On a lu… Tokyo Ghoul (T. 1) de Sui Ishida

On a lu… Tokyo Ghoul (T. 1) de Sui Ishida

Note de l'auteur

Les éditions Glénat ont profité de la fête de Halloween pour nous sortir un petit titre à tendance légèrement horrifique et c’est un bon premier tome que celui de Tokyo Ghoul.

 

L’archipel nippon est un vrai nid à créatures en tout genre et les mangakas le savent bien. Sui Ishida s’engouffre dans la brèche et nous pond une histoire de ghouls aux relents kafkaïens. Comme beaucoup d’autres, l’auteur est d’abord passé par la case one-shot avec Ghoul Rize en 2011, pour lequel il a gagné un prix. Fort de son succès critique, il en reprend l’intrigue pour développer une série plus longue avec Tokyo Ghoul.

 

Nous y découvrons Ken, un jeune adolescent japonais tout ce qu’il y a de plus banal évoluant dans un Tokyo envahi par des ghouls. Ces créatures se cachent parmi les humains, vont au travail ou au lycée comme tout le monde, bref passent inaperçues. La grande différence notable, c’est qu’au lieu d’aller au fast-food, les ghouls préfèrent se taper une bonne tranche de chair humaine au fond d’une impasse. Alors que Ken pense conclure avec une étudiante sur laquelle il a flashé, il découvre que celle-ci veut en fait le bouffer. Pas de pot ! Il se retrouve hospitalisé, à l’article de la mort, et se voit greffer en urgence les organes de la ghoul qui l’a attaqué. Il va devoir faire face à sa nouvelle nature et surtout à ses nouvelles pulsions.

 

Le titre fait référence à Kafka et notamment à La Métamorphose à travers le personnage de Ken qui est passionné de littérature. Alors qu’il doit affronter sa transformation, il cite le roman et fait un parallèle avec ce qu’il est en train de vivre. Comme Gregor Samsa (le personnage principal de La Métamorphose), les goûts alimentaires de Ken changent, à tel point que tout lui donne des nausées. Il se rappelle qu’une fois transformé dans le bouquin, Gregor Samsa ne mange plus que du fromage périmé et il se demande alors si, lui aussi, il va trouver son «fromage». Refusant de se laisser aller au cannibalisme, il tente de trouver un substitut nutritif afin de lutter contre ses pulsions.

 

Tokyo Ghoul évoque aussi Darren Shan, un roman britannique adapté en manga (aux éditions Pika). Dedans, un jeune ado se voit transformer en vampire et doit apprendre à vivre en tant que tel, avec tout ce que cela représente. L’adaptation manga est malheureusement méconnue alors qu’elle vaut réellement le coup d’œil. Sous ses airs de shônen inoffensif, le titre regorge de twist géniaux et l’histoire a une réelle épaisseur. Les deux œuvres abordent les transformations presque de la même manière. Les personnages mènent un combat interne et se retrouvent obligés de grandir, de mûrir plus vite que leur entourage respectif. Il n’y a qu’à espérer que Tokyo Ghoul prenne le même chemin que le petit vampire, en terme de qualité scénaristique.

 

Un dernier mot sur le graphisme ainsi que sur l’édition en elle-même. Le dessin d’Ishida n’est pas renversant, voire parfois maladroit, mais il n’est pas dénué d’intérêt. Les scènes de violence ou d’affrontement révèlent un trait assez vif et agressif, du plus bel effet. Quand à l’édition, Glénat fait un travail propre comme à son habitude avec de bonnes traductions et une mise en page impeccable. Le tome 2 vient de sortir donc on va vite être fixé sur la tournure que va prendre ce titre prometteur.

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