suis un explorateur, je tente, moi… Même pas peur!

 

En revanche, le ecchi n’est pas du hentaï et par conséquent vous ne verrez pas d’organes génitaux, souvent cachés par des bulles de dialogues ou une quelconque astuce graphique. Il est également de coutume pour le genre afin d’éviter la censure, de laisser carrément une place vide entre les cuisses. Au final, un tome sans grande surprise, qui reste dans la lignée du titre. Wakoh Honna tente de relier ses scènes coquines grâce à une intrigue parfois digne d’un soap. Malgré tout, pour ceux et celles qui aiment être émoustillés par leur lecture du soir, Nozokiana parviendra peut-être à leur donner quelques frissons. Pour des nuits réellement torrides, on repassera.

 

Nozokiana de Wakoh Honna aux éditions Kurokawa

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