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On a vu… qu’on peut avoir de la diversité dans une série comique sans que ce soit une blague

On a vu… qu’on peut avoir de la diversité dans une série comique sans que ce soit une blague

o-BROOKLYN-NINE-NINE-CAST-facebook… et surtout, qu’on peut-être drôle sans parler de couleur de peau, de sexualité ou de genre. Pour ceux qui ne voient pas de quelle série je parle, il s’agit bien entendu de Brooklyn Nine Nine, dont la saison 2 est actuellement en diffusion.

Attention quelques spoilers saison 2

Brooklyn Nine Nine est une série policière dont l’action a lieu  dans un commissariat de quartier à Brooklyn. Il est dirigé par le capitaine Ray Holt, qui a pour particularité d’être noir et gay, et de ne cacher aucun de ces deux faits. Mais ce n’est pas tout. Son second, Terry est aussi noir. Ses deux femmes de chocs sont d’origine latinos, Jake Peralta a au moins un parent juif… Bref, un vrai meeting-pot ! Pourtant, les origines ne sont jamais utilisées en vue de gag.

amy-et-rosa-ont-des-doutes-sur-l-enqueteEn effet, les deux femmes par exemple ne sont pas ouvertement sexuées, objectifiées. Pas de décolleté plongeant ou d’attitude provocante. Quand Jake déclare à Amy qu’il l’aime, il ne lui demande pas de l’aimer en retour. Gina a couché avec Charles, mais si elle en a honte, elle l’admet assez vite, et c’est Charles qui doit assumer le fait de l’avoir caché à son meilleur ami. Quant les clichés italiens sont de sortie, nous parlons bien entendu de mafia, et les hommes s’embrassent alors, cliché plus de la vieille Europe (nous serions plus démonstratif dans les gestes affectifs qu’eux) que de l’Italie en tant que telle. Certes, Diaz a un rôle peut-être plus convenu que Santiago, en tant que « Michelle Rodriguez » de service (qui est surtout plutôt un rôle de femme forte). Mais elle reste très humaine. Les femmes remplissent tous les critères du test de Bechdel : il y a plus de deux femmes qui portent un nom, elles parlent ensemble, elles parlent d’autre chose qu’un homme. Moment touchant, par exemple, quand Amy jalouse sa collègue à qui on a offert une place de capitaine. Diaz lui montre alors qu’entre femmes, dans un milieu tel que le milieu policier, il faut quand même se serrer les coudes. Gina, quant à elle, déteste tout le monde de façon égale.

brooklyn-nine-nine-andre-braugher-marc-evan-jackson-birthday-foxLes couples sont aussi mixtes : le compagnon de Holt est blanc, Peralta est avec une femme d’origine mexicaine (jouée par Eva Longoria)… Bon, pour être parfait, il manque peut-être un personnage asiatique.  Alors, effectivement, Brooklyn Nine Nine n’est pas forcément révolutionnaire au niveau de l’humour et ne réinvente pas le monde du sitcom. Quoique, comme à l’époque de Friends et du couple lesbien de Carole et Susan, elle se montre en avance sur son temps, en présentant un monde multi-racial, coloré et égal. C’est sa force, d’avoir su créer un microcosme où l’humour est basé soit sur les caractères, soit sur les situations, mais pas sur les origines diverses des personnages. Ils existent, ils sont américains, ils sont blancs ou de couleur.

brooklyn_nine_nineLà peut aussi être sa faiblesse. En omettant de parler des problèmes et des blagues sur le racisme, la série peut rater un côté social. Tout baser sur un passé différent et obtus, en montrant les difficultés qu’a eu Raymond Holt à devenir capitaine, en tant que noir et gay, c’est oublier qu’aujourd’hui, les mêmes préjugés peuvent se présenter. L’épisode où Holt présente ses collègues à son mari est ainsi assez révélateur des tensions passées, comme si cela n’existait plus. La question de la couleur de peau reste encore complexe, aux États-Unis comme en France, comme celle de la sexualité. Si cela fait du bien de voir une série tolérante, ouverte, il faut faire attention. À trop jouer la carte de la diversité, on omet la part qu’a l’humour dans la critique de la société actuelle.

 

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