On a (re)lu… 20th Century Boys (T.1) de Naoki Urasawa

On a (re)lu… 20th Century Boys (T.1) de Naoki Urasawa

Note de l'auteur

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, nous allons faire un petit bond dans le temps et revenir en 2000, année de sortie de 20th Century Boys. Une véritable bombe sci-fi/thriller à tendance paranoïaque, dans laquelle, dernièrement, je me suis replongé avec délectation.

 

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas du titre éponyme du groupe Glam rock, T-Rex, bien que le morceau ait inspiré le titre de ce merveilleux manga. Publié en France, aux éditions Panini Manga, 20th Century Boys sort tout droit de la tête de Naoki Urasawa, mangaka de génie et talentueux storyteller. À ce jour, il est le papa d’une œuvre riche et passionnante avec des titres comme Yawara!, Monster, Pluto et Billy Bat. Ce n’est pas compliqué, chacun de ces titres est un hit en puissance, une plongée dans une histoire captivante et souvent vertigineuse. Bref, je vais arrêter là les éloges et me recentrer sur le sujet.

 

À l’instar de Billy Bat, autre titre de l’auteur, ce premier tome de 20th Century Boys jongle avec les dates et nous balade entre 1969 et 1997. Ce n’est d’ailleurs pas le seul point commun que les deux séries partagent, mais nous reviendrons là-dessus. Le récit s’attarde donc sur un groupe de gamins, une bande de copains d’une dizaine d’années qui, comme tous les jeunes du même âge, s’inventent un monde. Ils s’imaginent en véritables héros, retranchés dans leur cachette, prêts à combattre le mal. Ils vont même jusqu’à s’imaginer un logo, véritable emblème de leur amitié, qu’eux-seuls connaissent. Écrites sous forme de flash-back, ces séquences évoquent le meilleur des films de bandes des 80’s. On songe irrémédiablement aux Goonies ou à Stand By Me et c’est vraiment du plus bel effet.

C’est d’ailleurs la force de Urasawa. Il aime utiliser des références, qu’elles appartiennent à la culture pop ou qu’elles soient historiques. Il aime ça et nous aussi ! Sa manière d’inscrire ses récits dans notre histoire est toujours subtile et au service du scénario. Ici, le point d’encrage est l’événement peut-être le plus marquant du XXe siècle : l’alunissage. Voilà donc l’autre passerelle entre 20th Century Boys et Billy Bat. À la base de nombreux fantasmes et délires conspirationnistes, l’exploit d’Aldrin et Armstrong semble inspirer le mangaka qui en explore les facettes.

 

Pendant ce temps-là, en 1997, nos chers bambins ont bien grandi et l’un d’entre eux se marie. L’occasion pour la petite bande de se retrouver et d’évoquer le bon vieux temps. Mais dans l’ombre, une secte millénariste recrute de plus en plus d’adeptes et le passé des personnages semble resurgir alors qu’un membre du groupe se suicide de manière fort mystérieuse. En termes de dessin, Naoki Urasawa maîtrise son sujet avec un trait réaliste et son découpage permet une lisibilité totale des événements sans jamais perdre le lecteur. Bref c’est du tout bon, jetez-vous dessus, ça n’a pas pris une ride.

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