On a lu… Robin – Année Un

On a lu… Robin – Année Un

Note de l'auteur
Robin - Année Un

Robin – Année Un

C’est la rentrée pour tout le monde¹. Ha la rentrée ! C’est synonyme de tristesse, de pluie et de dossier sur le bureau pour beaucoup de gens. Mais pour les plus jeunes c’est une nouvelle année qui commence avec les potes à l’école, les profs chiants ou géniaux, les filles et les garçons à draguer. Même pour les super-héros, c’est la rentrée. On fait ses premiers pas dans son costume, on affronte les vilains, on sauve les gens et on espère que notre mentor notera bien notre travail. C’est ce que  devait penser Robin à ses débuts. Mais si on veut être certain, on peut se plonger dans le récit qui vient de débarquer.

 

« Year One ». Ces deux mots ont une raisonnance particulière pour tous les amateurs de comic-books. Ils portent en eux la promesse d’un récit unique, fort et passionnant. De ce genre d’histoire qu’on relira toujours avec plaisir et dont on découvrira toujours des éléments intéressants. Ils sont la garantie d’une bonne bd, une sorte de label de qualité permettant de conseiller la lecture de l’histoire à quiconque. Car qui dit « Year One » dit forcément Batman : Year One le fantastique arc écrit par Frank Miller et dessiné par David Mazzucchelli.

 

Robin - Year One #1

Robin – Year One #1

Dans cette histoire publiée dans la série Batman (du numéro #404 au #407), le lecteur découvrait comment Bruce Wayne, revenu à Gotham, entame sa croisade contre le crime et décide de porter la cape et le symbole de la chauve-souris. Faisant partie des récits les plus grandioses du personnage (si ce n’est LE plus grandiose), Batman : Year One est l’histoire idéal si on veut commencer à lire les aventures du justicier de Gotham. En un sens il peut être vu comme une préquelle, mais une qui serait bien écrite et magnifiquement dessinée, une belle leçon pour la majorité de ce type de récit qui se révèlent souvent sans intérêt que ce soit en bd, à la télé ou au cinéma.

 

Dans un milieu où l’artistique et l’industrie ne disent jamais non à une partie de jambe en l’air, il était évident que DC Comics allait capitaliser sur l’idée d’un «Year One » appliqué à d’autres héros de son écurie. Ainsi en 2007 fut publié Green Arrow : Year One par Andy Diggle et Jock qui devint la base pour les créateurs de la série Arrow ainsi que pour le magnifique run de Jeff Lemire dont le premier tome est sorti il y a peu. Mais un récit manquait cruellement à l’appel. Aujourd’hui Urban corrige cet erreur et nous offre enfin le fameux Robin : Year One sous le titre Robin : Année Un.

 

Jeune acrobate de cirque, Dick Grayson a vu ses parents abattus lors d’une représentation à Gotham City. Recueilli par le milliardaire Bruce Wayne, Dick perce le secret de sa double identité et devient Robin, le jeune prodige. Mais ses premiers pas en tant qu’assistant de Batman ne seront pas de tout repos.

 

The Gauntlet

The Gauntlet

Dans la continuité des récits Batman : Un Long Halloween et Batman : Amère Victoire, Robin : Année Un va donc nous raconter la première année du « boy wonder » au côté de son mentor. Il faut noter que l’édition que nous propose Urban contient en fait deux récits. Outre les quatre épisodes qui composent la mini-série Year One, on trouve également le one-shot Batman Chronicles : The Gauntlet qui se focalise sur la fin de l’entraînement de Dick Grayson pour devenir Robin. Tel un rite de passage, celui-ci va devoir affronter son mentor afin de prouver sa valeur en tant que partenaire.

 

Récit passionnant dont une grande partie de sa force provient du dessin du trop rare Lee Weeks (qui repris le dessin de Daredevil après le mythique arc Born Again de Frank Miller et David Mazzucchelli en racontant la chute du Caïd), The Gauntlet cumule toutes les qualités qu’on retrouve dans Robin : Année Un faisant de ces deux récits des oeuvres complémentaires. Batman : Year One se consacrait à l’édification du mythe Batman en pleine action et non à ce qui pouvait se passer avant (une des, nombreuses, erreurs du film Batman Begins), de la même manière Robin : Année Un ne s’attarde pas sur la mort des parents de Dick Grayson, son adoption par Bruce et la découverte par le jeune garçon que celui-ci est Batman. Les scénaristes (Bruce Canwell, Scott Beatty et surtout Chuck Dixon) décident de consacrer leur énergie à la façon dont Robin va s’imposer naturellement comme le partenaire de Batman.

 

"The boy Wonder"

« The boy Wonder »

Il est ainsi intéressant de faire un parallèle entre la vie du jeune garçon et celle de Bruce Wayne dans le récit de Miller. Là où ce dernier se construit une personnalité de façade le servant dans sa lutte contre le crime, Dick Grayson nous apparaît très vite comme quelqu’un d’entier et de joyeux.  Son envie de vivre une scolarité normale pour avoir des amis et rencontrer des filles tranche avec le caractère solitaire de son mentor. De la même manière sa mise en image pendant les combats et les rondes de nuit traduise très bien son dynamisme et son aspect lumineux. Cela tout en n’omettant jamais de montrer à quel point Robin est un combattant hors pairs et un partenaire digne de se battre au côté d’un des plus grands super-héros de la Terre.

 

En retrait dans le récit, Batman se montre sévère avec son élève (ce qui provoquera le premier clash entre les deux personnages) mais on se rend rapidement compte de l’importance de Robin dans l’équilibre du chevalier noir. Et si tenté qu’on n’y prête pas attention, Alfred Pennyworth se chargera de nous le rappeler. En effet si le récit s’appelle Robin : Année Un, le majordome tient une place essentielle tout au long de ces pages. Outre qu’il est le narrateur (reprenant là un des aspects de Batman : Year One à savoir la narration par Bruce Wayne et par James Gordon), le majordome tient une place prépondérante dans le récit en tant que figure paternelle pour les deux héros.

 

Year One

Year One

Premier sidekick du genre, Robin fut souvent moqué et méprisé de par son caractère optimiste, ses bons mots, sa tenue et le caractère homosexuel que beaucoup aimerait voir dans sa relation avec Batman. Avec Robin : Année Un, Dixon redonne ses lettres de noblesses à une figure non seulement intéressante mais aussi totalement indispensable à Batman au même titre que Watson l’est pour Sherlock Holmes. Le personnage se révèle être un fier combattant capable de prendre des initiatives et sachant s’en sortir sans l’aide de Batman. Toutefois l’intérêt du récit est également de nous montrer l’influence de Batman sur un jeune homme dont la vie aurait pu facilement basculer dans le crime. Dans le même temps on est aussi questionné quant à l’aspect sacrément glauque d’un héros qui n’hésite pas à entraîner un adolescent dans sa lutte contre le crime.

 

 

 

Composé d’une galerie de vilains qu’on a plaisir à retrouver (Double-Face, Le Chapelier fou), d’une pléthore de bandit et mafieux et d’un rythme qui ne défaille jamais, Robin : Année Un fait partie de ces petits bijoux qui compose la grotte de la chauve-souris. Et comme l’aventure y fait allusion on espère vivement voir arriver une autre « préquelle » : Batgirl – Year One.

 

 

 

Robin – Année Un (DC Deluxe, Urban Comics, DC Comics) contient les épisodes de :

  • Batman Chronicles : The Gauntlet – Ecrit par Bruce Canwell et dessiné par Lee Weeks
  • Robin : Year One – Ecrit par Scott Beatty et Chuck Dixon et dessiné par Javier Pulido et Marcos Martin

Prix : 22,50 €

 

 

¹ Excepté pour l’auteur de ces lignes qui est en train de buller tranquillement sur une plage du Portugal au moment où vous lirez ces lignes.

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