On a lu… One-Punch Man (T. 2) de ONE et Yûsuke Murata

On a lu… One-Punch Man (T. 2) de ONE et Yûsuke Murata

Note de l'auteur

One-Punch-Man-2-VizLe super-héros le plus balèze de tous les temps est de retour dans un second tome toujours aussi autoanalytique et barré. Saitama va-t-il enfin trouver un adversaire à sa mesure ? Visiblement, ONE s’éclate comme un petit fou en jouant avec les codes du shônen et Murata montre tout son talent de dessinateur, en alternant des planches à l’incroyable richesse et des dessins nettement plus basiques, qui accentuent une approche résolument comique. Après l’énorme carton du premier tome, l’éditeur Kurokawa peut se frotter les mains d’avoir mis le grappin sur un tel hit.

 

Après un entraînement intensif de trois ans qui lui a fait perdre ses cheveux, Saitama est devenu un super-héros comme il le souhaitait. Seul petit problème, il a atteint un tel niveau qu’il terrasse désormais tous ses adversaires d’un seul et unique coup de poing. Même pas le temps de profiter ne serait-ce qu’un peu du combat puisqu’il se termine avant même d’avoir commencé. Subjugué par une telle puissance, le cyborg Genos lui demande alors de devenir son disciple. Mais Saitama, sorte de loser surpuissant, n’a pas franchement l’étoffe d’un maître en mesure d’assurer un quelconque apprentissage. Bon gré, mal gré, il finit par accepter et, suite aux événements du premier tome, ils se retrouvent tous les deux à devoir affronter la Maison de l’Évolution, un laboratoire cherchant à créer de nouveaux êtres génétiquement modifiés. Alors que Genos se fait quelque peu pulvériser par le Scaravageur, une énorme créature mi-homme, mi-scarabée, Saitama passe à l’action et espère bien profiter de son adversaire.

 

04 Après un premier tome posant les bases du titre, à savoir une dose de méta, du cool, du fun et une déconstruction en règle du shônen, le duo ONE/Yûsuke Murata confirme son savoir-faire. Entre un disciple plus dévoué que jamais et un maître sans envergure, obnubilé par les promos du supermarché, les deux forment un binôme improbable et assez tordant. Même si pour le moment, on enchaîne les scènes de combat dans des séquences quasi indépendantes les unes des autres, l’auteur instille par touche, des éléments qui serviront certainement à l’univers en construction. Dans la droite lignée du premier tome, il prend un malin plaisir à désamorcer et détourner les codes inhérents au shônen, à l’image de la scène où Saitama révèle le secret de sa puissance et son entraînement de trois ans dont la conclusion est assez hilarante. Derrière l’humour se cache un certain portrait de notre société, la parfaite représentation d’une génération quelque peu apathique. Le mangaka se joue des moments clés de ce type de récit et en prend le parfait contre-pied. Une ironie et une humour parfois absurde parfaitement souligné par le dessin de Murata qui saute d’un style à l’autre avec une incroyable aisance. Le titre est un terrain de jeu parfait pour le dessinateur qui passe d’un trait aiguisé et puissant à un graphisme ultra simpliste et carrément enfantin.

 

One-Punch Man est un titre malin, au ton résolument moderne et décalé et ça, tous les éditeurs français le savent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils se sont battus pour l’obtenir. C’est Kurokawa qui a décroché la timbale et vu le carton absolu du premier tome en France (65 000 exemplaires en trois jours seulement), l’éditeur n’a pas trop de souci à se faire pour les ventes de ce second opus. Reste l’interrogation quand à la capacité du titre à se renouveler et à ne pas tomber dans la facilité. Il va devoir évoluer et dépasser son concept afin de ne pas devenir un shônen de plus. J’ai tendance à faire confiance à ONE et Murata pour transcender leur matériau de base et je suis certain qu’ils en ont encore pas mal sous le coude.

 

One-Punch Man (T. 2) de ONE et Yûsuke Murata, aux éditions Kurokawa

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