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On a lu… One Piece. La seconde partie de tous les dangers…!

On a lu… One Piece. La seconde partie de tous les dangers…!

Note de l'auteur

Lorsque j’ai pensé à écrire cette chronique, j’ai été pris d’un vertige tant la tâche m’est apparue insurmontable! En fixant ma mangathèque (oui, j’ai définitivement adopté ce terme), je me suis rendu compte qu’il m’était impossible de repartir à zéro, que j’avais sué sang et eau pour en arriver à ce stade de la série. Pourtant mon envie d’écrire sur le sujet ne m’a pas quitté car One Piece le mérite. Car One Piece, c’est une œuvre-monde, un univers passionnant. Alors sortez le rhum et le bourbon, on y va!

Pour les moins connaisseurs d’entre vous, le titre One Piece doit vaguement évoquer quelque chose ou tout du moins, l’avez-vous déjà entendu. Alors rapidement, One Piece c’est quoi? C’est un manga écrit par Eiichiro Oda, disciple de Akira Toriyama. Commencé en 1997 au Japon, il débarque en France chez l’éditeur Glénat en 2000. Prenant place dans le monde de la piraterie, on y suit les aventures de Monkey D Luffy, jeune garçon naïf et irréfléchi aspirant à devenir le Roi des Pirates, et ainsi succéder à Gol D Roger, exécuté des années plus tôt. Avant sa mort celui-ci annonça que quiconque trouverait son trésor le One Piece, deviendrait le nouveau Roi des Pirates. Luffy dépasse souvent pour notre plus grand plaisir, les frontières de la stupidité et de la précipitation au détriment de la réflexion. Il possède une force et une résistance prodigieuse dues au Fruit du Démon du Gum-Gum, qui lui confère un corps entièrement élastique. Il existe un grand nombre de Fruits du Démon, donnant à ceux qui les mangent des propriétés ou pouvoirs spécifiques. Du coup, il n’est pas le seul prétendant à la place tant convoitée de Roi des Pirates et les équipages qui sillonnent les mers recèlent de terribles combattants. Pour compléter le tableau, les océans sont régis par le Gouvernement Mondial, sorte de super police mettant des primes sur les têtes des pirates les plus dangereux. Vous connaissez la base. Efficace non? J’ai vraiment fait au plus simple, je vous assure!

Alors il est bon de savoir que One Piece c’est le manga le plus vendu de l’histoire, devant Dragon Ball. C’est aussi des records de parution (280 millions d’exemplaires au Japon). Et c’est une fan base gigantesque. Sur l’archipel nippon chaque tome se classe directement premier le jour de sa sortie. Ce succès est selon moi, amplement mérité car il est évident que je ne me serais jamais tapé 66 tomes si ça n’avait pas été le cas! Même si je dois l’avouer, j’ai été amené à continuer plus que de raison d’autres titres. Alors oui, 66 tomes c’est énorme et ce genre de séries-fleuves finissent souvent par devenir indigestes. Mais ici l’auteur fait preuve de tellement d’inventivité, d’humour et de talent, qu’il ne nous ennuie jamais ou presque. On est loin d’une succession de combats et de level-ups improbables (comme dans Bleach, je balance). Oda prend toujours le temps d’installer les situations ainsi que les personnages et chaque arc porte en lui plusieurs enjeux majeurs. Ici, absolument rien n’est laissé au hasard et tout a une raison d’être dans le récit. One Piece c’est une somme de récits qui écrivent l’Histoire.

Previously in One Piece Luffy et son équipage ont été disséminés aux 4 coins de la planète. Le jeune capitaine pirate atterri sur l’île des amazones et apprend la condamnation à mort de son frère Portgas D Ace. Il pénètre dans la prison d’Impel Down, sorte d’Alcatraz abritant les criminels les plus dangereux de la planète, afin de le délivrer. Trop tard, Ace a était transféré à l’État Major pour y recevoir sa sentence. A ce stade de la série, Oda annonce que nous en sommes au milieu de l’histoire et nous gratifie alors d’un climax absolument vertigineux, réunissant une grande partie de ses personnages pour un affrontement tout bonnement dantesque. Tout le monde se fout sur la gueule dans un joyeux bordel. Complètement démesurée, la bataille offre un spectacle sans pareil. Oui c’est du shônen dans toute sa splendeur et c’est juste jouissif. On a conscience de vivre un moment important, quelque chose d’historique, un combat épique qui changera à jamais la phase du monde de One Piece. Cet arc Ô combien crucial tient en lui la promesse de nous bouleverser et se termine dans la douleur, le sang et les larmes. Les cartes sont alors redistribuées. Rarement un combat aura suscité autant de suspense et d’excitation. Oda maîtrise totalement son œuvre et c’est assez fascinant de voir jusqu’où va la cohérence de son récit même dans ses prises de risques.

J’en arrive aux raisons de mon titre «La seconde partie de tous les dangers». La première fait évidement référence à la route que va emprunter l’équipage, car si la première partie de Grand Line était déjà bien tendue, là ça va devenir carrément coton. Les équipages parvenus jusqu’ici sont les meilleurs et donc les plus dangereux. Dans un précédent arc, on a découvert les 11 Supernovae, pirates les plus forts de leur génération dont les primes atteignent des sommets. Attention, il y a du très lourd. Autre facteur capital, les 4 Empereurs, maîtres du Nouveau Monde, devant qui même la Marine s’écrase. Bref Oda nous promet encore quelques orgasmes geek.

La seconde raison découle de la première. Va t-il réussir à garder un tel niveau jusqu’à la fin et répondra t-il à toutes les questions en suspends? Depuis 16 ans, l’histoire se développe et Oda a créé une véritable mythologie autour de son manga, apportant toujours plus d’éléments à son architecture. Beaucoup de sujets ont été effleurés donc il reste encore beaucoup de matière à exploiter, certes. Mais la barre est aujourd’hui tellement haute qu’on se demande comment il va gérer tout les tenants et aboutissants de son récit. J’en viendrais presque à me dire que l’arc Marine Ford était trop paroxystique… Oui, j’en arrive à me dire des trucs bizarres des fois! Mais c’était tellement gigantesque qu’on se demande ce qu’il va pouvoir nous sortir après. Alors bien sur, j’ai une confiance aveugle en Eiichiro Oda et je suis convaincu qu’il en a encore sous le coude. N’empêche, les interrogations sont nombreuses et les lecteurs attendent des réponses. Que signifie le fameux D que l’on retrouve dans les initiales de certains personnages? Qu’est-ce que le One Piece? Que s’est-il passé durant le siècle manquant? D’où proviennent les Fruits du Démon? J’en passe et des meilleures… Oda Sensei, on croit en vous, ne nous décevez pas!

Et comme j’anticipe, je peux déjà vous apporter un premier élément de réponse. Deux ans se sont écoulés sous forme d’ellipse, durant lesquels chaque membre de l’équipage s’est entraîné afin d’affronter le Nouveau Monde. Le rendez-vous était donné et le tome 61 signa les retrouvailles de notre équipage au complet. Les looks ont évolués et chacun a tiré profit de ces 2 années. Zorro, Nami, Ussop, Sanji, Chopper, Robin, Franky et Brook partent pour l’île des hommes-poissons, menés par un Luffy gonflé à bloc. Sur le fond, c’est intéressant, Oda développe et approfondi les relations entre humains et hommes-poissons et apporte l’éclairage sur un pan de sa mythologie. On découvre les origines du conflit à travers un long flash-back. Par contre, on peut regretter la forme et la durée de cet arc. S’étalant du tome 61 au 66, il est trop long et sert finalement juste de faire-valoir aux membres de l’équipe afin de montrer de manière expéditive leurs nouvelles puissances. C’est une petite déception car on était en droit d’en attendre plus. Après l’intensité des derniers tomes, il était évident que l’auteur offrirait un moment de répit à son histoire, néanmoins les retrouvailles de l’équipage auraient mérité mieux. Petit bémol donc!

Heureusement, la fin du tome 66 apporte quelques réponses et voit l’arrivée de l’équipage sur les mers agitées du Nouveau Monde. A ce stade de parution en France, l’attente va être longue jusqu’au tome 67.

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