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On a lu… Shônan Seven (T. 1) de Tôru Fujisawa et Shinsuke Takahashi

On a lu… Shônan Seven (T. 1) de Tôru Fujisawa et Shinsuke Takahashi

Note de l'auteur

shonan-seven-vol-1Au début des années 2000, les lecteurs français découvraient le titre Great Teacher Onizuka (ou GTO) de Tōru Fujisawa. Ce manga devenu culte pour beaucoup, mettait en scène des lycéens prêts à tout pour se mettre sur la gueule, mais il était avant tout un shōnen à résonance sociale, mettant en scène une délinquance juvénile en milieu scolaire. Depuis, GTO a fait des petits, avec suites et spin-off à la clé pour en arriver à Shônan Seven, que Fujisawa scénarise avec Shinsuke Takahashi au dessin. Une nouvelle génération gonflée à la testostérone est prête à en découdre et ce premier tome nous invite aux premières loges.

 

« L’homme est un loup pour l’homme » et dès qu’il en a l’occasion, il en profite pour lui défoncer sa tronche. Telle pourrait être la devise du lycée Tsujidô, établissement de triste renommée, célèbre pour abriter les pires racailles de la région du Shônan. Parmi les plus connues, on compte le duo Eikichi Onizuka et Ryuji Danma des précédents titres. Ikki Kurokami, un jeune bellâtre, tout en muscles veut marcher dans les pas de ses aînés en remportant le Shônan Seven, une grande compétition clandestine, façon Fight Club. D’autant qu’à la clé, il pourra satisfaire sa libido avec la bimbo/idole du lycée. Bien entendu, il n’est pas le seul à prétendre au titre du plus badass des plus badass des lycéens. C’est donc parti pour un défilé de grosses brutes et petites frappes en tout genre, se toisant du regard et s’invectivant. Ce premier tome assume pleinement son côté bodybuildé, bas du front et ressemble au concours de celui qui a la plus grosse. Les auteurs alignent les personnages comme autant de pions, formant un échiquier sur lequel ils vont pouvoir tous joyeusement se casser la gueule. Et au milieu de ce déferlement de testostérone, les quelques présences féminines ne sont que des faire-valoir, des objets hyper-sexualisés au service du voyeurisme. Bref, pour résumer, jusqu’ici, Shônan Seven joue à fond la carte du racolage, en mode bastons viriles et plans culottes.

 

0e9c0e05177d9404e6cf85cef5beae238d6da756_hqEn dehors des quelques pointes d’humour disséminées au long du tome, il y a quelque chose de tellement premier degré dans ce titre, qu’il en devient drôle à ses dépens. Le sérieux et l’aplomb dont font preuve les participants pour proférer leurs menaces prêtent parfois à sourire. D’ailleurs, ce concours de celui qui a le plus de cojones, atteint déjà des sommets en fin de tome, lorsque Ikki décide de se prendre deux molosses à lui tout seul, à poil et seulement armé d’une serviette de bain. Le pire, c’est que finalement, cette surenchère de « badassitude » et de coups de savates dans la tronche finit presque par payer. En effet, cette introduction promet du très lourd et a au moins l’honnêteté de ne pas mentir sur la marchandise. Shônan Seven, c’est du gros shōnen, un titre pour les bonhommes, pour les vrais de vrais. Vous avez dit sexiste…?! Assurément, au vu des premiers éléments à disposition. Entre celles qui s’offrent volontiers en récompense à leur champion ou encore celles qui n’hésitent pas une seconde à baisser leur culotte pour piéger le premier pervers venu, vous avez l’embarras du choix. Si on était très gentil, on dirait que c’est une dénonciation d’une certaine forme de perversion dans les mœurs de la société japonaise… mais non. Ce n’est ni plus ni moins que du fan-service primaire prêt à satisfaire le premier otaku libidineux venu.

 

Si, sur le fond, Shônan Seven est contestable et parfois maladroit, sur la forme, Shinsuke Takahashi perpétue la tradition d’un certain style graphique ultra-réaliste. Chaque personnage est mis en valeur grâce à des traits physiques et caractéristiques qui lui sont propres et le rendu des expressions est clairement maîtrisé. Tous autant qu’ils sont, ces lycéens ont l’air parfaitement patibulaires et jouent de leurs gros biceps, tandis que les demoiselles aux visages d’anges, déploient des atouts physiques voluptueux. Et les scènes de bastons dans tout ça ?! Car oui, c’est bien le nerf de la guerre ! Eh bien, elles sont parfaitement chorégraphiées, magnifiées par un trait vif et agressif. L’impact de chaque coup est bien réel et se fait ressentir à chacune des pages. Les visages se déforment et s’écrasent sous les coups de pieds ou de poings, de telle manière que l’on entendrait presque les os craquer. Bref, une belle maîtrise technique de la part du dessinateur. Ce premier tome de Shônan Seven annonce direct la couleur et laissera donc certain(e)s lecteurs(trices) sur la touche. Pour ceux qui aiment les démonstrations de virilité très premier degré et les poupées gonflables, ce titre est fait pour vous.

 

Shônan Seven (T. 1) de Tôru Fujisawa et Shinsuke Takahashi, aux éditions Kurokawa

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