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On a vu… le retour en force des Pfefferman (Transparent 2.01 / OCS City)

On a vu… le retour en force des Pfefferman (Transparent 2.01 / OCS City)

Note de l'auteur
Révélations mineures sur le début de saison 2

Après une première saison très réussie, Transparent est apparue comme un étendard idéal pour la cause transgenre – ce qu’elle assume plus que jamais – mais aussi pour Amazon, lui offrant au passage de nombreuses récompenses (y compris 5 Emmys). Pourtant, elle est bien plus que cela, notamment grâce à son amplitude rare entre le trivial et le radical. Confirmation avec l’introduction très festive de cette saison 2.

Une famille mouvementée

L’épisode s’ouvre sur un long plan statique d’ensemble assez fabuleux. Toute la famille est réunie pour une photo de mariage. Une prise unique qui va suffire pour nous rappeler toutes les dynamiques conflictuelles d’une famille haute en couleur (même si les Pfefferman sont tout de blanc vêtus pour l’occasion).
Comme souvent dans Transparent, un petit détail sert de déclencheur. Ici, un photographe un tantinet balourd qui s’adresse à Maura en l’apostrophant d’un “Sir” et les tensions entre et autour des membres de la famille repartent de plus belle.
Il y quelque chose de très latin chez les Pfefferman. La tribu – toujours en expansion – embrasse ses origines juives (il en sera question durant cette saison) et n’hésite pas à s’affronter en permanence. Mais, au fond, ces disputes ne soulignent rien d’autre qu’un profond attachement, une définition la plus large possible de l’amour, entre frères et sœurs, entre parents et enfants.
A ce titre, ce retour annonce un changement significatif de statut pour Maura. Jadis seule personnage irréprochable, elle est désormais à même de petites bassesses et autres subtiles mesquineries, à l’instar des exploits de ces trois enfants qui rivalisaient, l’an passé, sur un registre égoïste décomplexé.

Mais une famille renforcée

Loin de s’endormir sur les multiples lauriers qu’elle aura reçus durant un peu plus d’un an, Jill Soloway (Six Feet Under, US of Tara) – créatrice, scénariste, productrice, réalisatrice et même actrice figurante de sa série – a revu ses ambitions à la hausse pour cette saison 2. Elle souhaitait notamment élargir ses équipes pour inclure une authentique voix trans, et ce à tous les échelons. C’est ainsi que le réalisateur Silas Howard s’est vu proposer la mise en scène d’un épisode (s02e05). Et, surtout, le recrutement d’Our Lady J, pianiste de formation, pour renforcer la writer’s room de la série.
Le cas Our Lady J est justement un bel exemple de la méthode Soloway. Comme cette dernière ne trouvait pas de scénaristes trans, elle s’est chargée d’en former une au travers d’une sélection parmi un échantillon de candidates. Le processus a été lancé il y a un an et cette saison 2 bénéficie non plus d’une simple relecture par des personnalités transgenres, mais bien d’une écriture façonnée par un point de vue trans.
On devine que le travail d’Our Lady J n’a pas profondément bouleversé le personnage de Maura. Mais il a sans doute permis de prendre du recul. Les scénaristes, ainsi renforcés, semblent avoir pleinement pris possession du destin de Maura, en commençant par la faire descendre de son piédestal.

Amy Landecker (Sarah / à gauche) & Gaby Hoffmann (Ali / à droite)

Amy Landecker (Sarah / à gauche) & Gaby Hoffmann (Ali / à droite)

Bref, une famille dans l’histoire

L’une des plus belles réussites de la saison 1 consistait en ces multiples scènes de flash-backs (1989, 1992, 1994). Elles permettaient de mettre en perspective le parcours d’un homme alors qu’il embrasse et assume progressivement, les années passant, intérieurement puis extérieurement, sa véritable conscience féminine. A travers son parcours, on prenait également conscience d’une approche historique de la sexualité.
Ce premier épisode de saison 2 introduit à nouveau un retour en arrière. L’espace d’une scène, nous sommes propulsés à Berlin en 1933 pour une fête, là aussi, mais nettement plus frivole. La séquence ne nous en dira pas plus mais deux déductions s’imposent.
La première – la plus évidente – nous conduit à penser qu’il va être question des origines européennes des Pfefferman. La deuxième est un peu plus délicate à débusquer à ce stade. On remarque en effet le retour de l’excellent Bradley Whitford dans cette scène. Ce dernier interprétait l’ami de Maura, Mark, qui l’accompagnait au camp Camellia où avait lieu une réunion pour travesties (1.08).
En consultant IMDb, on s’aperçoit que Whitford endosse le rôle d’un certain Magnus Hirschfield. Cet authentique médecin allemand était un des précurseurs de la recherche sur la sexualité humaine ainsi qu’un grand défenseur de la cause homosexuelle. Voilà qui devrait nous projeter vers une inévitable comparaison avec Masters of Sex, mais nous ferons surtout confiance à Jill Soloway pour placer à nouveau ces pastilles temporelles dans une mise en perspective du combat pour la cause transgenre.

Le retour de Transparent vient achever une fin d’année 2015 qui aura été riche en saisons 2 brillantes. Dans la foulée de Fargo, The Leftovers, You’re the Worst, How to Get Away with Murder ou bien encore The Knick, Transparent s’annonce à nouveau comme un étendard incontournable.

TRANSPARENT SAISON 2, EPISODE 1 “Kina Hora” (Amazon)
Saison 2 diffusée sur OCS City le lundi soir (2 épisodes) à partir du 14 décembre
Créée par : Jill Soloway
Episode écrit et réalisé par : Jill Soloway
Chef opérateur : Jim Frohna
Avec : Jeffrey Tambor, Amy Landecker, Jay Duplass, Gaby Hoffmann, Judith Light, Melora Hardin, Alexandra Billings, Rob Huebel, Carrie Brownstein, Kathryn Hahn et Bradley Whitford.
Musique originale : Dustin O’Halloran
Supervision musicale : Bruce Gilbert

Crédits Photo : Jennifer Clasen © 2015 Sony Pictures Television Inc. All Rights Reserved.

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