On a lu… The Arms Peddler – Tome 3

On a lu… The Arms Peddler – Tome 3

Note de l'auteur

Autant le dire tout de suite, c’est un excellent troisième tome que nous proposent les auteurs Kyoichi Nanatsuki (scénario) et Night Owl (dessin). Après un second opus un peu trop orienté action pure, celui-ci soulève de nouvelles interrogations et nous en dit un peu plus sur son univers.

Rapide récapitulatif: Dans un monde en ruines suite à un cataclysme majeur, Garami une marchande d’armes, recueillie Sona, un jeune garçon spectateur du massacre de sa famille. Elle le tire d’affaire mais en échange, il lui est redevable de 100 pièces d’or. En chemin, Sona se voit confier la protection de la princesse Airi. Les voilà donc tous les trois à sillonner les routes… Ce seinen (manga pour les grands donc, Plissken!) baigné de fantastique, s’oriente essentiellement vers le genre du western dans ce tome. Notre trio arrive dans un des campements de la Guilde des Armuriers afin de se réapprovisionner en marchandise.

Dans cette ville fortifiée, fondée sur d’anciennes ruines, on apprend succinctement le fonctionnement et la vie du camp. L’intérêt de cette première partie réside surtout dans les informations ou questions disséminées ça et là. En vrac: la Guilde n’est pas uniquement ce qu’elle prétend être, l’arme de Sona recèle un secret, et toujours rayon armes, l’accent est mit sur l’énorme épée que Garami porte sur le dos, alors même qu’elle ne l’utilise jamais… Mais LA question qui attise vraiment la curiosité dans ce tome: de quel livre parle Sona, lorsqu’il prédit un sombre destin à venir? Pas sûr que l’on ait des réponses tout de suite…

Les auteurs opèrent un petit remaniement des rôles au sein de l’équipe car suite aux événements du tome précédent, Garami voit sa tête mise à prix et les chasseurs de primes arrivent de partout. Un choix intéressant de la part des mangakas, reste à voir si la dynamique du groupe en sera changée. La tension monte d’un cran et la course poursuite à travers le désert qui s’ensuit est vraiment prenante et rondement menée. Pas de cow-boys ni d’indiens mais l’esprit est là. A bride abattue nos personnages cavalent, les balles se perdent, les coups d’épée fendent l’air et chacun fait preuve d’une agilité hallucinante. Les perspectives s’allongent et le dessin traduit très bien la vitesse et l’urgence de l’action. La violence est toujours aussi graphique et présente mais évite l’écueil de devenir complaisante et trop gratuite. En ce qui concerne les personnages, Airi, qui aurait pu être cantonnée au rôle de demoiselle en détresse, s’étoffe et s’affirme un peu plus. Le fantastique revient en fin du tome et introduit une autre figure mythique de l’épouvante. Après avoir bouffé du zombie (ou l’inverse), que nous réserve la suite? Je me garderai bien de vous gâcher la surprise.

Kyoichi Nanatsuki et Night Owl ont réussi à trouver un bon équilibre entre les différentes atmosphères et genres auxquels ils empruntent. Cette oscillation peut déconcerter mais dans mon cas ça marche carrément. Alors que dans un premier temps, la série évoque Mad Max ou Ken Le Survivant, l’instant d’après c’est la traite des esclaves façon Antiquité. Quand on pense western on arrive chez les nécromanciens et autres créatures horrifiques, bref une gymnastique référentielle risquée mais intéressante et payante. En trois tomes seulement, The Arms Peddler s’impose et réussit à se faire une place de choix en nous offrant une excellente synthèse de références et d’inspirations diverses. Le duo d’auteurs fonctionne à merveille et semble savoir où il va avec son univers post-apocalyptique, définitivement western et plus encore.

Partager