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On a lu… Saint Seiya – Saintia Shô (T. 4) de Chimaki Kuori

On a lu… Saint Seiya – Saintia Shô (T. 4) de Chimaki Kuori

Note de l'auteur

Couv_261145Chimaki Kuori poursuit son « en-même-temps-quel » de Saint Seiya et se retrouve déjà face aux limites d’un tel projet. L’envie de créer un récit original avec des personnages récurrents se heurte à l’univers Saint Seiya préexistants. Bien entendu, il faut prendre Saintia Shô pour ce qu’il est, à savoir un spin-off de plus dans la nébuleuse Saint Seiya mais la volonté de l’intégrer tant bien que mal à l’histoire d’origine, en parallèle de celle-ci, confère au titre, un autre niveau de lecture et un statut un peu différent.

 

A l’heure où j’écris ces lignes, Saint Seiya compte six titres qui lui sont rattachés, sans prendre en compte les séries animées. Ces six titres peuvent être divisés en trois parties, trois « timelines » différentes. Tout d’abord, la chronologie dite canonique, composée de la série-mère de Kurumada et dont Next Dimension est la suite officielle. Ensuite, celle composée des deux titres de Teshirogi, The Lost Canvas et The Lost Canvas: Chronicles, qui se situent avant la première « timeline ». Enfin, la dernière contenant les séries G et G Assassin, de Okada, qui, elles, peuvent être positionnées entre les deux autres chronologies précitées. Mais alors, où place-t-on Saintia Shô dans tout ça ? A priori, on serait tenté de l’intégrer, à juste titre, dans la chrono originelle. Le titre se déroule simultanément avec le Tournoi Galactique et si les trois premiers tomes servaient de préambule à l’histoire, ce quatrième établit de forts liens avec le titre de Kurumada.

 

News37374Maintenant que sa sœur aînée est morte, Shôko est perdue et ne sait plus quelle direction elle doit prendre. D’autant que Saori, la réincarnation d’Athéna, lui demande expressément de ne plus prendre part au combat. Mais l’appel de la chevalerie et de la justice va rapidement se faire sentir et après avoir vu l’affrontement sur le ring entre Seiya et Shiryû, elle va reprendre du service. Le Sanctuaire, les Gold et Silver Saints, le Grand Pope, le Tournoi Galactique, tout est là mais l’histoire qui nous est contée se passe en creux de ce que l’on a déjà lu et vu. Saintia Shô se déroule littéralement dans l’ombre de son aîné. En résulte une difficulté supplémentaire pour trouver réellement sa place. Si les The Lost Canvas et G parviennent à exister et à évoluer indépendamment du titre d’origine, le titre de Chimaki Kuori en semble à ce stade, indissociable. La faute à la simultanéité des événements relatés. Saintia Shô est coincé entre son envie de développer sa propre histoire et le cahier des charges, imposé par l’œuvre canonique.

 

Déjà, la création d’une garde rapprochée, composée uniquement de femmes chevaliers, ne semblait pas, à la base, vraiment en adéquation avec l’univers, pour quiconque connaît un peu Saint Seiya. Tout du moins, pas amenée de la sorte… A l’aube de la Bataille du Sanctuaire, Athéna semble avoir beaucoup à faire pendant que Seiya, Hyoga et les autres s’amusent dans le Coliseum. En dehors des têtes connues, on doit donc se familiariser avec de nouveaux venus, dont l’existence ne convainc pas franchement. Cette histoire dans l’histoire paraît quelque peu à l’étroit dans un récit déjà écrit et bien établit. Jusque là, Kuori parvient à maintenir la tête hors de l’eau mais ce nouveau tome montre déjà les limites du projet. La mangaka va devoir faire des choix et accepter de trahir la « timeline » d’origine. Afin que son titre puisse vraiment trouver sa voie et des enjeux qui lui sont propres, elle va devoir s’émanciper de son modèle. Saintia Shô, malgré sa volonté de rentrer dans le saint des saints, dans LA chronologie Saint Seiya, devra, à l’instar des autres titres, se contenter de n’être qu’un spin-off de plus, une nouvelle étoile vaguement apparentée à la galaxie Saint Seiya.

 

Saint Seiya – Saintia Shô de Chimaki Kuori, aux éditions Kurokawa

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