On a lu… X-men – Days of Future Past de Chris Claremont et John Byrne

On a lu… X-men – Days of Future Past de Chris Claremont et John Byrne

Note de l'auteur
Uncanny X-men #141

Uncanny X-men #141

Ça n’étonnera personne. A quelque jours de la sortie de X-men – Days of future past, on revient sur l’histoire qui sert de base au nouveau film de Bryan Singer. Non seulement le moment nous paraît bien choisi, mais au delà de l’actualité cinématographique cet arc mérite qu’on s’y attarde.

 

Alors qu’aujourd’hui ce genre d’histoire ferait l’objet d’une mini-série en dix épisodes accompagnée de vingt trois séries secondaires, l’histoire de Days of future past tient en deux épisodes. Aussi étonnement que cela puisse paraître, c’est dans les numéros 141 et 142 que Chris Claremont et John Byrne racontent cette aventure à cheval sur deux époques. Il est intéressant d’ailleurs de voir que beaucoup de gens aujourd’hui s’imaginent ou se rappellent d’une histoire incroyable courant sur des dizaines de numéros. La preuve de l’impact de cette œuvre probablement.

 

Et quel impact ! A peine a-t-on ouvert le comics, que la première page nous emporte littéralement dans un futur terrifiant. Nous sommes en 2013* à la veille d’une apocalypse nucléaire. Par peur des mutants, le gouvernement américain a ré-activé les Sentinelles (ces robots dont la mission consiste à chasser les mutants) qui ont commis un véritable génocide et ont pris en main les rênes du pays. Les USA sont dévastés, tous les super-héros sont morts, et afin d’éviter l’attaque des Sentinelles, les autres pays s’apprêtent à utiliser l’arme nucléaire.

 

C‘est dans ce contexte que les X-men survivants (Kitty Pride, Magneto, Tornade, Colossus et Wolverine) aidés de Franklin Richard (fils de Red et Susan Richard membres des Quatre Fantastiques) et de son épouse, vont tenter le tout pour le tout. Ils arrivent à envoyer l’esprit de Kitty Pride dans le passé, en 1980, afin d’investir son propre corps. Sa mission sera alors d’empêcher le meurtre du Sénateur Kelly par un groupe de terroristes mutants. En effet la mort de Kelly est le point de départ d’une réaction en chaîne conduisant à l’éradication des mutants.

 

Le futur des X-men

Le futur des X-men

Récit passionnant jouant sur deux époques qui s’entrecroisent constamment, Days of future past représente le chant du cygne pour le duo qui fit des X-men ce qu’ils sont encore aujourd’hui. En effet suite à des désaccords de plus en plus nombreux avec Chris Claremont et à une envie d’écrire ses propres séries, John Byrne quittera les X-men à l’issu d’Uncanny X-men #143. Pour tout lecteur amoureux des X-men, Futur Antérieur (premier titre français de Days of future past) représente le dernier grand moment du dessinateur canadien.

 

Celui-ci s’en donne d’ailleurs à cœur joie avec sa vision d’un futur apocalyptique. On pense notamment à cette case qui reste en mémoire et qui voit Kitty Pride marcher le long d’une route bordée de chaque coté par des milliers de tombes, dont les noms sur les stèles nous sont bien familiers. On reste tétanisé devant un final qui voit les X-men remporter une victoire dans le présent mais alors qu’ils meurent tous dans le futur. Les héros que nous avons appris à aimer et qui nous ont fait trembler contre Protéus ou le Phénix noir sont décimés un à un devant nos yeux par des robots géants qui ne nous sont jamais apparus aussi redoutables.

 

Le récit de Kitty

Le récit de Kitty

Days of future past marqua également le lecteur parce qu’il nous montre pour la première fois le cauchemar de Xavier et des X-men. Craindre un futur est une chose, mais le contempler en est une autre bien plus terrifiante. En jouant sur l’idée d’un futur apocalyptique, Claremont et Byrne mirent un visage sur une menace qui pèse constamment sur la série. Si on sait maintenant ce qui pourrait arriver, alors on craint davantage ce qui arrive aux personnages. Au delà de l’histoire, Days of future past est également un nouvel exemple de la synergie entre Claremont et Byrne et de leur capacité à livrer un récit passionnant et formellement parfait. L’histoire est savamment rythmée entre les deux époques relançant à chaque fois l’intérêt pour la suite, Claremont et Byrne arrivent à nous faire croire à un futur terrifiant en quelques pages et le combat entre les X-men et La confrérie des mauvais mutants est renversant.

 

Dans le même temps, les deux auteurs continuent à construire et faire évoluer leurs personnages qui se trouvent là au début d’une nouvelle époque. Après la mort de Jean Grey et le départ de Cyclope, le groupe doit se trouver un nouvel équilibre. Tornade fait là ses premiers pas en tant que leader et, comme s’en rendra compte Wolverine, ses méthodes seront différentes. Dans le même temps Kitty Pride, tout juste arrivée dans l’équipe, apprend à maîtriser ses pouvoirs et cherche à se faire une place dans ce nouvel environnement. Enfin Diablo doit faire face à un mystère en la personne de Mystique (personnage transfuge de la série Miss Marvel qui devient à partir d’ici une ennemie historique des X-men) qui semble connaître le X-men.

 

X-men vs Confrérie

X-men vs Confrérie

Publié en 1980, Days of future past fut une saga influente. Ainsi on ne peut s’empêcher de penser à Terminator qui reprend la structure de l’histoire et l’idée de modifier le passé pour sauver le futur. Plus proche de nous, on se rappellera de Heroes et son Hiro venant d’un futur apocalyptique. Mais cet arc marquera aussi le lecteur pour des raisons moins heureuses. Days of future past c’est un peu la boite de Pandore et le début des multiples futurs parallèles et des personnages qui en proviennent rendant de plus en plus incompréhensible l’univers de la série. Toutefois ne blâmons pas une histoire pour ce que d’autres en ont fait par la suite.

 

Après Captain America – The Winter Soldier, X-men – Days of future past est le deuxième film revendiquant clairement, de par son titre, l’affiliation à un arc précis et célèbre d’un comic book. Preuve s’il en est de l’impact de cette histoire. On ne peut alors que regretter l’arrêt d’une revue comme X-men Classic (qui ré-éditait des épisodes anciens en kiosque) l’année dernière. Celle-ci aurait été parfaite pour redécouvrir à moindre coût une des sagas les plus marquantes des X-men. Car si on peut la lire dans L‘intégrale X-men 1981 ou l’anthologie Nous sommes les X-men, force est de reconnaître que c’est tout de même un peu cher pour deux épisodes.

 

 

 

Uncanny X-men – Days of future past

Ecrit par Chris Claremont

Dessiné par John Byrne

 

 

 

* Oui ça peut nous paraître bizarre mais en 1981 cela paraissait loin

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