On a vu… l’avenir ?

On a vu… l’avenir ?

Ce samedi soir sur France 4, nous petits français avons eu un aperçu du futur de la télévision. Peut-être. Enfin, on espère. A 20h50, en simultané, plusieurs pays ont diffusé l’épisode spécial des 50 ans de Doctor Who « The Day of The Doctor ». Et même si les résultats d’audience n’étaient pas faramineux, l’expérience marque les esprits.

La nostalgie n’a pas de place dans la télévision moderne. La façon dont on consomme les séries est liée aux technologies modernes. Aujourd’hui, tout le monde peut tout voir. Le plus facilement du monde, illégalement. Au prix d’un mal de tête carabiné (et d’une somme d’argent variable), légalement. Gigantesque problème, à ce jour. Le tout en même temps que les pays créateurs. Une démarche qui est, en partie, due à l’existence des réseaux sociaux. Le sériephile moderne a été élevé à la VOST, maîtrise l’anglais, est sur twitter et constate en temps réél l’évolution de sa série.

Ce qui créé un immense problème : quand le créateur de la série parle du développement d’un épisode, il le fait sur un épisode diffusé dans son pays. Pas dans les autres. Alors oui, on peut ne pas suivre les potentiels spoilers du web, mais ces derniers sont repris, retweetés, cités… quasi-impossible de passer au travers. C’est bien beau de regretter l’obsolescence de la chronologie des médias, mais ça revient un peu à regretter les trains à vapeur.

On ne peut plus revenir en arrière, même si certains distributeurs / diffuseurs aimeraient le croire. Interdire Twitter et Facebook en France pour rétablir la chronologie des médias ? Continuer à laisser ainsi des œuvres complètement invisibles, ou bien calées sur une étagère ? En 2011, au cœur de l’été, une bande-annonce sortait sur TF1 « dès septembre, retrouvez la saison 2 inédite de Dexter« . Ma première réaction fut de rire à gorge déployée. Taxer d’inédite une série diffusée 4 ans auparavant aux USA, et 2 ans sur Canal+ semblait totalement incongru (1).

Le sériephile veut tout en même temps que tout le monde. Le cinéphile est bien traité ainsi, non ? Imaginez le tollé si les films sortaient en France 1 an après les Etats-Unis. Évidemment, les contraintes ne sont pas les mêmes. Un film est prêt à doubler/sous titrer bien avant sa sortie. Les épisodes sont parfois bouclés quelques jours seulement avant la diffusion US.

Il existe des démarches comme celles d’OCS et Canal+ Séries, qui vont dans le bon sens. On espère maintenant que l’évènement « Day of The Doctor » va faire réfléchir (mondialement) les puissants. Que si les contenus sont diffusés mondialement (comme au cinéma) dans de bonnes conditions, le téléchargement illégal n’a plus aucune raison d’être.

Alors bien sûr il y aura toujours des gens pour aller télécharger illégalement des séries. On le voit bien sur Hero Corp, pourtant diffusée sur une chaîne accessible à tout le monde, à une heure de grande écoute et disponible en VOD. Certains avancent que la VOD n’arrive pas assez vite sur Pluzz pour justifier les téléchargements illégaux…

Ceux-là, on ne peut plus grand-chose pour eux. Mais plutôt que d’inciter les gens à prendre des raccourcis en servant une saison de série 4 ans après sa diffusion américaine, ne serait-il pas plus simple de globaliser les diffusions une bonne fois pour toutes ? Et de se servir de l’évènement « Day of The Doctor » (2)

(1) : Dans les textes, elle était bien sûr inédite, mais dans le cadre d’une première diffusion en clair. Toujours est-il que c’était bien drôle.

(2) : Dans le passé, il y eut d’autre cas d’épisodes diffusés simultanément en France et aux USA. On pense à l’épisode Live de ER, ou au final de Seinfeld, et ce même si la 9e saison n’avait pas encore été diffusée par la chaîne Canal Jimmy. Au jeu des diffusions US décalées, le même Canal Jimmy avait diffusé des épisodes de Dream On avant HBO, et Canal+ avait fait de même avec la saison 5 de The Shield. Des cas isolés, cependant.

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