On a vu… le pilote de Murder in the First (TNT)

On a vu… le pilote de Murder in the First (TNT)

Note de l'auteur

Murder_in_the_First_1Pour toute une génération de téléspectateurs, impossible de passer à côté d’une nouvelle série produite par Steven Bochco (Hill Street Blues, LA Law, NYPD Blue, Murder One, Over There…). Son retour, sur la chaîne de Major Crimes, était donc attendu. Murder in the First, série co-créée par Eric Lodal, s’inscrit en effet dans la logique du roman noir à épisodes. Problème : le premier chapitre s’avère franchement brouillon.

L’histoire de Murder in the First, c’est d’abord celle d’une enquête, conduite par les inspecteurs Terry English (Taye Diggs) et Hildy Mulligan (Kathleen Robertson). Les deux inspecteurs du San Francisco Police Department tentent de découvrir qui a tué un junkie d’une balle dans la tête.

Ce qui pourrait être un crime comme un autre prend une autre dimension lorsque l’on découvre que la victime était le père biologique d’Eric Blunt (Tom Felton), petit génie de la Silicon Valley aussi riche qu’imbu de sa personne. Si un premier suspect est rapidement interpellé, la découverte d’un second cadavre, celui de l’hôtesse de l’avion privé de Blunt, complique encore un peu plus les choses.

L’avantage, quand on regarde Murder in the First, c’est que l’on comprend assez bien ce qui fait le succès de ce genre d’histoires. Dans une série qui place son récit au carrefour entre le polar et la série judiciaire, il faut des rebondissements, du suspense, des vérités qui n’en sont pas. Et il faut des personnages complexes. Troublants, fascinants.

C’est précisément tout ce qui manque à ce premier épisode.

Du point de vue de l’intrigue, Murder in the First fait dans le classique. Dans le classique efficace. Du point de vue de personnages, le bilan est nettement plus contrasté : si English et Mulligan composent chacun avec leurs difficultés (la femme de l’un est mourante, l’autre, divorcée, gère l’éducation de sa fille), ces caractéristiques sont exploitées de façon très démonstrative, pour ne pas dire poussive.

Kathleen Robertson et Taye Diggs, les deux héros de Murder in the First. Photo TNT

Kathleen Robertson et Taye Diggs, les deux héros de Murder in the First. Photo TNT

On a un peu du mal à partager le drame d’English dont la profondeur est exprimée de façon assez lacrymale. Pour un agent de change pourquoi pas… pour un flic de la brigade criminelle, confronté chaque jour à la mort, c’est un peu basique. Facile, même.

Le problème majeur de ce premier épisode est cependant ailleurs. Et il a un nom : Eric Blunt. Dans ce premier épisode, celui qui s’impose comme l’antagoniste numéro 1 manque cruellement de relief. Lodal et Bochco veulent en faire une tête à claques ? Pourquoi pas. Mais à ce petit jeu, Nashville, Callie Khouri et Dee Johnson ont fait beaucoup mieux et beaucoup plus vite avec le personnage de Juliette Barnes. Là, on a un type mû par de grosses ficelles et dont l’intérêt s’avère plus que limité.

Est-ce à dire que la série est à éviter ? J’aurais tendance à attendre un peu avant de rendre ce jugement. Des séries qui loupent leur premier épisode, c’est devenu tristement banal. Quand bien même Bochco reconnaît lui-même que son implication dans ce projet n’est pas le même que dans d’autres séries qu’il a cocréé. Et quand bien même Eric Lodal est visiblement plus connu pour son passé de… chanteur d’opéra que de scénariste.

Suis-je pour autant particulièrement confiant ? Pas vraiment.

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