On a lu… Sk8r’s (T. 1) de Hajime Tojitsuki

On a lu… Sk8r’s (T. 1) de Hajime Tojitsuki

Note de l'auteur

sk8rs-fr-1Le skate, cette discipline cool et branchée, cette forme de contre-culture naît dans la rue… Si, de mémoire, le manga ne s’y était jamais attaqué, c’est désormais chose faite avec le nouveau titre publié chez l’éditeur Kana, sobrement intitulé Sk8r’s. Du ollie, du kickflip, du backside 180, du grind et l’élément indissociable de tout bon skater qui se respecte, une bonne paire de Van’s. Bref, tout y est pour attirer les accros de freeride et de flatland. Cependant, ce premier tome bien qu’intéressant, manque trop de relief et d’une certaine pointe de folie. Dommage…

 

Alors qu’il n’est encore qu’un gamin, Akio tombe un jour, sur un jeune homme portant des dreads, qui virevolte dans les airs sur sa planche de skateboard. Fasciné, le garçon décide lui aussi d’embrasser cette culture de la rue et désire devenir comme son modèle. Celui qu’il appelle désormais Prof, devient une sorte de mentor et lui inculque les bases. Bien qu’il doive quitter le Japon, Prof offre sa planche à Akio, qui ne cessera pas de s’entraîner dans le plus grand secret, cachant sa passion à sa sœur et sa mère. Les années passent et le garçon devient à son tour un jeune homme, faisant preuve d’une facilité incroyable sur le skate. Ses rencontres successives avec Fukusuke et ensuite Suiken vont le conforter dans sa décision de vouer sa vie au plaisir de la glisse. Avec ce premier tome, Hajime Tojitsuki met un pied dans ce monde ultra-codifié et nous dresse au fil des pages, une liste exhaustive du vocabulaire propre à ce milieu. Les connaisseurs se retrouveront forcément en terrain conquis, tandis que les autres pourront découvrir cet univers inconnu où le cool règne en maître.

 

migLe seul petit problème, c’est que cette notion de coolitude finit par vite se retrouver à court de carburant. Trop sage et quelque peu scolaire, Sk8r’s manque de mordant et de folie. Le parcours d’Akio est, sur ce premier tome, beaucoup trop linéaire. Le lecteur ne peut pas réellement apprécier sa progression et les nombreux échecs qu’il a essuyés avant de parvenir au niveau qu’il a en fin de tome. Les ellipses qui traversent le récit nous privent d’un vecteur important du dépassement de soi-même, inhérent à ce sous-genre du shônen. Du coup, comment ne pas se sentir un peu frustrer alors que l’on nous prive de l’essence-même de ce genre de titre ?!! L’auteur aborde son récit avec un étrange détachement et enchaîne des séquences sans relief dans lesquelles Akio fait montre de toute sa maîtrise. À n’en pas douter, ce premier tome sert juste de rampe de lancement pour introduire le personnage principal dans le circuit pro et à ce moment-là, nous aurons très certainement des confrontations d’envergure.

 

En attendant, cette première incursion dans le monde de Sk8r’s, bien que trop sage et sans réel enjeu, reste tout de même assez plaisante. Le trait très fin et vif de Hajime Tojitsuki sert convenablement le propos. Les scènes de ride sont assez vibrantes et authentiques, grâce à un remarquable souci du détail et un style parfaitement épuré. Peu ou pas de fioritures mais un découpage précis valorisant les mouvements et différentes figures d’Akio et ses potes. Le mangaka privilégie le dessin pur jusque dans ses tramages, presque tous faits au crayon, pour un rendu visuel parfois saisissant. Un premier tome en demi-teinte donc, mais il y a fort à parier que la suite saura apporter le supplément d’âme, le grain de folie qui fait tant défaut ici. Un début timide.

 

Sk8r’s (T. 1) de Hajime Tojitsuki, aux éditions Kana

Partager