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On a vu… la première partie de Community (S.4). Four seasons and that’s all, please…!

On a vu… la première partie de Community (S.4). Four seasons and that’s all, please…!

Alors que nous en sommes à peu près en milieu de saison et que nous approchons tranquillement de la fin, que retenir de Community depuis son retour en février dernier?

C’est avec regret que je vous annonce la décès de la série, tant cette quatrième saison est mauvaise. Le remaniement de showrunner qu’a effectué NBC lui a simplement été fatal. Initialement aux commandes, Dan Harmon opérait en véritable touche-à-tout avec un talent indéniable. Community fut pendant 3 années le théâtre des expérimentations les plus casse-gueules, pour le meilleur et pour le pire. Méta, pop, ultra référencée, la série avait réussi à trouver un équilibre fragile. A chaque épisode son genre, son traitement, sa relecture. Du film de zombies au film de mafieux, du bottle episode à l’hommage à Tarantino, de l’épisode animé au faux documentaire, rien n’était trop fou pour Dan Harmon. Comme Wes Craven l’avait fait pour le slasher avec Scream, il disséquait les codes de la sitcom afin de le réutiliser, de les détourner. En constante auto-analyse la série frôlait parfois la schizophrénie sur certains épisodes ou alors s’embourbait complètement mais elle respirait la liberté. Une liberté de création et d’inventivité.

Il y a eu des hauts et des bas pendant les trois premières années du show. Parfois, à vouloir trop appuyer l’hommage, les scénaristes rataient la marche ou tombaient dans la caricature. De plus, certains automatismes ou redites (qui a dit le paintball?) semblaient résulter d’une forme de paresse scénaristique. Tout n’était pas parfait, cependant la dynamique entre les acteurs était là avec leurs dialogues parfois surréalistes mais toujours aiguisés et des seconds rôles géniaux tant qu’il ne prenaient pas trop de place. Le groupe souvent touchant et pourtant si toxique et auto suffisant possédait une âme. Voilà où je veux en venir, Dan (oui je l’appelle Dan) aimait ces personnages, aussi détestables puissent-ils être. Certes, Pierce a eu un traitement peu enviable dans la série, je vous l’accorde. Malgré tout, au-delà des archétypes qu’incarnent les personnages, l’auteur leur insufflait un supplément d’âme qui a disparu aujourd’hui.

Depuis le début de cette quatrième saison, l’essence de la série n’est plus là. Je ne m’attarderai pas sur les discordes au sein du cast même si la dynamique semble en être affectée. Moi, ce qui me dérange beaucoup, c’est que les nouveaux showrunners David Guarascio et Moses Port ont transformé Community en une mauvaise copie d’elle-même. Ils ont les clés du laboratoire, ils ont les éléments mais il leurs manque la formule. Tout est beaucoup moins percutant, moins relevé. Les personnages sont passés d’archétypes à stéréotypes et sont réduits à forcer des traits de caractère ou des aspects comportementaux déjà bien établis. Et quand on y repense, on se dit que les 2 auteurs nous avaient prévenu dès le season premiere. Dans cet épisode, Abed se réfugiait dans l’idée réconfortante que ce qu’il vivait n’était en faite qu’une sitcom avec des rires pré-enregistrés. Voulant perpétuer l’aspect méta de la série, Guarascio et Port nous donnaient un avant-goût de la saison à venir. Fade, sans saveur, faîte avec des restes de la veille, leur recette ressemble à quelque chose qu’on a déjà mangé mais qui était plus authentique et avait meilleur goût.

«Six seasons and a movie!» nous prédisait Abed. Dans ces conditions, ça ne sera vraiment pas nécessaire.

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