On a (presque tout) lu… The James Bond Archives

On a (presque tout) lu… The James Bond Archives

Note de l'auteur

23 films, 6 acteurs différents, tout était réuni pour sortir une anthologie James Bond alors que la franchise ciné fête ses 50 balais. Un livre somme, un poids lourd même puisque le bébé pèse près de 7 kilos, pour 600 pages et 1100 photos. Autant dire que le seul ouvrage de la bibliothèque du DailyMars qui peut rivaliser est celui des 75 Years of DC Comics, chez Taschen aussi tiens donc…

La société de production iconique de la série 007, EON, fondée par Albert R. Broccoli et Harry Saltzman, a ouvert ses archives à l’auteur Paul Duncan, déjà responsable de deux jolis objets consacrés à Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick dans la collection ciné de l’éditeur. Du Dr. No en 1962 (non, pas celui qui sévit sur le DailyMars, un autre plus méchant encore, si si) à Skyfall l’an passé, les documents issus des tournages et de la production sont pléthoriques : photos inédites, notes de production, storyboards, croquis, etc. etc.

C’est beau, c’est grand, c’est fort. Mais qu’apprend-on au juste dans ces archives ?
Au détour des révérences à gogo et multiples auto-célébrations, il reste des témoignages très instructifs sur les dessous des Bond, même si Empire Magazine nous apprend que ces interviews seraient en grande partie issues des bonus des DVD. On repasse pour l’inédit. Également publiée en 1964, l’interview de Ian Fleming dans Playboy remet à leur place les canons du personnage, sans bien sûr jamais cracher sur les adaptations ciné.

Il reste un nombre incalculable de petites anecdotes à piocher, comme le rapport du service médical des studios Pinewood ou figurent les soins apportés au cul de Roger Moore durant le tournage de L’Espion qui m’aimait, ou encore comment l’auteur “pour enfants” (et ancien espion durant la Seconde guerre mondial) Roald Dahl vint à la rescousse du scénario de On ne vit que deux fois.

Au fil des petites histoires de la grande Histoire de James Bond sur grand écran, il ressort très vite comment le duo Terence Young / Sean Connery a forgé le Bond de cinéma du demi-siècle qui a suivi, quelque peu éloigné du personnage de Fleming. On ne peut qu’être bluffé par la créativité du réalisateur et de son équipe sur les 3 premiers opus, qui devaient produire du grand spectacle à renforts de cascades et décors à inflation, le tout avec des budgets ridicules. De même, le virage sombre que prit peu à peu Bond entre 1987 et 2002 avec Timothy Dalton puis Pierce Brosnan est très bien mis en évidence dans les notes d’écriture et de mise en scène, qui émergent de ses Archives.

Malgré son aspect gargantuesque, The James Bond Archive se picore façon apéro, plutôt accompagné d’un Martini que d’une Heineken comme dans Skyfall ; ce serait manquer de savoir-vivre face à un tel livre Deluxe. Évitez de forcer sur l’apéro car une lecture prolongée devient vite saoûlante, tant l’engin pèse un âne mort et aura raison de vos petits bras. Ne comptez pas trop non plus sur le livret joint qui reprend tous les textes en VF (NDA : si vous n’aviez pas pigé, la maîtrise de la langue de Mister Bean est exigée pour l’ouvrage principal). Ce livret est proprement imbuvable puisqu’une fois dissociés des images du film en question, les textes (courts, de grosses légendes) deviennent assez cryptiques.
Mais n’ayons pas l’air de cracher dans la soupe, même si le budget du livre pousse à une certaine exigence.

Bilan : The James Bond Archives ne se destine pas à l’analyse de la cinématographie bondienne, ce n’est pas l’objet de l’ouvrage, mais offre un kaléidoscope des 23 tournages, avec beauté et raffinement. Shaken, not stirred.

The James Bond Archives
Dirigé par Paul Duncan
Couverture rigide, 41,1 x 30 cm, 600 pages, 150 €
Disponible

Photos : © Danjaq, LLC and United Artists Corporation. All rights reserved.

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