On a lu… X-O Manowar et Harbinger

On a lu… X-O Manowar et Harbinger

Valiant comics

La sortie récente de X-O Manowar et de Harbinger  inaugure l’arrivée en France des productions de l’éditeur Valiant. Un nouveau larron sur le marché c’est toujours une bonne nouvelle pour les lecteurs que nous sommes, mais voyons dans le détail si c’est deux premiers titres valent le détour.

 

Créé au tout début des années 90 par Jim Shooter (ancien éditeur en chef chez Marvel qui a fait pleurer des milliers de lecteurs en décidant de la mort de Jean Grey/Phénix, qui a fait venir Frank Miller sur Daredevil, Simonson sur Thor et qui a écrit le premier big event de Marvel avec Guerres Secrètes), la société Valiant lança tout d’abord des comics adaptés de franchises de catch ou jeux vidéos pour ensuite proposer un véritable univers super-héroïque. Malheureusement celui-ci ne vécut que quelques années. Les guéguerres internes, la rivalité avec Image Comics et la décision des actionnaires de revendre la boite à Acclaim qui périclita quelques temps après, eurent raison de cet univers.

 

Toutefois, après une traversée du désert assez conséquente, l’éditeur revient sur le devant de la scène et effectue un relaunch de toutes ses séries afin de repartir sur de bonnes bases, et proposer des nouvelles choses aux lecteurs. Au vu des bonnes ventes aux USA, on peut constater que la recette a pris. Aujourd’hui c’est chez nous que ces nouveaux héros débarquent, grâce à l’éditeur Panini qui ajoute une nouvelle corde à son arc. Probablement conscient que ces héros ne fonctionneront pas via la presse, l’éditeur italien décide donc de sortir directement les séries en format librairie.

 

X-O Manowar

L’histoire de X-O Manowar peut s’apparenter à de multiples chocs culturels et de civilisations. Rendez-vous compte, la série nous raconte l’histoire d’un Visigoth nommé Aric de Dacia que l’on découvre, alors que lui et son peuple sont en plein combat contre l’armée romaine durant l’an 402 après JC. Comme si cela ne se suffisait pas, Aric va se faire capturer par des aliens venus tranquillement faire quelques expérimentations sur des bébés humains. Il se retrouve alors prisonnier et esclave sur un vaisseau au fin fond de l’espace. Des années plus tard, il arrive à s’échapper et à voler une relique sacrée qui s’avère être une puissante armure de combat. Revenu sur Terre dans le but de retrouver sa femme, Aric va très vite découvrir que beaucoup de temps s’est écoulé, et qu’il se retrouve à notre époque pleine de charme (ceci dit, il débarque a Rome, il y a pire comme endroit).

 

Ce premier tome d’X-O Manowar contient donc les quatre premiers épisodes de la série écrite par Robert Venditti et dessinée par Cary Nord, et même si cette première aventure peut s’apparenter à un mauvais et long pilote de série TV¹, cela reste suffisamment prenant et agréable à lire. Nord nous sert un dessin aux traits vifs : on apprécie notamment le design de l’armure dont la particularité est d’être un mélange de pièces solides et de métal liquide et lui confère une originalité bienvenue.

 

L’univers et les personnages sont donc bien posés à la fin de ce premier tome. On espère que la suite accélérera les choses. Malgré son cachet classique, X-O Manowar se révèle être pleine de promesse notamment dans ses futures confrontations entre le protagoniste principal et les colons aliens descendants des expérimentations effectuées lors de l’époque Romaine.

 

Harbinger

Clairement la bonne surprise de ces premières sorties et ce d’autant plus que pitch ne nous excitait pas des masses à la lecture de celui-ci. Ecrit par Joshua Dysart et dessiné par Khari Evans, Harbinger nous raconte comment le jeune Peter Stenchek va intégrer une école, composée d’êtres aux super-pouvoirs, et ce afin d’apprendre à contrôler son immense puissance. Si vous pensez aux X-men (voire même à Harry Potter) c’est assez normal, mais le récit se démarque vite pour se trouver une identité propre basée sur une quête initiatique bien contrariée.

 

Car Peter Stenchek n’a rien du bon et gentil élève. Il navigue dans des eaux plus troubles. Son pouvoir s’est manifesté tôt et a causé la destruction de sa famille, il est depuis interné dans un hôpital psychiatrique assez étrange. Après s’en être échappé avec un ami schizophrène, Peter va user de son pouvoir pour manipuler et abuser d’un amour d’enfance. L’arrivée dans l’école secrète du milliardaire Toyo Harada pourrait être pour lui une chance, mais malheureusement Harada se révèle tout aussi ambigu dans ses intentions, créant dès lors un schisme entre les deux protagonistes autour desquels vont graviter d’autres personnages.

 

Porté par un excellent dessin qui dynamise des dizaines de scènes d’actions, Harbinger offre quelques belles manifestations des pouvoirs (notamment via la multiplication à foison des bulles de pensée) et nous régale avec quelques visions cauchemardesques d’une Hiroshima détruite par la bombe A ; Harbinger est un vrai régal qui nous donne l’envie de lire la suite immédiatement. N’hésitez pas à lui donner une chance.

 

Avec X-O et Harbinger, l’éditeur Valiant arrive donc en France. Un bon galop d’essai avec deux œuvres qui séduisent le lecteur, en attendant l’arrivée à la fin du mois des séries Bloodshot et Archer & Amstrong.

 

 

X-O Manowar – Tome 1 : L’armure de Shanhara (100% Fusion Comics, Panini Comics, Valiant Comics)

Ecrit par Robert Venditti

Dessiné par Cary Nord

 

Harbinger – Tome 1 : L’ascension de l’Omega (100% Fusion Comics, Panini Comics, Valiant Comics

Ecrit par Joshua Dysart

Dessiné par Khari Evans

 

 

¹Si la compilation en tome librairie d’épisodes mensuels fut une bonne chose, on aurait beaucoup à redire sur les conséquences néfastes qu’elles ont eu sur la manière d’écrire de certains auteurs.

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