On a vu… que les guests sur Community sont toujours plutôt ratés

On a vu… que les guests sur Community sont toujours plutôt ratés

« Vous allez voir avec moi on va biens se marrer ! »

À quoi bon y aller ? Pour quoi faire ?

Certaines séries servent au mieux les comédiens qu’elles embauchent ponctuellement le temps d’un rôle (on vous parlait l’an dernier à ce sujet de The Good Wife). Mais s’il en existe une qui n’accueille pas au mieux ses invités (à quelques exceptions près), c’est bien Community.

Alors que Walton Goggins, l’un des meilleurs acteurs de ces dernières années s’apprête à venir jouer à Greendale, on a envie de lui dire à d’y réfléchir à deux fois. Petit panorama des gros ratages de la série, du moins flagrant au plus retentissant.

(Seuls ont été comptés les comédiens ayant fait au moins deux apparitions. Sinon Jason Alexander, qui apparaît 18 secondes en saison 4, aurait été dans la liste aussi…)

 

John Goodman

Dans le rôle du vice-doyen, Goodman devait asseoir le fil rouge de la saison 3. À la tête de la partie « réfrigération » de l’école, celle qui est couronnée de succès, il devait se poser en némésis du doyen Pelton. Tout était fait pour. Massif, imposant, charismatique (enfin, le charisme naturel de Goodman)…

Au lieu d’être marqué par l’interprétation de Goodman, on se demande longtemps pourquoi l’acteur a accepté ce rôle. Il y est complètement sous-employé, et ne nourrit que des regrets. Maintenant, il reste John Goodman. Et en cela, c’est déjà pas si mal.

Note : Mouerf.

 

Giancarlo Esposito

« Let’s cook some meth, shall we ? »

Esposito est un acteur très intéressant. Sa façon d’incarner les personnages coincés, propres sur eux mais déterminés, force le respect. Et impressionne. Ici, comme c’est souvent le cas dans les guests de la série, l’écriture s’appuie sur ce que l’acteur dégage (en l’occurrence en cette période, Esposito était Gus Fring sur Breaking Bad).

Dans le rôle du demi-frère de Pierce, opposant frontal qui finira par révéler son humanité et celle du personnage de Chevy Chase (un exploit en soi), Esposito n’impressionne jamais, ne marque jamais, et il faut une sacrée bonne mémoire pour se souvenir d’une seule scène avec lui. Dommage.

Note : Mouais, bon.

 

Betty White

Oui, oui. La fameuse Betty White était dans la première saison de la série, en prof d’anthropologie. Et elle tirait à l’arbalète. En soit, la simple énumération de ces faits devrait nous offrir des scènes absolument merveilleuses. Mais voilà, malgré tout, sa présence tient au mieux de l’anecdotique.

Elle disparaîtra au bout de deux épisodes, riches de scènes vaguement gratuites, et foncièrement peu drôles. On le disait au début : Betty White, anthropologie, arbalète… cette association qui tient du kamoulox est une telle facilité que les auteurs se sont peut-être reposés un peu trop dessus. Et ont oublié d’écrire quelque chose de percutant.

Note : Bof bof bof…

 

Malcolm McDowell

« Bonjour, je suis Malcolm McDowell. Vous m’avez certainement déjà vu dans… dans… ben dans Orange Mécanique. »

Ok, d’accord, ça fait bien longtemps que le McDowell a perdu de sa superbe. Depuis qu’il l’avait gagnée, d’ailleurs, si on est mauvaise langue. Il faut bien s’appeler Stanley Kubrik pour en tirer le meilleur. Et aux dernières nouvelles, Kubrik n’a réalisé aucun épisode de Community (je vais vérifier quand même).

Ici, sa prestation tient du musée Grévin : « Oh, regardez, on a un McDowell ! ». Embourbé dans un rôle mal écrit, l’acteur offre une prestation d’une transparence sans nom, à peine relevée par un huis clos qui devait en faire un personnage important. C’est un échec.

Note : berk

 

Michael K. Williams

« Vous savez que j’ai joué dans la meilleure série télé du monde de tous les temps ? »

Encore une fois, Community se repose sur les acquis du comédien. Le rôle de Williams est celui d’un repris de justice qui vient dispenser des cours à Greendale. Et il terrorise tout le monde avec des phrases issues de sa vie de captivité. Sur le papier, le concept est intéressant. Dans les faits, ça ne fonctionne jamais.

La greffe est un échec, Williams semble totalement déconnecté du truc, à côté. L’écriture ne lui offre au mieux que de l’anecdotique. Il balade une tronche de six pieds de long, et se barre aussi vite qu’il a été introduit, dans l’épisode spécial Law and Order (très bon au demeurant).

Note : shiiiit

 

Et si le problème ne tenait pas, au fond, au groupe existant. Le cast régulier de Community était composé de six inamovibles, un semi-régulier (Rash), et un occasionnel (Jeong). Soit, si on compte bien, huit comédiens à servir convenablement avant de servir les autres. En 20 minutes. Sûrement trop pour une série comique, dont le rythme se doit d’être élevé. Les guests souffrent en comparaison, mais difficile de vraiment blâmer les auteurs. S’ils servaient mieux leurs guests que leur huit acteurs principaux, on les critiquerait peut-être plus vertement.

Mais peut-être que Goggins a eu le nez creux de venir cette année. Au-dessus de lui dans la chaîne alimentaire, deux personnes sont tombées, ou en instance de départ. Chevy Chase a mordu la poussière (il était temps), et Donald Glover était trop vieux pour ces conneries (et ça c’est déprimant au possible).

Maintenant, de là à ce qu’on ait un Walton et Abed in the Morning, faut pas exagérer non plus, hein…

Partager