ON A VU… (Copper, Shameless, Go On)

ON A VU… (Copper, Shameless, Go On)

… Les trois premiers épisodes de Copper

Par Nicolas Robert

Découvrir une série produite par Tom Fontana et Barry Levinson, ça reste quelque chose de particulier. Au moment de regarder Copper, leur nouvelle série pour BBC America, je me retrouvais dans un étrange entre-deux : vous savez, quand on espère quelque chose sans trop y croire… la faute à une série de déceptions qui fait tristement regretter Homicide et Oz.

Au final, « Copper » m’a surpris. Plutôt en bien, je dirais.

L’histoire,  c’est celle de Kevin Corcoran, un flic (Copper) au cœur du New York du XIXe siècle. Dans une ville où la violence peut surgir à n’importe quel moment, il essaie de faire régner un semblant d’ordre. Pour y parvenir, il compte sur le soutien de deux ex-camarades de combat avec qui il a participé à la Guerre civile : Robert Morehouse, le fils d’une des plus influentes fortunes de la ville, et Matthew Freeman, un habile médecin noir en avance sur son temps.

Mine de rien, le simple fait de pouvoir écrire le pitch de l’histoire sans me prendre la tête pendant dix minutes, ça me fait fichtrement plaisir. Dans leurs dernières expériences télé, Fontana et Levinson étaient en effet devenus les spécialistes de la série difficile à décrire de manière alléchante.

Par bien des aspects, « Copper » a vraiment des allures de série à part pour Fontana (1).  Si l’ambiance rappelle souvent Deadwood (ce qui est loin de me déplaire), le show pourrait presque paraître trop « simple » pour une production Fontana/Levinson.

Est-ce que c’est parce que la série a été cocréée par Will Rokos (Southland) ? Peut-être. Pas sûr. Et surtout peut-être trompeur.

Après le pilote, on sent effectivement que le potentiel est là. Par à-coups, on retrouve même toute la singularité de plume du producteur barbu : le personnage de la petite Annie, la gestion de la storyline consacrée à la famille du héros (rien à voir avec celle Bohannon, de Hell on Wheels, dans son traitement), les projets de la famille Morehouse… tout ça laisse à penser que l’histoire pourrait bien monter crescendo.

On le saura bien assez tôt : la saison 1 compte dix épisodes. J’ai d’autant plus envie d’y croire que le générique est aussi très chouette.

(1) : Un peu comme Falcone – adaptation télé de Donnie Brasco en 2000, avec Jason Gedrick – pouvait l’être pour Levinson, parti en solo sur cette idée.

 

… Que Shameless me rappelle beaucoup The Riches

Par Dominique Montay

Oui, logiquement, ça devrait me rappeler Shameless UK, l’original, mais je n’ai jamais vu l’original (oui, pour un ancien du Village, ça la fout mal, mais que voulez-vous)… Du coup, voilà, quand je vois les Gallagher arnaquer, galérer et rester unis, je pense aux Malloys. Enfin, aux Riches. Enfin, vous avez compris.

Et pourtant, les deux séries sont très différentes. Si The Riches montrait une famille, qui suite à un accident de la route, et pour fuir leur entourage, prenait l’identité d’une famille aisée, Shameless raconte l’histoire d’une famille qui a du mal à joindre les deux bouts, la faute à une mère absente et à un père présent mais absolument pas digne de confiance (alcoolique, menteur, manipulateur…).

En fait, le point commun entre les deux tient surtout de la dynamique générée par la famille. Deux familles qui, de l’extérieur, devraient imploser, mais qui au final sont unies comme aucune autre. Deux familles qui sont toujours plus ou moins en train d’arnaquer quelqu’un, qui déclenchent le sourire et la connivence du télespectateur.

Les deux patriarches sont amusants à comparer. L’un est d’une influence discutable sur ses enfants (il ment, il vole), mais s’avère être un père aimant. C’est Wayne Malloy et il agit pour le bien de sa famille, même s’il le fait avec maladresse. Le principe de la série dans laquelle il évolue est simple : il vole l’identité d’une famille morte pour donner un meilleur avenir à ses enfants.

Frank Gallagher, s’il aime quand même sa famille, ne fait rien pour le montrer. Lui aussi ment (mais très mal… ceux qui le connaissent ne veulent même plus entendre ses histoires), vole (mais surtout les siens)… Frank est fondamentalement détestable, vit dans un état d’apitoiement constant, blâmant les autres pour ce qui lui arrive… Et quand Wayne Malloy rêve d’un avenir différent du sien à ses enfants, Frank Gallagher se délecte de voir des ressemblances entre lui et les siens.

Bien sûr, Shameless et The Riches, en dehors de ces élements superficiels, se ressemblent peu. Dans The Riches, il n’existe pas de Fiona, personnage qui quitte sa fonction de grande soeur pour devenir à la fois le père et la mère dont a besoin la famille. La dramaturgie n’est pas du tout la même, The Riches tenant plus d’une course au mensonge constante… mais voilà, parfois on lie des oeuvres comme ça, pour rien… et on regrette des choses.

The Riches

Entre autres, je regrette que The Riches n’ait pas continué. Aussi imparfaite était-elle, je trouvais le casting de cette série absolument remarquable, même Minnie Driver et son accent sorti de nulle part n’arrivait pas à gâcher mon plaisir. J’adorais les enfants dans cette série, comme dans Shameless, d’ailleurs (en plus, Noel Fisher, qui jouait le plus vieux des enfants Malloy, joue un rôle secondaire mais significatif de Shameless… de là à dire qu’il est la source de mon article…)

Mais voilà, The Riches ne s’inscrivait peut-être pas réellement dans la direction que voulait prendre sa chaîne, FX (des mecs virils, des histoires d’hommes… et soyons clairs, globalement de très bonnes histoires d’hommes). Ajoutez à ça la grève des scénariste (raison qui revient le plus pour en expliquer l’annulation)… et vous avez une belle déception, d’autant que la série se termine sur un cliffhanger.

Fut un temps, Eddie Izzard laissait entendre qu’il voulait reprendre la série où elle s’était arrêtée pour en faire un film de clôture. Rien de neuf depuis fin 2011 à ce sujet, alors que le casting vieillit d’année en année… tristesse.

Allez, on se reprend. Allons regarder Shameless

 

… que Matthew Perry doit (encore) ressusciter Chandler dans Go On

Par Nicolas Robert

A une époque où on adore tout catégoriser, il n’est jamais simple de se débarrasser d’une étiquette. Tom Selleck aura beau faire, jouer avec ou sans moustache, se déguiser en flic qui essaie d’oublier son alcoolisme en Nouvelle-Angleterre (Jesse Stone) ou en flic patriarche dans une série réac (bisous, Blue Bloods), il restera Thomas Magnum.

Pour Matthew Perry, c’est un peu la même chose. Le garçon est capable de jouer des personnages de séries dramatiques (Mike Kresteva dans The Good Wife) ? Les producteurs s’en fichent : ils adorent lui faire enfiler la chemise du gars pince sans rire. Celle du mec plutôt caustique et pas vraiment bien dans ses baskets. Comme s’il était prisonnier de Chandler Bing.

La preuve : le voilà qui revient ce mois-ci avec Go On, nouvelle comédie de Scott Silveri pour NBC. Perry incarne Ryan King (Ouh, ça s’est joué à une lettre, dis donc…), un journaliste sportif obligé de rejoindre un groupe de thérapie après la mort de sa femme. Paradoxe : le pilote n’est pas super drôle mais il donne tout de même envie de voir la suite.

Contrairement à Mr Sunshine, la précédente tentative de come-back de l’ex-Friend, le capital sympathie du projet ne se perd pas dans un empilement de personnages assez vain. Cette fois, la personnalité du héros est plus attrayante : Ryan King est clairement plus touchant que Ben Sullivan, le quadra en crise de Sunshine.

Le problème, par contre, c’est que Silveri s’applique énormément dans l’installation d’un univers assez vaste, avec plein de visages différents, et que cela se fait au détriment de la puissance comique. D’où un sentiment un poil mitigé.

Mais je reste tout de même confiant : on ne sait pas forcément à quoi ressemblera vraiment la série, ni quelle sera la qualité des interactions avec les autres personnages (ben oui, quelle idée d’en mettre autant…), mais « Go On » mérite de revenir en deuxième semaine. Ne serait-ce que pour avoir donné du potentiel à un héros que l’on croît connaître.

Je vous le dis tout de suite : je ne dirai pas ça pour toutes les nouvelles séries de NBC. Surtout quand elles ont un singe dans leur casting.

 

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