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On a lu… Saint Seiya – Saintia Shô (T. 3) de Chimaki Kuori

On a lu… Saint Seiya – Saintia Shô (T. 3) de Chimaki Kuori

Note de l'auteur

9782368521700_cgAu rythme auxquels se multiplient les titres dérivés de Saint Seiya, c’est presque un tome qui sort par mois. Quand ce n’est pas Lost Canvas Chronicles, c’est Next Dimension, quand ce n’est pas Next Dimension, c’est Saintia Shô. Bref Saint Seiya, c’est un peu devenu le CSI (Les Experts) du manga et de la Japanimation. Aujourd’hui donc, la version shôjo et so girly de Chimaki Kuori, qui, si elle n’apporte pas grand chose de neuf, parvient à rester dans la bonne tonalité. 

 

Eris, déesse de la Discorde apparaît devant Shôko, utilisant comme enveloppe charnelle le corps de sœur, Kyôko. L’apprenti-chevalier ne maîtrise pas encore son cosmos mais son désir de sauver sa sœurette est plus fort que tout et elle part pour le temple d’Eris. Heureusement, le Grand Pope, de son côté, a mandaté Milo, Chevalier d’Or du Scorpion pour aller abattre la déesse. Bon, voilà, voilà… Les dieux tout méchants face à la douce et compatissante Athéna, des chevaliers en pagaille, bref pas de quoi tomber à la renverse. Les ingrédients sont toujours les mêmes, seule la recette varie (un peu). Chimaki Kuori, deuxième dessinatrice à gérer sa propre série estampillée Saint Seiya, offre une vision plus shôjo du titre. Dans l’idée, on finit par se dire, pourquoi pas… On n’est plus à ça près. Arrivé à la fin de ce troisième tome, un constat s’impose. Saintia Shô n’a pas de quoi rougir face aux autres titres de la licence (coucou Next Dimension). Oui, on nous ressort éternellement la même chose mais tant que c’est fait avec un tant soit peu de respect, comme ici, ça peut passer (coucou Next Dimension).

 

En termes de chronologie, le titre tente de raccrocher les wagons avec la série-mère. Il se situe quelques temps avant le début du manga original. En la matière, Saint Seiya fait d’ailleurs très fort puisque tous les titres papiers ou animés, tentent de trouver leur place dans un même univers mis en place mais ne parviennent pas à cohabiter au sein d’une seule et même temporalité. Chaque nouvelle itération autour de l’œuvre finit inexorablement dans la case spin-off (damn you Next Dimension). Du coup, on a beau voir Milo débarquer et Jabu de la Licorne faire une apparition, on sait bien que ce titre n’aura pas d’influence majeure sur l’univers Saint Seiya. Malgré tout, à ce jour, je constate que les meilleures séries sont, selon moi, les deux écrites par des femmes. Loin d’être parfaits, Lost Canvas et jusqu’ici, Saintia Shô ont réussi à rendre un hommage appuyé au titre de Kurumada, tout en affirmant un trait et une sensibilité qui leur est propre. Sans pour autant prendre de trop gros risques, les deux artistes nous offrent avec leurs titres respectifs, des visions fidèles et respectueuses de la mythologie Saint Seiya.

 

Armure_d'Orion_(Saintia-Shô)Ce troisième tome conclut, semble t-il, correctement l’arc avec Eris. On est surpris de voir la déesse se faire battre aussi vite mais dans un sens, plutôt soulagé. Ce personnage déjà vu dans le premier film sorti en 1987, intitulé Eris : La Légende de la pomme d’or, ne fait pas partie des figures emblématiques de la série. Par contre, reste à savoir où la mangaka va partir, puisqu’elle a pris le parti d’avancer en parallèle de la série principale. Va-t-elle favoriser la cohérence avec le titre de Kurumada, ce qui semble très compliqué compte-tenu de la simultanéité des récits ?! Ou alors, va-t-elle partir sur une histoire parallèle mais déconnectée du titre principal ? On ne le saura pas de suite, car le quatrième tome ne sortira qu’en décembre.

 

Un petit mot sur le graphisme, qui là encore, m’a surpris. Avec un trait fin et des lignes épurées, le dessin apporte pas mal de fraîcheur au titre. Saintia Shô reste dans le respect du chara-design original avec forcément, une approche plus féminine. En évitant de verser dans l’archétype du dessin shôjo, Chimaki Kuori parvient à nous balancer quelques planches vraiment belles, dans la plus pure tradition Saint Seiya. Bon, vous l’aurez compris, rien de bien incroyable mais un travail bien fait. Tout comme Shiori Teshirogi, Chimaki Kuori aime profondément le titre de Masami Kurumada et tente de lui rendre hommage du mieux qu’elle le peut et ça se sent. Est-ce suffisant pour faire un bon titre ? Je dirais que pour la licence Saint Seiya, ce n’est déjà pas si mal !

 

Saint Seiya – Saintia Shô de Chimaki Kuori, aux éditions Kurokawa

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