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On a lu… Saint Seiya – Saintia Shô (T. 6) de Chimaki Kuori

On a lu… Saint Seiya – Saintia Shô (T. 6) de Chimaki Kuori

Note de l'auteur

1507-1Les tomes se succèdent et Saintia Shô, bien incapable de transcender son matériau d’origine, s’enlise irrémédiablement. Chacun des titres de la juteuse licence Saint Seiya semble voué à l’échec, répétant le même schéma et les mêmes erreurs ad nauseam. Après deux ou trois premiers tomes sympathiques, le titre de Chimaki Kuori n’a pas su transformer l’essai et se vautre confortablement dans un fan-service usé jusqu’à la corde pour un résultat sans souffle et sans saveur. Affligeant.

 

À chaque fois que je me plonge dans un tome appartenant à la galaxie Saint Seiya, que ce soit The Lost Canvas Chronicles, Next Dimension ou Saintia Shô (oui, j’ai fait l’impasse sur G Assassin), j’ai tout au fond de moi, une infime lueur d’espoir, de celle du fan qui espère sans trop y croire que l’univers si cher à ses yeux, se redresse, après tant d’années de maltraitance. Ne vous méprenez pas, ceci n’est pas de la naïveté mais plus l’illustration d’une immense frustration vis-à-vis d’un réel gâchis. Saint Seiya avait de solides fondations qui auraient pu amener à un splendide édifice mythologique dans lequel chaque titre aurait été une pierre soutenant une autre. Au lieu de cela, on se retrouve devant une construction en ruine. Les titres ne se soutiennent, ni ne se complètent, au contraire, ils empiètent les uns sur les autres, allant jusqu’à se contredire ou au contraire photocopiant des éléments à l’infini. Bref, la galaxie Saint Seiya, bien qu’elle continue de s’étendre, ne brille plus franchement depuis quelques années.

 

CHzODJYUkAA7Df2Et Saintia Shô dans tout ça ?! Eh bien même topo… Après une Bataille du Sanctuaire expédiée en un petit tome, car je le rappelle le manga se situe en parallèle du titre original, voilà que la déesse Eris retrouve le chemin de la Terre pour revenir semer la graine de la discorde. Rebelote, un temple apparaît, cette pauvre Saori/Athéna se sacrifie pour protéger les humains et vous connaissez la suite. Après avoir tenté de coller, difficilement, aux événements principaux de Saint Seiya, Kuori décide de lâcher l’affaire et repart directement sur autre chose. Le problème, c’est que c’est fait n’importe comment, bordel ! L’enchaînement des événements est complètement aléatoire, le retour d’Eris et ses dryades en carton sort de nulle part et tout le reste, n’est que fan-service où absolument rien ne nous est épargné. En un tome, la mangaka, certainement pleine de bonnes intentions, hum… nous inflige un inventaire en mode accéléré de toutes les figures Saint Seiyaienne. Tout est catalogué, limite étiqueté avec la mention « Kurumada approved ». Super ! Du coup, on y va à fond, avec même le retour surprise de Saga, plus maléfique et méchant que jamais. Qu’est-ce qu’il fout là ?! Franchement, je n’en sais pas plus que vous… Et la cohérence ?! Connais pas ! Puis, on s’en fout, il se bat contre un autre chevalier d’or, comme ça tout le monde il est content. Hum…

 

12294841_191176764561683_3104246847305579165_nJe me dis quand même qu’il y avait tellement mieux à tirer que cette insipide relecture féminine autour de l’univers Saint Seiya. Mais pour cela, encore faut-il parvenir à se détacher de l’œuvre originale, de prendre du recul pour avoir une vue d’ensemble. Axer une série sur les femmes chevaliers est en soi une très bonne idée car il y a de très nombreuses pistes à explorer et tout reste à imaginer. Malheureusement, Saintia Shô souffre du même symptôme que ses grands frères, elle est complètement paralysée par l’enjeu de prendre une telle responsabilité. Du coup, elle est vouée à rester dans le giron de l’œuvre matricielle, en nous ressortant à l’infini la même génération de chevaliers. On finirait presque par se croire coincé dans une boucle temporelle. Un putain de jour sans fin au pays de la mythologie grecque. OK, Shaka il a méchamment la classe, d’accord, la dualité du personnage des Gémeaux, c’était bien cool mais trouvez-vous d’autres idées, quoi !! Je vais m’essayer à une périlleuse comparaison que certains ne manqueront pas de commenter, mais au même titre que Star Wars VII n’avait aucunement besoin de partager des personnages et des intrigues avec les épisodes originaux, les titres Saint Seiya devraient s’aventurer sur des terres inexplorées, dans un univers partagé où tout n’est pas forcément intimement lié. Fut un temps où le fan-service était un clin d’œil plus ou moins discret destiné aux plus assidus lecteurs ou spectateurs. Aujourd’hui, il gangrène la culture geek et otaku et la restreint dans une zone de confort. Les titres issus de la licence souffriront toujours du poids de leur aîné, ne s’épanouissant que dans la médiocre répétition, voir imitation… Oui, ce tome de Saintia Shô m’a un peu énervé… Bon, OK, je vais me calmer pour la prochaine fois…

 

Saint Seiya – Saintia Shô (T. 6) de Chimaki Kuori, aux éditions Kurokawa

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