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On a lu…Redhand  – Le crépuscule des dieux de Kurt Busiek, Mario Alberti, Sam Timel et Bazal

On a lu…Redhand – Le crépuscule des dieux de Kurt Busiek, Mario Alberti, Sam Timel et Bazal

Note de l'auteur

Couv_247739L’histoire : Il n’a pas de nom, pas de souvenirs, pas de passé et il ne faut pas le faire chier. Rencontré dans un laboratoire abandonné considéré comme un lieu maudit par des villageois fuyant une bande d’esclavagistes, il va démontrer une aptitude au combat hors du commun qui va lui valoir le nom de Redhand (main rouge). Si ses connaissances médicales et ses capacités en matière de défense lui apporte le respect des villageois, son questionnement et sa défiance vis-à-vis des dieux, dont la croyance cimente la civilisation, vont peu à peu lui attirer les foudres d’un prêtre charismatique et désireux de ne pas voir son influence diminuer. Et ce n’est que le début des emmerdes.

Mon avis : Sur la base d’un univers d’heroïc-fantasy qui ne dépaysera pas les amateurs du genre, Kurt Busiek va s’amuser à construire une intrigue qui se trouve dans la droite lignée de ses travaux les plus célèbres. Attaché à l’image du super-héros au sein du quotidien et à son influence sur l’homme, le scénariste américain a su brillamment traiter de ces problématiques à travers des récits tels que Marvels, Astro City et le magnifique Superman: Secret Identity. Si le contexte et l’approche sont différents dans Redhand, la démarche reste la même. À travers un personnage amnésique, jamais influencé par son environnement et libre de toute pensée, Busiek s’interroge sur le pouvoir de la religion en tant que ciment d’une société décrite comme incapable d’évoluer.

Electron libre, Redhand représente donc une menace pour les quelques garants d’une société utilisant la religion comme outil de domination sur la majorité du peuple. Bien plus que les monstres que le héros rencontrera, c’est bel et bien cette élite qui verra dans ce nouveau messie la réelle menace. Bien qu’ayant connu une histoire éditoriale assez chaotique, due à un changement d’équipe créative (Kurt Busiek ayant dû céder sa place à Sam Timel) et à une longue pause, l’intégralité de l’histoire de Redhand tient tout à fait la route. Tout au plus pourra-t-on estimer que la troisième partie aurait gagné à être plus développée. Si on peut reprocher à l’édition intégrale d’être un peu floue quant à l’historique de l’œuvre et de ne pas mettre en évidence les différents chapitres et changements, il n’en reste pas moins que le scénariste de Milan K succède parfaitement à Busiek et prolonge l’œuvre d’une telle façon qu’on se rend difficilement compte de la différence.

486_2_concoursAu final, Redhand peut se voir comme une fresque épique divisée en trois grandes parties dont l’intérêt se trouve dans la découverte pour le lecteur des tenants et des aboutissants de cet univers. Des révélations distillées au compte goutte qui nous font découvrir peu à peu une vérité sinon attendue, en tout cas fort efficace. L’image de fin est à ce titre une bien belle conclusion qui rappelle à l’auteur de ces lignes le final d’une autre classique de la SF : La Planète des singes. On regrette toutefois l’ajout d’une chronologie en bonus qui distille des informations qu’on aurait préféré découvrir au sein même de l’histoire. Jonglant habilement entre heroïc-fantasy, science-fiction et aventure, la série de Busiek et Timel, si elle n’est pas d’une originalité foudroyante n’en reste pas moins d’une efficacité redoutable.

Si vous aimez : La Planète des singes, Conan le barbare et un peu de Spartacus avec ça.

En accompagnement : La bande originale de Nausicaä de la vallée du vent.

Autour de la BD : il s’agit de l’intégrale de la série déjà disponible en trois tomes.

Extrait : « Tu ne comprends toujours pas. Je ne pouvais pas partir. Vous parleriez de moi avec ceux avec qui vous commercez. Ils parleraient à d’autres. Le bruit se répandrait vite […] je serais en sécurité nulle part […] et pour que je vive en sécurité aucun bruit ne doit filtrer. Nul ne doit quitter ce village vivant. »

Sortie : mai 2015. Les Humanoïdes associés. 146 pages. 35 euros.

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