On a lu… Wizard’s Soul (T. 1) de Aki Eda

On a lu… Wizard’s Soul (T. 1) de Aki Eda

Note de l'auteur

wizards-soul-1-dokiDe la romance, du drame social et des cartes à jouer, voici venu le petit dernier de l’éditeur Doki-Doki, intitulé Wizard’s Soul. Lancé dans la collection seinen, ce nouveau titre tient pourtant plus du shôjo qu’autre chose avec son héroïne timide et maladroite, secrètement amoureuse d’un jeune homme. Et pour être tout à fait honnête, ce premier tome n’a rien de franchement emballant, tant et si bien que l’on finit quelque peu par s’ennuyer devant un récit assez plat.

 

Quand on pense manga et jeu de cartes, on pense forcément au titre Yu-Gi-Oh! de l’auteur Kazuki Takahashi, qui a cartonné à la fin des 90’s. Il mettait en scène des parties endiablées de cartes, façon Magic : l’assemblée, où les personnages et autres créatures prenaient vie comme par magie. Les duels, pleins d’intensité, donnaient lieu à des affrontements à grande échelle, transportant le lecteur au cœur même du jeu. Eh bien, Wizard’s Soul est d’une certaine manière, à l’opposé de ça. La jeune et discrète Manaka travaille dans une boutique de jeu et comme absolument tout le monde, elle joue à Wizard’s Soul. Elle n’a d’ailleurs jamais fait preuve de grandes qualités concernant ce jeu. Mais sa situation familiale va l’obliger à montrer son vrai visage. Son boulet de père a cramé tout son argent pour acheter des cartes, pensant faire une bonne et lucrative affaire. Mais en fait, non… Du coup, Manaka se met en tête de renflouer les caisses de la famille en participant à un tournoi régional. Ses proches et camarades de classe vont alors découvrir une toute nouvelle facette de la jeune collégienne. En effet, elle fait partie de ces joueurs qui pratiquent le « lock », une stratégie qui consiste à empêcher son adversaire de jouer en bloquant son jeu. Un anti-jeu détesté par beaucoup mais qui donne de bons résultats.

 

1Ici, pas de combat grandeur nature, ni d’apparitions magiques, holographiques ou que sais-je encore. Non, ici, on reste simple spectateur d’une partie de cartes, où chacun annonce ce qu’il fait et tente d’anticiper les coups de l’autre. Du coup, on s’emmerde un peu quand même, il faut bien le dire. Les parties n’ont aucune âme, aucun relief et aucune saveur, et s’enchaînent sans grande conviction. Manaka, bien qu’elle soit rongée par les remords de pratiquer un tel jeu, devient un robot lors des parties. Elle déploie inexorablement sa tactique, s’attirant les foudres des uns et des autres qui ne comprennent pas ce changement de comportement. C’est d’ailleurs peut-être le seul aspect intéressant dans ce tome. Pour le reste, on s’ennuie ferme. Sa romance avec Eita ne parvient pas à s’extirper du lot, de même que les raisons familiales qui la poussent à participer au tournoi, semblent archivues. Le titre enchaîne un peu les poncifs du genre et se perd en palabres inutiles. Et puis, c’est quoi cet endroit où absolument tout le monde joue à un jeu de cartes ?! Tout tourne autour de Wizard’s Soul et que ce soit la mère de Manaka, sur son lit de mort ou son père qui se fait entuber, tous jouent à ce jeu, comme si de rien n’était…

 

Bon, vous l’aurez compris, pas franchement emballé par ce premier tome. D’autant que graphiquement, ça ne casse pas des briques. Le trait est hésitant et impersonnel tandis que le tramage est grossier. On reste dans une esthétique assez kawaii, oscillant entre shôjo et shonen pour un résultat passable mais pas franchement convaincant. Une introduction plutôt ratée pour ce nouveau titre de l’éditeur Doki-Doki, qui nous donnerait presque envie de nous replonger dans Yu-Gi-Oh!, dis donc.

 

Wizard’s Soul (T. 1) de Aki Eda, aux éditions Doki-Doki

Partager