On a vu… David Chase (The Soprano) dans une conférence

On a vu… David Chase (The Soprano) dans une conférence

Chase_ItwCertains pensent que l’auteur est un génie. On a envie de leur répondre que le bonhomme est peut-être encore plus fascinant. Invité il y a quelques jours à une conférence sur les antihéros à la télé avec Steve Buscemi, David Chase, le créateur de The Soprano, a évoqué de multiples sujets. Et notamment son rapport complexe avec le petit écran.

Quelque part, David Chase est un formidable personnage fictif. Lui, le scénariste-réalisateur qui a marqué de son empreinte l’histoire de la fiction avec la série Les Soprano et qui, pourtant, rêve de cinéma depuis de très nombreuses années (il a d’abord pensé le drama diffusé sur HBO comme un film : il ne se prive jamais de le rappeler). On dirait un héros qui poursuivrait un but qui se refuse encore et toujours à lui. Alors que ceux qui aiment son travail se demandent quand ils le reverront vraiment à l’œuvre.

Sorte de Droopy aussi improbable que fin et génial, Chase nous manque. Il nous manque beaucoup trop. C’est ce qui ressort en regardant cette conférence qu’il a gratifiée de remarques dont il a le secret. Il faut dire que Steve Buscemi, l’acteur principal de Boardwalk Empire et ex des Soprano également invité, l’a bien servi. Ce dernier est effectivement toujours prompt à ressortir une ou deux anecdotes qui vont bien. « Il ne faut jamais dire à David : « Mon personnage ne ferait jamais ça », il vous répondrait : « Qui t’as dit que c’était ton personnage ? ».

Au fil des minutes et des questions, Chase conforte la légende qui l’entoure. En rappelant qu’au départ, il se fichait de l’audience que ferait la série « alors que HBO était quand même très inquiète ». En expliquant qu’il est l’antithèse du binje-watcher, qu’il préfère prendre son temps pour regarder une série. Et en parlant encore et toujours de ses projets pour le septième art.

Un peu plus d’un an après la sortie de Not Fade Away, son dernier film, Chase a expliqué qu’il travaillait sur l’histoire d’une femme revenue de la guerre. Une histoire « sombre et violente ». Un genre qui lui réussit assez bien, dans nos souvenirs.

À côté de ça, le toujours jovial David avoue ne pas fermer la porte à un retour à la télé. Que ce soit pour produire une série avec des saisons de 13 épisodes ou des créations à dimension anthologique, façon True Detective. « Je pourrais faire ça. Mais je crois que nous sommes encore dans un stade expérimental. Et que dès quelqu’un perdra de l’argent là-dedans, cela pourrait très vite s’arrêter ».

Tout est là. Dans ce rapport d’attraction-répulsion qui se noue entre Chase et le petit écran. Lui ne cherche pas à faire du cinéma pour la télévision. On peut même dire qu’il aime profondément, passionnément la télévision. Et que c’est parce qu’il en connaît les logiques de production, ce qui conditionne le succès, et aussi tout un tas de frustrations, qu’il a signé une des plus grandes œuvres du petit écran.

Chase est en fait aussi lucide que passionné. Aussi cynique que déterminé. Rien ne dit donc qu’on le reverra un jour au générique d’une série. Mais on peut croiser les doigts. Très fort.

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