On a lu… The Time Before (de Cyril Bonin)

On a lu… The Time Before (de Cyril Bonin)

Note de l'auteur

K1KRqOB1_NHlM1rut4SF9pD8YzY@320x450Voyager dans le temps, revenir dans le passé afin d’y corriger certaines erreurs… Cette idée a alimenté tous les fantasmes les plus fous. Avec sa bande dessinée The Time Before, le scénariste et dessinateur Cyril Bonin, nous offre sa propre version des escapades temporelles dans l’Amérique des années 60. Un récit complet en un tome construit autour d’une réflexion vieille comme le monde : peut-on changer le passé pour se construire un meilleur futur ?!

 

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, on laisse de côté les mangas pour se pencher sur une BD bien de chez nous. Publié chez l’éditeur Grand Angle, The Time Before nous plonge en juin 1958, au cœur de la Grosse Pomme. Walter Benedict est un jeune photographe travaillant pour le magazine Way Out. Un soir, après une séance photos lors d’un concert du grand Miles Davis, il fait la connaissance d’un vieil homme qui lui remet un étrange talisman censé aider son possesseur à réussir sa vie. Dubitatif, Walter accepte le cadeau sans se douter que l’artefact va bouleverser sa vie. Il va vite comprendre que celui-ci lui permet de remonter le temps et d’être au bon endroit, au bon moment pour changer le cours des événements. Bref, pour Walter, tout semble aller pour le mieux. Mais il va vite se rendre compte que le pouvoir qui lui a été transmis ne peut pas tout.

 

wNIeZd1bGQ47ug4aZfSweGD6U3MSur le fond et dans sa manière d’aborder le sujet, Cyril Bonin ne bouscule rien et s’engouffre, comme bien d’autres avant lui, dans le concept du voyage temporel. Cependant, il le fait avec finesse et une forme de légèreté bienvenue. Son personnage, plutôt équilibré, n’utilise pas son pouvoir fraîchement acquis n’importe comment. À la différence de Biff Tannen dans Retour vers le futur 2, il refuse la facilité de revenir dans le passé, tout en connaissant, par exemple, les résultats sportifs. En time traveler intègre, il veut mériter son succès, en se donnant juste les bonnes opportunités. Bien entendu, sur son parcours, Walter rencontre l’amour et va devoir faire un choix. Il peut rejouer la partition cent fois et revenir autant qu’il le veut dans le temps, il se heurte constamment aux aléas et à l’imperfection de l’existence.

 

The Time Before s’épanouit dans un ton doux-amer porté par un dessin fin et délicat. La mise en page aérée met en valeur toute l’élégance du trait de Bonin. Dès les premières planches, il nous plonge dans l’ambiance feutrée d’un bar de jazz en compagnie de Davis et instantanément le charme opère, on se retrouve à Manhattan. Le dessinateur fait preuve d’une grande maîtrise et maturité dans l’utilisation de la palette des couleurs qui donnent une vraie ambiance à chaque scène. Beau, immersif, équilibré, léger et parfaitement mené du début à la fin, The Time Before possède d’indéniables atouts. L’éditeur Grand Angle a su les mettre en valeur avec une édition très soignée. Bref, vous n’avez aucune raison valable de passer à côté.

 

The Time Before de Cyril Bonin, aux éditions Grand Angle

Partager