On a lu… [Spécial Strange]

On a lu… [Spécial Strange]

Il ne vous aura pas échappé qu’un film consacré au sorcier suprême de l’univers Marvel venait de sortir sur quasiment tous les écrans du monde. Et comme à son habitude, Panini Comics profite de l’occasion pour proposer plusieurs comics consacrés à ce bon Docteur Strange. Entre série récente et œuvres du passé il n’y a que l’embarras du choix. Aujourd’hui, au Daily Mars, on vous fait un petit On a lu… en forme de tour d’horizons de ces nombreuses publications.

 

je-suis-docteur-strange-1Anthologie – Je suis Doctor Strange

Pour ceux qui ne connaissent pas le personnage, voici une porte d’entrée idéale dans les aventures d’un héros hors du commun même au sein d’un univers qui voit se côtoyer super-soldats, dieux nordiques ou grecs, titan vert, homme-araignée et mutants. Couvrant presque six décennies de publication, Je suis Doctor Strange a l’avantage de proposer une sélection non exhaustive d’épisodes rarement édités voire même totalement inédits. La difficulté étant de proposer une sélection équilibrée dans un tel foisonnement et face à une série dont les histoires couraient facilement sur plusieurs numéros, on peut dire que Panini s’en sort très bien. On pourra toujours regretter certains choix (conclure l’ouvrage sur l’obscure New Avengers Annual #1 là où le premier numéro de la nouvelle série de Jason Aaron et Chris Bachalo aurait brillamment fermé la marche) mais l’essentiel est là, porté par un fil rouge audacieux. Que ce soit Là où l’homme n’est jamais allé (Strange Tales #144) ou Le Choc final (Strange Tales #146) de Steve Ditko, le cataclysme cosmique proposé par Steve Englehart et Gene Colan (La Terre a disparu !Dr Strange #13) ou bien encore le très beau voyage dans le temps de Roger Stern et Paul Smith (Épée et SorcellerieDr Strange #68), Je suis Doctor Strange (on regrettera le curieux choix de garder le nom original) met particulièrement bien en avant toute la démesure des aventures du personnage et surtout la richesse visuelle d’une série qui a vu de grands dessinateurs offrir parmi leurs meilleures prestations. Dans ce panachage, le lecteur trouvera certainement l’envie de découvrir plus en profondeur certaines périodes.

 

docteur-strange-integrale-1Docteur Strange – Intégrale 1963/1966

Pour ceux qui veulent commencer par le début, rien de plus simple que de se pencher sur le premier tome d’une intégrale qu’on espère la plus longue possible. Comprenant les épisodes de Strange Tales #110 à #111 et #114 à #141, cette intégrale permet de découvrir l’autre grand chef-d’œuvre d’un des maîtres créateurs de l’univers Marvel : Steve Ditko. Il est remarquable de voir à la lecture de ces épisodes comment le personnage apparaît comme relativement différent de ses collègues tout en étant une sorte de modernisation de récits courants chez l’éditeur. Mais, au-delà de ça, c’est surtout le talent d’un dessinateur sans concession qui saute aux yeux et qui se réinvente sans cesse en cherchant dans ses propres lectures de quoi nourrir un monde sans limites et dont les dialogues seront tout autant de portes sur l’incroyable qu’on entraperçoit et qu’on se plaît à imaginer.

 

docteur-strange-une-realite-a-part-1Marvel Vintage – Doctor Strange : Une réalité à part

Pour ceux qui veulent découvrir un grand run. Après Steve Ditko, le cycle de Steve Englehart représente l’un des sommets créatifs du personnage. Reprenant en main une série s’étant quelque peu perdue en cours de route, celui qui avait déjà offert des histoires remarquables pour Captain America et les Vengeurs, va conduire le bon docteur sur des sentiers perdus et une longue quête le conduira à devenir le Sorcier Suprême. Si Panini ne propose ici que la fin de l’arc du combat opposant Strange à Shuma-Gorath, cela ne pose franchement pas de problème de compréhension et d’appréciation d’autant plus que la suite arrive, si c’était encore possible, à être encore plus folle en mettant en scène une confrontation avec, en toute modestie, Dieu. Là encore, la série bénéficie d’un dessin remarquable et de toute beauté que l’on doit au trop peu connu Frank Brunner.

 

marvel-classic-7Marvel Classic n°7 – Dans la dimension noire

Pour ceux qui ont un petit budget. En effet, pour 5,90 €, nous avons tout simplement le loisir de savourer l’excellent récit de Roger Stern illustré par un Paul Smith dont on se souvient encore de son court mais mémorable passage sur la série The Uncanny X-men. Descendant en ligne droite du cycle de Steve Ditko, cet arc (débutant juste après l’épisode Épée et Sorcellerie compris dans l’anthologie Je suis Doctor Strange) montre un Sorcier Suprême à la fois dans la tradition de la série mais aussi incroyablement moderne. Si le début nous le dépeint comme un bel homme de son époque (les épisodes datent de 1984), la suite le placera dans un rôle de sage soutenant une Cléa beaucoup plus combative et indépendante que ce qu’elle était autrefois. Récit jouant avec des codes usités mais parfaitement exécutés, Dans la dimension noire est un régal, trouvable partout en kiosque à un petit prix. Seul ombre au tableau, il s’agit du dernier numéro de la revue, Panini ayant décidé d’arrêter encore une fois celle-ci. Une bien mauvaise nouvelle pour tous les amateurs de récits anciens.

 

triomphe-et-tourments-1Docteur Strange & Docteur Fatalis – Triomphe et Tourment

Pour ceux qui veulent un bel objet. En effet, si le prix pique les yeux compte tenu du faible nombre de page (88 pages), cela est un peu rattrapé par le format de luxe de celui-ci. Déjà connu des fidèles lecteurs de comics qui purent le lire dans un Top BD pour un peu plus de trois euros (hé ouais), cette saga est remarquable à plus d’un titre. Outre qu’elle soit signée par l’un des grands scénaristes de Marvel (Roger Stern), elle est également l’occasion de voir les, presque, débuts d’un petit jeunot qui ira loin : Mike Mignola. Récit qui voit Strange et Fatalis partir aux Enfers pour affronter Mephisto, cette fresque contient en elle beaucoup d’éléments qui composeront l’univers d’Hellboy. Paradoxalement, si cette histoire est éditée à l’occasion de la sortie du film Doctor Strange, c’est surtout le Docteur Fatalis qui est mis en valeur ici. Le tyran de Latvérie a rarement été aussi bien sublimé. Puissant, orgueilleux et implacable, il apparaît également profondément humain dans sa quête de sauver la seule personne qu’il aime au monde : sa mère. Triomphe et Tourment est une superbe œuvre dans un bel écrin pour un duo qu’on a pu retrouver à l’occasion de Secret Wars.

 

docteur-strange-1100% Marvel : Doctor Strange – Tome 1

Pour ceux qui veulent du récent. Précédé d’une réputation la présentant comme la meilleure série post-Secret Wars de l’éditeur, Doctor Strange de Jason Aaron et Chris Bachalo est déjà en soi un petit événement puisqu’elle est la première série régulière sur le personnage depuis vingt ans. Si le lancement de celle-ci répond à un impératif économique (avoir une œuvre dans les rayons à la sortie du film), l’éditeur s’est mis toutes les chances de son coté en confiant les rennes à un duo talentueux qui a déjà fait ses preuves (Wolverine & the X-men). Conçue pour être une porte d’entrée idéale pour de nouveaux lecteurs, Dr Strange procède à un bon travail de vulgarisation du monde de l’occulte made in Marvel tout en proposant de nouvelles idées intéressantes à l’intention des lecteurs fidèles. Toutefois, même s’il s’agit d’une belle reprise dont on appréciera l’ambiance décontractée, on sent rapidement que les auteurs étirent leur récit et réservent leurs grosses cartouches pour la suite. Compréhensible mais réellement dommageable, on ressent une impression de vide au fur et à mesure de la lecture accentuée par un Chris Bachalo qui bâcle ses planches et une intrigue ressemblant trop fortement à celle du premier arc de Thor: God of Thunder (du même Jason Aaron). À voir avec la suite, mais pour l’heure on ne peut clairement pas se joindre au concert de louange.

 

On finit ce tour d’horizons en laissant de côté le totalement dispensable et très médiocre Docteur Strange – Le Début et la fin de J.M. Straczynski et Brandon Peterson pour mieux garder ses sous pour la réédition de Docteur Strange : Le Serment de Brian K. Vaughan (Saga, Paper Girls) et en espérant que le docteur trouve son public afin que Panini puisse proposer d’autres œuvres et saga dans les temps à venir et non pas à l’occasion de la sortie d’un film.

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