• Home »
  • On a vu... »
  • On a vu… la morte saison des séries, le blog de Ken Levine, Cheers et Shelley Long
On a vu… la morte saison des séries, le blog de Ken Levine, Cheers et Shelley Long

On a vu… la morte saison des séries, le blog de Ken Levine, Cheers et Shelley Long

J’ai quoi en stock… Masters of Sex c’est à jour. Sleepy Hollow aussi. Back in the Game, sniff… Brooklyn Nine-Nine à jour, Parks and Recreation n’en parlons pas… Bob’s Burgers, Supernatural… bon bon bon… Ah tiens, il me reste un Marvel’s Agents of SHIELD

Mouais.

Ou alors The Crazy Ones ? Nan.

Non merci. Mais merci.

Je vais quand même pas mater Agents of SHIELD Non mais quelle idée de tout stopper pendant aussi longtemps ! Quand on suit l’actu des séries méthode élastique, on a toujours un peu de retard sur les diffs et on profite de la trêve pour rattraper. Mais quand on est à jour ? On regarde quoi ?

Quand même pas The Crazy Ones, quand même ? (note au benêt : arrêter The Crazy Ones parce que faut pas déconner).

« Allez, reviens ! J’ai changé ! »

Quoi ? Reprendre Sons of Anarchy ? Non, moi et Sutter on est fâchés depuis la saison 4. Pour l’instant je boude, même si j’ai entendu par-ci, par-là que la saison 6 était pas mal. D’ailleurs pas mal par rapport à quoi ? A la cinquième ? Ou pas mal par rapport à un truc potable ? On verra peut-être un jour mais pour l’instant, je boude.

Heureusement qu’il y a toujours d’anciennes séries à rattraper et/ou revoir. Ou des petits bijoux à côté desquels on est passés parce qu’on était en train de regarder Marvel’s Agents of SHIELD (le drame).

L’arme favorite du sériephile, en ces temps de disette, c’est bel et bien le DVD. Ou le Blu-Ray. Et quoi de mieux qu’un classique pour compenser l’absence de contenu. Oui, en ces moments difficiles, ça fera plaisir à ceux qui considèrent que la sériephilie n’est qu’un phénomène d’addiction comparable aux grands drogués, l’amateur de séries est en manque.

En même temps, si on annonçait demain aux cinéphiles que pendant près d’un mois toutes les sorties ciné étaient gelées, on commencerait à voir des fans de grand écran l’écume aux lèvres devant les portes d’un UGC ou Gaumont quelconque hurler le nom de Jean-Luc Godard (sur le ton du chant partisan, ou de la menace, les deux fonctionnent).

Du coup, re-visonnage ! Et c’est Cheers qui remporte les débats (il n’y en a pas eu, le DVD m’est littéralement tombé dans la main). C’est vraiment très bien, Cheers. La série est une des sitcoms traditionnelles les mieux écrites qui soient. Encore aujourd’hui, les gags fonctionnent à merveille.

« Where everybody knows your name… »

Ce qui frappe encore plus maintenant, c’est à quel point le duo Ted Danson / Shelley Long est formidable. Danson, en ancien sportif peu cultivé évite les clichés. Il n’est pas idiot, il est malin, et cache sa profondeur. Long, elle, réussit, petit miracle, à jouer une fille hautaine sans jamais être totalement détestable.

Il y a peu, Ken Levine, dans son hautement recommandable blog, revenait justement sur Shelley Long. A la base, une rumeur avait été lancée comme quoi Shelley avait essayé dès son arrivée de faire renvoyer Kesley Grammer de Cheers. Une rumeur lancée par qui ? Par Kelsey himself. Le même qui a prétendu ne pas avoir été nominé aux Emmys à cause d’un complot anti-Républicains.

Tahiti Bob

Dans son bouquin, donc, Grammer prétendait que Long ne pouvait pas le blairer, et donc avait voulu le faire virer. Mais les prods, qui en avaient marre des caprices de Long, nombreux, avaient décidé de garder le bon Kelsey pour faire chier Shelley. OK.

Ken Levine, alors que l’histoire est ressortie dernièrement (le bouquin date de 1996), est revenu sur l’affaire lui aussi. Oui Shelley Long était difficile. Mais non, elle n’a jamais voulu se débarrasser de Kelsey Grammer. L’argument massue de Ken Levine : si l’actrice était à ce point difficile, pourquoi garder exprès un acteur qu’elle déteste ? Pour qu’elle passe de difficile à impossible ? Un autre argument ? Shelley est apparue deux fois dans Frasier. Une fois lors d’un caméo qui ne lui a rien rapporté en terme de mise en avant (car gardé secret jusqu’à la diffusion), et une seconde fois APRÈS la publication du bouquin.

Shelley Long, parfaite en Diane Chambers

Levine en profite pour parler de l’attitude générale de l’actrice. Elle était un peu capricieuse, difficile, elle intellectualisait beaucoup… pour lui, si elle agissait ainsi, c’est parce que son rôle était difficile. Sur le papier, Diane Chambers était snob, hautaine, pas très agréable. Une recette pour se faire détester du public. Mais la prestation de Long, comme le dit Levine (et c’est flagrant à l’image), fait qu’on ne la déteste pas. Elle est drôle, et réussit à créer une connivence avec le téléspectateur sans sortir du personnage, et sans qu’on prenne les autres pour des imbéciles (1).

Shelley Long marche sur un fil dans presque toutes ses apparitions et réussit, malgré la teneur des scènes, à rester charmante.

Qu’est-ce que c’est bon, Cheers. Et c’est pas si mal, finalement, la morte saison des séries…

(1) : procédé que j’appellerai ‘Effet Kaamelott‘, avec toutes ces scènes ou un personnage intelligent – souvent Arthur – démonte son interlocuteur sur la débilité de ses propos – quasiment tous les autres personnages.

Partager