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On a (presque) lu pour vous #1 : Sfar, Mondiot/Lafarge et Bizien

On a (presque) lu pour vous #1 : Sfar, Mondiot/Lafarge et Bizien

Nouvelle rubrique (ou relance d’une ancienne, ou vol éhonté d’une idée vue ailleurs) au département Livres du Daily Mars : parler de ces ouvrages qu’on reçoit mais qui, pour une raison ou une autre, ne dépassent pas quelques dizaines de pages lues. Ce qui ne signifie pas que ces ouvrages soient mauvais, d’ailleurs ! Ou peut-être que si…

Même un critique a ses préférences… et ses faiblesses. Et un livre peut nous paraître bon, voire très bon, tout en ne nous incitant pas à franchir les frontières de nos goûts perso. Il arrive aussi qu’on reçoive de vraies bouses sur beau papier. L’idée est d’en parler malgré tout. Brièvement, car on n’a pas des tonnes à en dire non plus et qu’on préfère consacrer ce précieux temps à découvrir – et vous faire découvrir – de vrais coups de cœur. Attention : les notes indiquées sont parfaitement subjectives.

“Les Mondes-Miroirs”, de Vincent Mondiot et Raphaël Lafarge (Mnémos)

La 4e de couv’ : Elsy et Élodianne ont grandi dans les rues crasseuses de Mirinèce, vaste cité à l’ombre des Arches, une architecture titanesque qui enjambe les pays et relie les métropoles. Pourtant, leurs chemins se sont éloignés. (…) Mais lorsque les blasphèmes, d’atroces créatures, émergent des mondes-miroirs et se déchaînent sur la capitale, les deux femmes n’ont d’autre choix que d’unir leurs forces pour mener l’enquête.

Mon avis (en bref) : Là, c’est plutôt du (très) bon, je l’avoue. L’écriture à quatre mains est agréable, le style est maîtrisé, les personnages bien campés. Quelques images fortes soulignent le tout d’agréable façon : les Arches dont la disproportion provoque un agréable vertige de lecture ; les mondes-miroirs où se balade Élodianne, univers proches du nôtre et pourtant différents, avec leurs propres règles et leurs propres créatures. Une « inquiétante étrangeté » qui fonctionne bien. Bon, le vieux truc du « duo mal assorti » n’est pas des plus originaux, mais les persos principaux ont de l’épaisseur et les secondaires pimentent l’affaire. J’ai décroché parce que ce genre d’univers n’est pas trop ma tasse de thé. Mais si vous aimez les cocktails de magie et d’aventure, les personnages de femmes fortes et les intrigues mêlées d’action, il est fort probable que vous apprécierez ce roman de plus de 420 pages.

Note provisoire : 4/5

Les Mondes-Miroirs
Écrit par Vincent Mondiot et Raphaël Lafarge
Édité par Mnémos

 

“Sfar, c’est arabe ?”, de Joann Sfar (Marabout)

La 4e de couv’ : Ce nouveau carnet de Sfar couvre deux ans, de juillet 2015 à juillet 2017. Il mêle texte et dessins pour évoquer les attentats en France, l’élection présidentielle, le conflit israéo-palestinien, etc.

Mon avis (en bref) : Sfar, c’est spécial. Je ne dis pas que c’est bien de le penser, juste que mon rapport au type n’est pas clair. Trop médiatique (pas une super excuse mais bon), trop ceci, trop ça… Ses BD ne m’inspirent guère, et je n’ai pas envie de voir ses films. Alors, m’enquiller près de 350 pages « mêlant texte et dessins » où il parle en « je », avec une police de caractères pseudo-manuscrite, et un dessin plutôt faiblard… Les crobards politiques sont ternes et sans humour ; ses croquis de chiens de la SPA de Gennevilliers, sans émotion ; ses « pensées », sans profondeur : « On vote dans un peu plus d’un mois et j’ignore pour qui je vais voter. La France possède une immense richesse, dans son rapport à la culture au sens large. » Les carnets personnels devraient parfois le rester.

Note provisoire : 0,5/5

Sfar, c’est arabe ?
Écrit par Joann Sfar
Édité par Marabout

 

“Les Veilleurs”, de Jean-Luc Bizien (ActuSF/Naos)

La 4e de couv’ : Alors que Paris est victime d’un virus qui transforme ses habitants en monstres, et notamment les adultes [c’est comme de dire « tous les animaux étaient malades, et notamment les chiens, NDLR], quelques groupes de jeunes « immunisés » tentent de survivre dans ce qui est devenu un enfer. À l’extérieur, l’armée a entouré la ville d’une immense muraille pour éviter la propagation de l’épidémie. Aucune fuite n’est possible… Et dans ce cauchemar, Marie se découvre enceinte. Attend-elle un bébé ou un monstre prêt à la dévorer de l’intérieur ?

Mon avis (en bref) : Difficile de ne pas avoir le regard attiré par de telles prémisses. Ne serait-ce que pour vérifier l’impossibilité de se contenter de ça pour écrire un roman de près de 400 pages aujourd’hui. Il devait forcément y avoir autre chose ! Apparemment non. Au bout de quelques dizaines de pages (parce qu’on s’accroche), le pavé tombe des mains : absence de style, lourdeurs d’expression, banalités à tous les coins de paragraphe… Vide de tout, poussif, laborieux, on dirait un premier jet non édité, emballé à la va-vite et dont seule la couverture, par sa laideur, touche à une forme d’absolu. Dommage, pour un éditeur certes capable du pire (Superposition) mais aussi, souvent, du meilleur (Le Travail du furet, le Guide Lovecraft, le Guide Howard, Le Plus Heureux de tous les enfants décédés, etc.).

Note provisoire : 0/5

Les Veilleurs
Écrit par Jean-Luc Bizien
Édité par ActuSF

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